‹ Des Complications Pulmonaires de la Hernie Étranglée et de Leur PathogénieChapitre 15 sur 22 · CRETE · texte numérisé non relu

CRETE

10 = en contiennent un grand nombre. Les vaisseaux sectionnés sont pleins de globules rouges.

Comme on peut le voir par cet examen, nous retrouvons ici encore les lésions si souvent rencontrées de la splénopneumonie.

Expérience F.

Lapin. — Hernie abdominale élranglée. — Mort 24 heures après. — Splénopneumonie

L'opération fut conduite selon le manuel opératoire habituel, mais avec un excès de précautions à cause de la sensibilité particulière du péritoine chez cette espèce d’animaux.

Le sujet paraît inquiet vers la fin de la journée, le lendemain 7 avril, il y a de la prostration; l’agonie commence à deux heures; mort vers les quatre heures de l’après-midi.

Autopsie. — Péritoine sain ; fine injection vasculaire; rien au foie ni aux reins.

Le poumon gauche présente en certains points des noyaux d’un rouge violacé ou brunâtre, durs, résistants à la pression; la section présente à ce niveau une surface légèrement grenue.

L’examen histologique donne une coupe remplie de-globules blancs ; quelques globules rouges et une grande quantité de cellules épithéliales.

Nous avons là encore nn véritable type microscopique de broncho-pneumonie à la période de splénisation.

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Expérience G.

Chien adulte. — Hernie étranglée. — Mort 39 heures après l'opération. — Mêmes lésions.

Le 8 avril, nous opérons un chien adulte, pendant le sommeil chloroformique; nous pratiquons, d’après les mêmes règles, une hernie étranglée à gauche de la ligne blanche.

Le 9, vomissements abondants; l’animal refuse toute nourriture et meurt le 10 à 7 heures du matin.

Autopsie. — Rien du côté de l’abdomen; l’ouverture de la cage thoracique nous donne: le poumon droit complètement sain; le gauche: sommet sain, base et centre fortement congestionnés; des parties sont splénisées ; la coupe laisse suinter du sang noir en grande abondance.

Examen micrographique. — Beaucoup de leucocytes; des globules rouges en moins grand nombre; ces deux espèces de corpuscules entourent les vaisseaux, les bronches et sont disséminés dans les espaces périlobulaires ; en outre, on aperçoit un grand nombre de cellules épithéliales dont en général les noyaux sont doubles.

Jci encore done une spléno-pneumonie de même côté que l’étranglement.

Expérience H.

Chien adulte — Étranglement herniaire. — Mort 46 heures après. — Splénopneumonie.

Cet animal subit la même opération que les précédents, seulement du côté droit cette fois, le 13 avril.

Re be 14, prostration extrême, soif intense, la moindre nourri-

ture est et te Le 15, mort à huit heures du matin.

Awtopsie. — Commencement de péritonite peu intense, les reins, le foie et le cerveau sont complètement sains. Du côté des poumons : le gauche est sain, crépite bien, quoiqu’ un peu de sang s’écoule à la coupe ; le droit a son lobe … . inférieur” augmenté de volume, la section granuleuse laisse re écouler beaucoup de sang noir.

Examen micrographique. — L'intérieur des alvéoles est rempli de cellules provenant de la desquamation épithéliale. De nombreux leucocytes sont dispersés dans l'intérieur ou ‘dans l’espace périlobulaire.

Dans une partie des préparations, les globules blancs sont

réunis en nombre considérable. : d LENS : 3 Expérience I. ir La ; 20 > - ES = A Étranglement herniaire gauche. — Mort. — Broncho-pneumonie conséculive. 53 É < T ? . | | . 4 : . . Se L'animal opéré le 13 avril est un chien jeune, non encore > adulte; l’opération est faite dans les mêmes conditions, et = quatre jours.après, nous trouvons à l’autopsie une spléno- : à pneumonie, ayant les mêmes caractères macroscopiques et + D à microscopiques que les précédents. ÉS.

… Expérience J.

Chat.— Étranglement herniaire droit. — Spléno-pneumonie droite. L'animal opéré le 20 avril, meurt le 25 après avoir eu des E vomissements intenses. :

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Autopsie. — Péritonite généralisée. Reins et foie complètement sains, ainsi que le poumon gauche. Le droit ne présente pas de globules sanguins, mais une desquamation épithéliale des plus intenses, c’est encore la même lésion

que dans les cas précédents.

Tels sont les résultats que nous a donnés l’expérimentation ; nous aurions pu multiplier davantage les observations, mais le nombre que nous présentons, et la constance des lésions nous paraissent suffisants pour démontrer la constance des complications pulmonaires chez les herniaires.

Il est vrai que, dans une de nos observations, il n’y avait rien au poumon, mais l’animal était guéri de l’étranglement produit depuis huit jours déjà, et dans ces conditions, il devait être certainement guéri du côté du thorax comme du côté de l’abdomen.

