‹ Des Compressions Porte: Consécutives aux Opérations Sous-HépatiquesChapitre 29 sur 33 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Due à l’obligeance de M. le professeur Villard)

Décembre 1902. — M. D.,35 ans; accidents de lithiase biliaire remontant à huit ans. Poussées intermittentes d'ictère se renouvelant plusieurs fois chaque année. Seule l'année 1899 est bonne sans trouble du côté du foie. Nombreux séjours à Vichy.

Depuis un an et demi l'ictère est continu avec une intensité, variable il est vrai, mais ne disparaissant jamais

Da UN X : As

complètement, décoloration des matières fécales, prurit. L'état général s'est altéré, amaigrissement considérable, perte de forces. Quelques accès fébriles. A l'examen, foie très augmenté de volume, vésicule petite mais perçue à la palpation, En présence de l’obstruction du cholédoque , la cholédocotomie est pratiquée le 6 décembre 1902.

Opération faite avec le concours du D' Duplan. Anesthésie à l’éther, laparotomie latérale : le foie est très gros et très congestif, il gêne beaucoup pour les explorations du cholédoque. Ce conduit est trouvé très dilaté, du volume d'un doigt, complètement bourré de calculs et donnant la sensation d'un tuyau de pipe brisé. L'incision des parois du cholédoque permet de retirer plusieurs volumineux calculs, l’un d'eux enclavé dans la muqueuse ne peut être extrait:il faut l'évider et le creuser à la curette peur le fragmenter el l'avoir peu à peu par morceaux. Toutes ces manœuvres ont été longues, difficiles et gênées considéra blement par un suintement sanguin abondant, qui obscurcissait le champ opératoire. Cette hémorragie se faisait en nappe dans la profondeur et était entretenue très probablement par un certain degré d'hémophilie liée à l'insuffisance hépatique. Un drainage à la gaze fut laissé en place tant pour assurer une voie d'écoulement à la bile, que faire l'hémostase ; cette dernière condition nécessita une compression assez énergique faite avec les mèches. Réveil normal de l'opéré.

Trois heures après l'opération, le malade présente un état de faiblesse inquiétant. La face est pâle, couverte de sueur, les muqueuses sont décolorées, le pouls est petit, misérable. Respiration un peu précipitée. La température périphérique est abaissée.

Le pansement est souillé par de la bile mélangée à une certaine quantité de sang; néanmoins il ne parait pas s'être fait une hémorragie suffisante pour expliquer l'état dans lequel se trouve le malade. Pensant à une compression possible de la veine porte par le drainage, les mèches

Fu 6

Page 1