‹ Des conditions physiques de la perception du beauChapitre 19 sur 31 · OBSERVATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

Pour terminer la première partie de ce travail, consacrée à l’élude des impressions esthétiques de l'ordre physique, nous présenterons quelques observations générales sur deux points.

Nous avons considéré comme rentrant dans l’ordre matériel, par opposition à l’ordre intellectuel, les impressions esthétiques dont nous avons parlé jusqu’ici; toutefois nous avons fait remarquer qu’il n’est pas toujours facile de classer une impression dans l’un de ces ordres à l’exclusion de l’autre; il y a souvent empiètement de lun sur l’autre. Il ne sera pas sans intérêt de reprendre cette question maintenant que nous nous sommes familiarisés avec le sujet.

Nous avons dit que, pour qu’il y ait impression “esthétique, il faut en premier lieu qu’il existe, entre les diverses parties d’un tout. une relation, un rapport, ce que, faute d’un meilleur térme, nous appelons une loi, en élargissant le sens ordinaire de ce mot.

tante de habitude, de la mémoire, de l'intelligence, et lon ne peut dire qu’il s'agit d’une impression purement physique. Seulement l'exercice a tellement développé chez nous la faculté de conclure de nos sensations visuelles à la forme des objets, que ce rôle de l'intelligence est devenu inconscient, instinctif; et comme, d’autre part, le résultat est de nous faire connaîlre une chose éminemment matérielle et physique, la forme, nous avons dû classer celte impression comme d'ordre physique.

En dehors de la musique, les sensations de l'oreille deviennent beaucoup plus objectives. Les sons que nous entendons quand nous écoutons parler se traduisent immédiatement en idées; nous entendons rouler une voiture, aboyer un chien, c’est la notion de la voiture ou du chien qui nous frappe plutôt que celle du bruit perçu.

Pour d’autres sensations les impressions subjeclives et objectives sont souvent mélangées.

Celles de couleur sont mixtes; dans certains cas, rares il est vrai, c’est l'impression de l’œil qui prédomine, par exemple lorsqu'une lumière colorée éclaire l'ensemble d’une scène: mais le plus souvent nous rapportons la couleur à l’objet d’où émane la lumière; c'est pour nous l’étolfe qui est rouge ou bleue, et non pas la sensation. |

Celles du goût sont principalement subjectives, mails, comme nous l'avons dit, inaptes à produire l'impression esthétique. Celles de l’odorat sont mix- Les, nous associons beaucoup plus souvent l’idée du Gorps odorant à son odeur que le goût d’un aliment

à la nature même de cel aliment.

Pour le tact, l'impression est presque uniquement objective, en touchant un objet c’est presque toujours l’objet lui-même que nous sentons, surtout s’il est solide. S'il est liquide ou gazeux c’est plutôt la sensation qui nous frappe, mais alors le rôle du tac est beaucoup moins défini et complet.

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