XXVIII INTRODUCTION
faux prétextes, l'environner de soupçons et de défiance? Pourquoi, pour suivre des cours que la loi déclare publics, ne l'y admettre qu'avec des cartes qu'il faut aller solliciter? Pourquoi exiger d'elle des déclarations de parents ou de personnes qui cautionnent leur conduite ? Pourquoi lui refuser les cours publics que la loi lui accorde? Pourquoi bannir de l'enseignement les bommes qu'elle est avide d'y voir? Les Royer- Collard, les Cousin , les Guizo! , professent-ils des doctrines dont il faut les sevrer ?
Pourquoi répondre à ses cris de f^ive la Charte avec, des balles qui n'inoculeraient à personne l'amour du roi ? Pourquoi envoyer des baïonnettes contre ses parapluies? Les troubles de la rue Saint-Denis n'ont-ils pas répété des scènes de désolation qui, sous la fausse apparence d'un courage qui ne recule pas, n'ont montré que la frayeur que de grands coupables sont toujours disposés à éprouver?
Les violences , les assassinats commis à l'aide de la force armée, irritent les victimes, et finissent par faire rougir les hommes que l'on a indiscrètement pris pour les bourreaux des' citoyens. La révolution nous a fourni de tels exemples; après avoir deux fois tiré sur le peuple , ou a vu des troupes se fondre avec lui la troisième.
Si un carnage de cette nature révolte, que ne doit-on pas en redouter lorsqu'il est commis par une autorité avilie, odieuse , sur une nation qui a usé sa patience à la supporter!
Pour obtenir l'ordre, ne forçons jamais les peuples à se faire justice eux-mêmes pour le rétablir !
INTRODUCTION. xxix
Nous tous qui tremblons devant les révolutions, frémissons devant toute espèce de despotisme et de tyrannie ; nous qui voulons le règne des lois et non de la terreur , le règne de la raison et non des préjugés , ne cessons de parler de nos besoins et d'apporter notre contingent de lumières et de coaseils : le gouvernement représentatif autorise , commande même cette manifestation.
L'opinion publique, quoi qu'on dise, a toujours été, et sera toujours la reine du monde; les ministres et ceux qui les dirigent en sentiront inévitablement l'autorité; il faut renoncer à des prétentions qu'il est impossible de faire triompher aujourd'hui. Le langage du pouvoir, soutenu par tous les moyens de force physique à sa solde, est insuffisant pour faire admettre quelques idées exclusives.
Ils ne savent pas tout ce qu'ils demandent , ceux qui réclament les temps anciens.
Les Germains libres et citoyens rie pouvaient être imposés que de leur aveu.
Le droit par les hommes libres de consentir l'impôt n'a jamais été méconnu en Angleterre. Guillaume , après la conquête, fut obligé de le garantir de nouveau. (Reeves, Hist. de la loi angl. )
Les impôts non consentis par une représentation libre, sont une véritable exaction arbitraire et tyrannique, disait l'un des fondateurs de la liberté dans le Nouveau-Monde.
Pour renverser Napoléon , les souverains proclamaient ces vérités; quand leur ennemi , et plus encore celui des peuples.