Si nous jetons un coup-d’œil sur les résultats de nos expériences, nous pouvons, abstraction faite de certains phénomènes accessoires qui se rencontrent chez les uns sans se rencontrer chez d’autres, tenir pour constants les faits suivants : À

1° Il se déclare après tout étranglement herniaire, une lésion broncho-pulmonaire consécutive à la constriction intestinale.

2° Cette lésion est toujours du même côté que la hernie; à droite, quand celle-ci est du côté droit, à gauche, quand elle est du côté gauche.

3° Elle débute immédiatement après l’étranglement (nous l’avons en effet trouvée constamment, même sur des animaux morts quelques heures après l’étranglement).

4 Elle présente toujours les mêmes caractères microscopiques et macroscopiques. [l existe des différences dans la coloration plus ou moins foncée, dans la densité, dans la

— résistance à la pression du doigt; mais, à part ces nuances, toujours même type de lésions macroscopiques. Plus de leucocytes chez les uns, plus de globules rouges chez d’autres; des cellules épithéliales plus ou moins nombreuses, plus ou moins vieilles, mais constamment ces éléments se sont trouvés dans nos coupes.

Nous pouvons donc conclure que dans tout étranglement herniaire, il se produit une poussée congestive du côté du poumon, affectant plus volontiers la forme de la spléno-pneumonie.

Une objection qu’on pourrait nous faire relativement à la première partie de notre travail, c’est que nous n’avons jamais trouvé de pneumonies fibrineuses, et que nous en avons rapporté des exemples cliniques. Nous rappellerons les réserves que nous avons faites quand nous avons exposé ces observations; en second lieu, nous pourrons répondre que de nombreuses expériences ont été tentées pour produire la pneumonie chez les animaux, et de quelque manière qu’on s’y soit pris, par refroidissement, par section nerveuse, les expérimentateurs n’ont jamais obtenu la pneumonie fibrineuse avec présence des micrococcus de Friedlander. La pneumonie ne peut donc être produite expérimentalement; rien d'étonnant dès lors, que nous ne l’ayons jamais trouvée.

Nous avons donc terminé cette partie de notre ouvrage; nous croyons avoir assez prouvé expérimentalement quel retentissement l’étranglement herniaire a sur le poumon; il nous reste à chercher la cause de ce retentissement.

La plupart des auteurs qui se sont occupés de cette question ont incriminé le grand sympathique; c’est là l’opinion émise et soutenue par la plupart des chirurgiens, notamment dans la séance de la Société de chirurgie de Paris, dont nous avons déjà parlé, séance qui se termina par cette interrogation de M. Verneuil sur le rôle du sympathique dont

re l'intervention paraît acceptée par la docte compagnie: «Comment agit-il ?»

Certes, quand on considère les innombrables rameaux qui convergent de toutes les parties de l’abdomen pour se rendre au plexus d’Anerbach et au plexus solaire d’une part, aux ganglions sacrés de l’autre, pour aller grossir le sympathique abdominal dans le second cas, former les splanchniques dans le premier, rien n’est plus naturel que de penser au sympathique, comme provoquant les phénomènes thoraciques, par l’excitation que lui causent les lésions abdominales. Il semble que c’est lui qu’il faut accuser de provoquer la congestion pulmonaire par les phénomènes de vaso-dilatation qu’il détermine.

Mais, pour conclure, il fallait que l’expérience vint appuyer - la théorie; nous avons alors voulu exciter le sympathique, provoquer les phénomènes de vaso-dilatation afin de voir si les résultats seraient concluants.

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remiers résultats bone nous donner raison, ; n'était qu’ en apparence; les voici:

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| Chien A vigouroux: section du sympathique.— Enorme épanchement de sang

dans les ONE TA Et TE -

bre 97 avril, l'animal étant plongé dans le sommeil anesque nous pratiquons l'opération suivante : incision de la peau et de la masse sacro-lombaire, en nous tenant aussi près que possible de la ligne des apophyses épineuses, entre ' … la6°et la 10° côte, résection sous-périostée de la 8° et 9° côte, A désartieulation de la tête de ces os, section des arcs costaux; la plèvre e n'étant pas perforée, nous allons à la recherche du a ; ee sympathique attiré sur un aiguille de Deschamp, puis sectionné au-dessus de la réunion des splanchniques: sutures profondes et superficielles. On le voit, c’est le procédé de MM. Dastre et Morat que nous avons employé.

L'animal mourut 30 heures après l'opération.

| Autopsie. — La plèvre n" est pas perforée, mais elle est pleine | de ts les PU en sont gorgés, le NES est

A l'examen doses nous nous trouvons en présence d’une véritable trame de globules sanguins.

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