‹ Des Compressions Porte: Consécutives aux Opérations Sous-HépatiquesChapitre 25 sur 33 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Symptômes de la compression porte, opératoire ou post-

opératoire chez l’homme

Observations

Les faits cliniques qui ont été observés par M. le professeur Villard et rapportés par lui au Congrès de chirurgie de 1904, et une observation qui nous a été communiquée à cette occasion par M. le docteur Vidal de Périgueux, que nous sommes heureux de remercier ici, nous permettent de superposer en quelque sorte d’une facon schématique, les symptômes de la compression porte chez l'homme à ceux observés expérimentalement chez l'animal.

Pour plus de clarté, comme dans notre première partie expérimentale, nous étudierons tout d’abord la compression brusque avec oblitération totale et immédiate de la veine porte; puis la compression brusque

LOROO EE

avec oblitération incomplète et enfin la compression temporaire.

do Compression brusque avec oblitération totale

de lä veine porte

L'une de nos observations personnelles est un type de cette compression brusque et totale. On peut dire qu'elle a la valeur d’un fait expérimental, car c’est à deux reprises différentes, qu'au cours d’une intervention abdominale, la veine porte étant comprimée, les accidents ont apparu. Il s'agissait dans ce cas d'une oblitéralion de la veine porte par coudure. Voici cette observation :

OBSERVATION ÎI

(Due à l’obligeance de M. le professeur Villard)

S. B..., âgée de 30 ans, entrée le 22 juin 1903 à l'hôpilal de la Croix-Rousse, salle Sainte-Catherine.

Rien d'important à relever dans les antécédents héréditaires, collatéraux et personnels de la malade en rapport avec son affection actuelle.

L’affection a débuté il y à # ans ; pendant longtemps la malade n'a présenté comme symptômes morbides qu'une légère pesanteur au creux épigastrique, deux ou trois heures après les repas. Cet état dyspeptique a résisté à tous les agents thérapeutiques, seuls le repos, le séjour au lit et l’abstention de toute alimentation amènent un soulagement. Constipation opiniâtre. Selles normales. Amaigrissement notable.

A l'exainen. — Ventre aplati, rétracté, estomac dilaté,

PAS AUS MP RS û

sensation de elapotage. Par moments, mouvement péristaltique de l'estomac.

Empâtement douloureux au niveau de la région épigastrique paraissant dépendre du foie ou du pancréas.

Prolapsus des deux reins, urines normales. En résumé, troubles digestifs paraissant liés à une sténose pylorique.

Opération.— Anesthésie à l'éther, laparotomie médiane sus-ombilicale ; le pylore est sain, mais on découvre au bout de quelques instants un kyste du pancréas de petit volume ; ce kyste caché derrière le grand épiploon, fait saillie au-dessous de la grande courbure et comprime le duodenum. Son extraction nécessite un relèvement très accentué en haut de l'estomac. Cette manœuvre est faite depuis plusieurs miuutes lorsque des phénomènes inquiétants se manifestent. La malade est pâle. Le pouls devient pelit et très faible, une syncope est imminente. On remarque alors que la veine splénique et les veines mésentériques présentent une dilatation considérable tout à fait anormale, paraissant en rapport avec un arrêt de la circulation porte. L'estomac est alors ramené en situation basse ainsi que la tumeur et les accidents syncopaux ne tardent pas à s'amender.

Un peu plus tard alors que cet incident n'était déjà plus récent à l'esprit, les manœuvres de libération du kyste conduisent à reprendre sans qu'on y fit attention la position vicieuse de relèvement de l'estomac avec traction en haut sur la tête du pancréas ; de nouveau des symptômes inquiétants, identiques aux précédents, apparurent, et ils cessèrent de nouveau lorsque la compression faite eut disparu. -

On évita donc dans la suite de l'intervention de reprendre la position dangereuse et l’extirpation du kyste put dès lors être terminée normalement.

La guérison fut dans la suite obtenue sans incident. La malade quitte l'hôpital le 22 juillet.

Ep des

Les symptômes observés chez la malade précédente ont apparu environ 10 à 15 minutes après le début de la compression, c’est-à-dire aux deux moments où la coudure de la veine porte à été réalisée.

Ces accidents ont consisté surtout dans la petitesse du pouls et une diminution marquée de la tension artérielle.

Ce fut ce phénomène qui attira l'attention de l’aide chargé de surveiller l’anesthésie el qui put faire croire un instant à des accidents chloroformiques.

En même temps survenait une pâleur marquée de la face avec décoloration très accentuée des conjonctives. La respiration à paru accélérée, mais le fait que la malade été soumise à la narcose doit faire enlever: à ce symptôme une partie de sa valeur.

Par contre il existait dans ce cas des signes d’obstruction portale, qui malheureusement ne pourront pas être observés chez les malades en dehors du moment de l'intervention, c’est-à-dire un gonflement considérable de tous les vaisseaux tributaires de la veine porte et une vascularisation anormale des parois intestinales.

A cette observation nous devons joindre un autre fait aussi schématique; c’est celui qui nous a été communiqué par M. le docteur Vidal de Périgueux.

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