I. — Broncho-pneumonie à noyaux disséminés
Dans cette forme, moins fréquente que la précédente, ni la bronchite ni la splénisation n’occupent la première place; elle consiste en noyaux d’hépatisation disséminés sur la surface pulmonaire, donnant lieu à ces taches d’un rouge plus ou moins foncé qui se trouvent à la surface du poumon.
II, — Broncho-pneumonie à noyaux confuents. :
Un noyau de broncho-pneumonie envahit un lobe entier, presque tout un poumon, constituant une affection ayant les plus grands rapports avec la pneumonie.
Macroscopiquement, il faut une grande attention pour différencier les deux affections. Dans la broncho-pneumonie les deux poumons sont pris; l’un est hépatisé, l’autre offre les noyaux disséminés de la deuxième forme. À la coupe du premier poumon, on retrouve l’aspect tigré de la bronchopneumonie. En tout cas, le diagnostic est souvent difficile à faire, et parfois on est exposé à confondre ces deux lésions.
Du reste, voici comment s'exprime à ce sujet M. Joffroy: «Le doute est permis, puisque la ressemblance non seulement des symptômes, mais encore des lésions observées à l’œil nu peut être telle, qu'un examen histologique seul soit capable de prouver qu’il s’agit d’une broncho-pneumonie». On voit - que nous sommesloin du mot de Barthez, disant que «la pneu-
NDS monie lobaire et la pneumonie lobulaire n’ont rien de commun.»
Nous avons tenu à insister un peu sur cette difficulté du diagnostic même à l’autopsie, parce que dans quelques-unes de nos observations, nous serons forcés d'élever un certain doute sur la nature de l'affection que nous aurons trouvée après la mort.
Nous ne dirons rien des autres formes de broncho-pneumonie, nous n'avons pas eu occasion de les observer, ni expérimentalement, ni cliniquement, elle ne ferait donc que prolonger outre mesure cet exposé qui nous paraissait nécessaire.
De la pneumonie secondaire.
Toutes les affections qui ont un retentissement sur le poumon, la rougeole, la fièvre typhoïde, la diphtérie, la peste, le typhus, le choléra, etc., produisent toujours quelqu’une des lésions si variées que l’on observe dans la bronchopneumonie, presque jamais la pneumonie franche. Nous n’ignorons pas qu’un courant, sous l'impulsion de l’école allemande, lutte en faveur de la pneumonie secondaire; l'opinion faisant de la pneumonie une affection infectieuse, tend à s’accréditer chez nous, battant en brèche la vieille doctrine de la fièvre pneumonique de Huxham et Hoffmann (1). Mais à la suite d’excitation, de section nerveuse, dans la plupart des affections pulmonaires consécutives à une maladie préexistante, la forme microscopique de la lésion, l’absence des micrococcus de Friedlander, la marche de la maladie, font éliminer la pneumonie secondaire et admettre dans les cas d’aftections la simulant, la broncho-pneumonie à noyaux
-confluents.
(1) À consulter là dessus le traveil de M. Broca. Revue de médecine, 1885.
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D ju Nous avons tenu à formuler ces réserves, car, dans les deux observations de pneumonie que nous citerons plus tard, nous émettrons un doute sur la nature de la maladie pulmonaire, et nous en ferons autant pour celles que nous trouverons citées.
QUELQUES OBSERVATIONS CLINIQUES DE BRONCHO-PNEUMONIE ET DE PNEUMONIE SECONDAIRES CONSÉCUTIVES A DES ÉTRANGLEMENTS HERNIAIRES.
Il nous aurait été facile, ainsi que l’on fait MM. Mullois et Ledoux, de rappeler toutesles observations pulmonaires qui ont été relatées dans les ouvrages qui ont précédé le nôtre; nous préférons renvoyer nos lecteurs à.ces travaux. Nous nous bornerons à rapporter les suivantes qui nous sont à peu près toutes personnelles, et dont quelques-unes présentent un véritable intérêt. |
La première est fort curieuse: c’est cliniquement un cas parfait de spléno-pneumonie.
Hernie étranglée au deuxième jour, réduction par le taxis sans chloroforme. — Broncho-pneumonie consécutive.
Le 5 avril 1886, entre à l’Hôtel-Dieu de Marseille, au N° 21 de la salle Sainte-Catherine, service de M. le Professeur Combalat, la nommée Carlevan Thérèse, âgée de86 ans; cette femme se présente à nous avec une hernie crurale droite ancienne, ordinairement maintenue par un bandage.
Le 3 avril, le bandage étant mal appliqué, l'intestin fit une hernie qui devint bientôt irréductible et dans le courant de la journée, les accidents suivants se développèrent.