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LE BEAU DANS LA NATURE

Dans la première partie de ce travail, nous nous sommes presque exclusivement occupés des sensaüons purement physiques, et nous avons montré que, lorsqu'elles ont pour nous un caractère esthétique, c’est grâce à ce que nous avons appelé des impressions réilérées, qui, intuitivement, donnent à notre esprit le sentiment d'une analogie, d’une loi, d’un rapport entre les choses.

Nous devons maintenant aborder le domaine plus vaste et plus élevé dans lequel l'élément intellectuel de notre organisation Joue le rôle, non point unique, mais prépondérant.

Le beau dans la nature nous servira, pour ainsi dire, de transition; car les deux ordres d’impressions interviennent tour à tour dans la manière dont il se manifeste. La nature, éminemment matérielle par elle-même, se présente à nous toute faite; l’art et le génie de Fhomme n’entrent en jeu que pour une faible part dans sa beauté. Elle se révèle à nous par l'intermédiaire de nos sens, et ce n’est que par une

sorte de réaction de notre intelligence que sa beauté revêt un caractère supérieur à la matière.

Nous commencerons l'étude de cette branche de l'esthétique par l'examen des impressions que font naître en nous les objets ou êtres naturels pris individuellement : nous parlerons d’abord du règne animal, en nous attachant surtout à l’homme, qui en forme le tyne supérieur; puis nous nous occuperons du règne végétal; quant aux minéraux considérés conrme individus, nous pourrons les laisser de côté, car leurs caractères esthétiques, beaucoup plus limités, rentrent presque entièrement dans les sujets que nous avons déjà passés en. revue. Nous passerons ensuite aux groupements des individus et aux tableaux d'ensemble qu’ils peuvent former par leur réunion.

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