‹ Des Complications Pulmonaires de la Hernie Étranglée et de Leur PathogénieChapitre 7 sur 22 · GEL · texte numérisé non relu

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»3° Il peut provoquer la congestion pulmonaire.»

Le seul reproche que nous ferons à l’auteur, c’est de penser que, dans les cas de congestion pulmonaire conséeutive à l’étranglement, l’organisme avait déjà une tache morbide, le système nerveux et le parenchyme pulmonaire avaient subi depuis longtemps des modifications.

Dans ce travail, nous trouvons rappelées les expériences de Demarquez (1) et de Carville (2), dans lesquelles ces savants ont observé la congestion pulmonaire après avoir étranglé une anse intestinale.

En 1873 aussi, nous trouvons une publication de Saure sur une hernie crurale étranglée, kélotomie; mort le vingtième jour par emphysème et congestion pulmonaire (3).

Dans la séance de la Société de chirurgie du 25 juillet 1877 (4), M. Auger fait un rapport sur un travail de M. Berger, relatif au sujet qui nous occupe. Dans ce mémoire, M. Berger rapporte une observation très intéressante pour nous. Déjà ce chirurgien avait fait une première communication sur ce sujet, dans la séance du 7 février 1873 de la Société anatomique.

Il adressait l’année suivante une note à la Société de chirurgie, sur des étranglements graves marqués par des phénomènes nerveux, suivis dans certains cas de l’apparition de complications thoraciques (5). S'appuyant sur les expériences de M. Carville et sur des observations personnelles, dans lesquelles après avoir lié l'intestin d'animaux différents, il avait observé non seulement des congestions, mais encore des infractus et des foyers hémorrhagiques, il s'inscrit en

) Communication à l'Académie des Sciences, 1870.

) Société anatomique, Bullelins, 5° série, vol. VII, p. 18. ) Bulletins, Sociélé anatomique de Paris 1873, p. 788.

) Bulletins et Mémoires de la Société de chirurgie, 1877. ) Bulletins et Mémoires de la Sociélé de chirurgie, 1876.

; d'il

PURES faux contre les résultats communiqués à la Société de biologie par le D' Terillon, qui affirmait n'avoir rien trouvé de semblable.

Dans ses conclusions sur ce travail, M. Auger faisait remarquer que dans lés cas rapportés jusqu'alors, c’est quelques jours après l'opération que les phénomènes fonctionnels et l’état général avaient attiré l’attention sur la complication pulmonaire. Il terminait en admettant que la congestion à une marche insidieuse, et qu’elle existe probablement plusieurs jours à l’état latent avant d’éclater. C’est ce que nous essaierons de faire ressortir dans la partie clinique de notre thèse, en même temps que ce fait que la congestion pulmonaire se développe parallèlement à l’étranglement et sans que la kélotomie soit nécessaire à cela.

En septembre 1877, deux nouvelles observations de M. Verneuil, où cet illustre chirurgien mis en garde par les faits acquis, put combattre à temps les phénomènes thoraciques (1).

Une relation détaillée de lésions pulmonaires consécutives à l’étranglement est publiée par M. Desnos en 1878 (2).

En 1880, dans sa thèse d’agrégation sur les différentes formes de broncho-pneumonie, M. Joffroy dit: «Nous mentionnerons la broncho-pneumonie comme survenant souvent à la suite d'opérations chirurgicales portant sur l'intestin, en particulier après l’entérotomie dans la hernie étranglée. M. Verneuil qui a attiré l'attention des chirurgiens sur cette complication, croit qu’elle est due à un acte réflexe dont le point de départ serait Pirritation intestinale (3).»

En 1881, M. Verneuil porte encore la question devant la

(4) Journal de médecine et de chirurgie pratiques, p. 398, sept. 1877.

(2) Desnos, Note sur un cas d’étranglement herniaire ayant entrainé rapidement la mort par apoplexie pulmonaire. Revue de chirurgie 1878, p, 7173.

(3) Joffroy, Des différentes formes de la broncho-pneumonie.

SANS Société de chirurgie de Paris, il cite de nouveaux cas, et tous les membres de l’illustre compagnie, à l'exception toutefois de M. Desprez qui ne veut admettre en pareille occurrence la mort que par péritonite septique, sont d'accord pour admettre les lésions pulmonaires consécutives à l’étranglement (1).

La même année parut le travail le plus considérable sur cette matière, lathèse du docteur Mullois (2). Ici le sujet est traité avec plus de développements que dans les travaux antérieurs ; nous trouvons un essai d'historique sur la question: l’algidité et sa pathogénie sont consciencieusement étudiées, les faits cliniques abondent. Certes, sur les 18 observations qui y sont contenues, beaucoup ont déjà été publiées, mais il faut savoir gré à l’auteur de les avoir réunies, en y ajoutant celles qu’il avait recueillies lui-même.

Depuis cette époque, les faits cliniques se sont accumulés et la lésion broncho-pulmonaire, consécutive à la hernie étranglée, est devenue en quelque sorte classique. Si nous avons abordé ce sujet, ce n’est point à cause de sa nouveauté, mais parce que les différents auteurs n’ont pas assez insisté sur les formes de l'affection, ni surtout sur son caractère de fréquence, qui nous fera porter plus tard ce jugement peutêtre hardi à vos yeux. Toutes les fois qu’il se produit un étranglement herniaire, il se produit en même temps une poussée congestive du côté du poumon ; cette lésion est plus

ou moins intense selon l’état de l’intestin d'une part, et l’état

primordial du poumon de l’autre.»

(1) Bulletins et Mémoires de la Société de chirurgie, 1881. (2?) Mullois, loc. cit.

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