D EE
les organes voisins, et dès lors la veine porte, très mobile, peut très bien être refoulée et comprimée contre la colonne vertébrale, qui juste à ce niveau pénètre plus avant dans la cavité abdominale par sa courbure lombaire. Cependant cette compression complète suivie de l’arrêt total de la circulation de ce vaisseau doit être assez rare. M. le professeur Villard, dans les recherches qu’il à entreprises, à vu qu'il était très difficile de réaliser cliniquement avec des tampons une compression suffisante pour altérer la veine. Mais ce qui doit se produire le plus souvent C’est une coudure ou un déplacement latéral du vaisseau, diminuant sa lumière et pouvant amener un arrêt partiel et même total de la circulation.
Le sang progresse, en effet, très péniblement dans la veine porte et le moindre obstacle suffit pour arrêter le courant sanguin. La circulation se fait dans des conditions paraissant très défavorables, soit par l'absence de muscles directement compresseurs, soit par l’interposition du réseau capillaire terminal. Il esl vrai que normalement il existe plusieurs causes de progression dont le rôle est important, à savoir : la vis à tergo des arteres intestinales, la contraction de la puissante tunique musculaire des veines, l'appel thoracique qui agit énergiquement sur les veines sushépatiques, et la pression que les organes exercent sur les veines voisines dans là tension inspiratrice Lu coïncide avec l'aspiration thoracique.
Mais lorsqu'on fait unelaparatomie et que l’onintervient dans la région du hile du foie, en supprime en partie ces causes de progression. Les vaso-moteurs
pui commandent aux contractions de la tunique musculaire des veines sont plus où moins intéressés au cours de l'opération et ne peuvent plus jouer aucun rôle. La paroi abdominale qui a été ouverte n'exerce plus qu'une pression très modérée sur les organes contenus dans la cavité; ailleurs, le malade laparotomisé immobilise son abdomen et par conséquent les causes de progression dues à la respiration abdominale sont supprimées.
Dans ces conditions on comprend très bien que la moindre compression exercée sur la veine porte, la moindre coudure ou le moindre déplacement de ce vaisseau amènent un arrêt partiel et quelquefois total de la circulation et dès lors, des accidents ne tarderont pas à se produire.
Et pourtant, si nombreux sont les cas, où l’on place un Mickuliez dans la région sous-hépatique, les accidents observés à la suite de cette manœuvre sont relativement rares. Quelle en est donc la raison ?
On peut d’abord remarquer que souvent on ne se sert du Mickulicz que pour faire un drainage ; on se contente d'introduire une mèche sans tamponner profondément et par conséquent rien d'étonnant à ce qu’on n’ait pas des symptômes de compression.
IL est vrai qu'on peut trouver beaucoup d'observations où l’on rapporte d’une facon très nette qu’à la suite d’une hémorragie en nappe, on a bourré de gaze la région sous-hépatique et pourtant on n'a pas observé d'accidents graves. Pendant la première heure qui a suivi lopération les malades ont pu présenter de la pâleur de la face, de la petitesse du pouls, et