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tralisation de Paris dans le gouvernement lui-même ; les intérêts qui se forment à côté de ceux de la nation doivent être méconnus. Dans l'état actuel de l'Europe, particulièrement en France , un gouvernement qui ne parlerait que de ses droits et non de ses devoirs, un gouvernement où l'on ne ferait qu'obéir, est un gouvernement obligé à changer sa marche, sous peine de s'éteindre.
11 faut de toute nécessité retenir tout le bagage ancien , tout le bagage impérial et royal qui encombre la charte ; il faut travailler aux lois secondaires et d'exécution , qui , seules , pourront la faire vivre et marcher; il faut secouer ce fatras de décisions administratives qui ne peuvent coïncider avec un ordre régulier; il faut successivement reviser les parties et mettre le tout en harmonie avec la loi fondamentale ; il faut satisfaire les besoins publics, qu'il n'est plus possible de méconnaître.
Le premier bien pour un peuple vient de bonnes lois.
Comme il est le plus fort et le plus puissant, il faut qu'elles lui offrent l'appui dont il a besoin , afin qu'il n'en cherche pas d:*ns une force qui lui est étrangère.
Balde disait « que les législateurs devaient, à l'exemple des » médecins , préparer des remèdes selon le temps et le be- » soin; qu'il n'y avait de juste que ce qui convient à l'époque où V l'on se trouve ; que, par cette raison , on défendait en temps » de paix ce qui se tolérait en temps de guerre. »
Ce qui doit être établi pour le cours des générations doit être soumis aux réflexions les plus étendues , à la discus-
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-sion la plus rigoureuse : alors seulement on fait un œuvre durable ; les lois traversent les âges , les hommes sont nourris de saines maximes , et les modifications qu'elles éprouvent sont plutôt un perfectionnement qu'une altération.
Cherchons toujours à bien nous pénétrer du véritable esprit des lois; s'il ne faut pas aller contre leur texte , il ne faut pas non plus all^* au-delà.
La salutaire maxime qui place le roi au-dessus de toutes les atteintes, en déclarant sa personne inviolable et sacrée, ses ministres seuls responsables , doit être immuable et hors de toute discussion : il faut se garder d'altérer en rien cette disposition tutélaire et préservatrice ; cependant n'y donnons pas une extension indéfinie, qui détournerait lamaxime de sa juste application , et serait désavouée par celui-là même en faveur de qui on chercherait à l'établir.
Si le roi ne peut être condamné ni même accusé , en ré- *ulte-t-il qu'aucune de ses actions ne puisse être soumise au jugement de l'opinion?
Le monarque qui, entraîné par une fausse susceptibilité pour accomplir des desseins semblables ou analogues à ceux d'Henri IV sur la famille d'Entragues, se porterait aux plus grandes violences;
Celui qui, autrement que Louis IX et François I", aurait maladroitement tombé dans une embuscade, et se serait lâchement rendu prisonnier;
Celui qui, avec un esprit exalté comme Gustave, s'abandonnerait à toute la fougue de son caractère ;
XXVI I.'NTRODUCTIOT^.
Celui qui, comme|]Néron, voudrait se donner le plaisir de voir brûler Rome , ou satisfaire sa curiosité en explorant le sein qui lui donna la vie ;
Celui qui se livrerait à toutes sortes de pratiques superstitieuses , ou de momeries ridicules, ne serait plus qu'un roi de nom, avec l'idée fixe de son salul e^des moyens de l'opérer ; Pour prendre une application dans ^jos temps ^ le monarque qui, à l'exemple de Bonaparte, emploierait les revenus publics , non à enrichir une secte religieuse ou politique , mais à faire des guerres ruineuses et constantes dans lesquelles viendrait s'engloutir la population.
Ces actes publics [et privés échapperont-ils nécessairement à tout examen public? Le dogme incontesté de l'inviolabilité va-t-il jusqu'i\ interdire toute manifestation? Le roi pouvant être cité devant^es tribunaux civils, ne pourrait-il pas j être appelé pour toute autre réparation civile? Dès qu'on autorise, qu'on encourage môme l'éloge et la louange, faudra-t-il toujours blâmer le doute, la critique même, renfermée toutefois dans la mesure de respect qui, en toute circonstance, est due au chef suprême de l'Etat.
Cette thèse mériterait un examen approfondi; quoiqu'elle rentre en quelques points dans notre domaine de la limite des pouvoirs, nous ne faisons que l'énoncer: nous laissons à d'autres le soin de la traiter, avec les ménagements, mais aussi avec riudépcndancc et la bonne foi qu'elle comporte.
Cette charte qui est le port , où , après les tempêtes de la révolution et les guerres qui Tont suivie , nous sommes venus
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nous réfugier, doit reparaître dans tout son éclat, abstergée de toutes les taches dont on a essayé de la ternir. Elle fait la part de tous, celle du peuple n'y est pas trop grande pour qu'oa ne la lui laisse pas tout entière.
Il est temps de cesser de nourrir toutes les défiances que l'autorité si harcelante sait si bien faire naître envers elle, par celles qu'elle a envers une nation qu'elle ne sait pas apprécier : on ne peut éternelleoient tromper ; les protestations authentiques ne peuvent long-temps être en contradiction avec les actes journaliers, toujours aperçus, malgré les efforts pour les dissimuler.
En voulant sans cesse mettre à l'écart cette jeunesse, n'agiton pas pour l'irriter? ne blesse-t-on pas la générosité de son âme? n'excite-t-on pas son zèle à se soustraire à toutes les répulsions dont on l'entoure?
Gommentlui faire croire que les questions qui se soulèvent aujourd'hui sur la scène du monde, lui sont étrangères? Estil possible qu'elle ne voie pas que c'est sa place prochaine au sein de la grande famille, qui se traite sous ses yeux ? Rératry demande avec raison s'il n'est pas dérisoire d'exiger- qu'elle se montre indifférente à de tels débats; qu'elle n'encourage pas les hommes qu'elle regarde comme plus spécialement voués à sa défense; qu'elle ne leur prodigue pas ses acclamations, et que , les voyant menacés, elle ne cherche pas à les protéger de son nombre et de son attitude.
EUeveuts'instruire, pourquoi donc veut-on, par toutes sortes d'entraves, lui en fermer les moyens? Pourquoi, sous de