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n’est pas déformée et il nous apparaît comme un cercle; mais si nous déplaçons progressivement le plan, l'image se transforme sensiblement en ellipses de plus en plus allongées, et quand notre œil se trouve dans le plan du cercle que nous regardons, l’image qui se forme sur la rétine se réduit à une ligne droite. Ainsi notre œil, par l'habitude de considérer le cercle sous des angles différents, arrive à établir entre ces diverses figures une analogie à laquelle la géométrie conduit également par la voie du raisonnement.
Nous nous bornons à cet exemple, il serait facile d’en trouver d’autres.
La continuité.
Si je ne me trompe, la beauté que l’on s'accorde à attribuer à la continuité dans les lignes, résulte encore d’impressions réitérées.
Le type le plus simple et le plus parfait d’une ligne continue est la ligne droite. Les caractères vi-
sibles qui la distinguent sont les suivants : 1° La ligne est partout identique à elle-même et toutes ses différentes parties sont superposables (propriété qu’elle ne partage qu'avec la circonférence du cercle, parmi les courbes planes). 20 Quel que so l’angle ou le sens sous lequel on la regarde, elle apparaît toujours sous une forme identique, et comme on l’a dit, c’est une figure qui n’a pas de côtés.
Il résulte de là que l'œil, en se dirigeant successivement sur les différentes parties de cette ligne éprouve constamment la même sensation répétée ; l’image qui se forme sur la rétine reste loujours égale et identique. Indépendamment des relations de symétrie dans lesquelles elle peut se trouver, la ligne droite est donc belle par elle-même ; toutefois l'impression qu'elle nous produit est atténuée par le manque de variété el parce qu'elle se présente trop fréquemment à nous pour laisser une part à l’imprévu. |
Lors même que, dans un dessin, la ligne droite n’est pas tracée d’un trail ininterrompu, si par exemple elle n’est marquée que par des points, ou si certaines portions en sont supprimées ou masquées, l'œil ne la reconnaît pas moins, et juge immédialement qu’il est en présence de diverses parties appartenant à un même tout.
On peut en dire à peu près autant d’une circonférence de cercle dont toutes les parties sont identiques et superposables. Cependant l'impression produite par ces diflérentes parties n'est pas la même sur la rétine, parce que la direction de la ligne se
ces lignes provoque une impression semblable et commünique aux différentes parties du dessin une parenté qui en rehausse leffel | ie. 20 esthétique. Souvent, pour que
cet effet ne s’'émousse pas par sa
fréquente répéution, le dessina-
teur mélangera deux espèces de
lignes, par exemple des lignes
droites avec des cercles; l'œil en se promenant sur le dessin retrouve alternativement des impressions de deux genres différents (fig. 20).
Cas moins importants dans le dessin.
Pour être complets nous pourrions étudier dans ce chapitre deux autres modes d’impressions réilérées susceptibles, théoriquement, de produire une sensation esthétique, mais d’un emploi si rare ou si difficile dans le dessin, que nous nous bornerons à une simple mention. |
L'un de ces modes à trait à la science encore nouvelle de la géométrie de position ; ses applications au dessin sont peu étendues ; en revanche elles constituent un facteur important du beau dans la nature; nous aurons donc l'occasion d'y revenir.
Le second mode auquel nous faisons allusion consiste dans la reproduction non plus simultanée mais successive d’un même dessin; dans la périodicité dans le temps. Ce genre d'impression réitérée, qui est esthétiquement utilisé dans d’autres cas, par exemple dans la chorégraphie, n’est pas appliqué au dessin,
sauf peut-être dans quelques jouets d’enfants. Pratiquement en effet, il serait difficile d’en réaliser Pemploï, et d’ailleurs les sensations intermittentes qui en résulteraient deviendraient vite fatigantes pour la vue. Nous renvoyons donc aussi son étude à un autre chapitre. |