XXX INTRODUCTION
fut abattu, ils oublièrent leurs promesses; ils coururent sur lés nations qui avaient osé les entendre. Alors que ces souverains sollicitaient une participation armée pour venir au secours de leurs trônes ébranlés, ils publièrent que les changements utiles et nécessaires dans la législation et dans l'administration des Etats, ne doivent émaner que de la volonté libre, de l'impulsion réfléchie et éclairée de ceux que Dieu a rendus responsables du pouvoir.
Aussi, l'auteur qui nous transmet ces déclarations, observet-il que quand le glaive a tranché les questions , le langage prend le caractère du glaive.
Les monarques français ee sont liés par des lois à toutes les époques. L'un d'eux a donc pu , pour reconquérir un trône perdu et y ramener les esprits qui y résistaient ou en avaient perdu la mémoire , concéder une loi fondamentale.
Une fois mise en action et devenue le droit public du pays , il n'est plus possible d'y porter la main , sans danger de la voir couper.
Quand on viole les lois principales, disait le parlement de Toulouse, on ébranle les fondements delà terre et les empires s'écroulent.
La menace est loin d'effrayer ces hommes d'abus qui cessent d'exister le jour où la loi devient égale pour tous.
Un célèbre écrivain ne voit dans notre constitution que le texte rajeuni de nos vieilles franchises.
Le gouvernement représentatif est le plus naturel , il est le plus ancien. A diverses époques, les nations ne se sont gouver-
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nées que par des contre-forces : l'église elle-même a cette théorie pour elle , pourquoi la refuserait-elle aux autres ?
11 existe aujourd'hui dans la vieille Europe une école où l'on enseigne qu'on affaiblit le pouvoir en le modérant où qu'il se dénature et s'avilit en se partageant. Cependant une des plus grandes causes de durée du gouvernement de Sparte, vint de ce que Théopompe sut habilement balancer le pouvoir royal dont il était revêtu, par la création des éphores. Sa femme lui disant qu'il ne laisserait à son fils qu'une puissance écourtée : «Je la lui rends plus durable, » lui répondit-il.
Tout mouvement rétrograde tendant à revenir sur la division des pouvoirs, est impossible.
La révolution est faite, il faut la consacrer, il faut lui ôter à jamais le sohi de sa propre conservation. Le peuple ne peut se regarder comme représenté par le choix des préfets et des ministres. Ce n'est qu'avec le pays qu'un gouvernement peut avoir le pays et le faire respecler de l'étranger.
Ce qui vient de se passer prouve cette vérité; les dernières élections se sont faites par irritation contre un ministère qui nous faisait rougir. Les porteurs d'ordres, les préfets et sous-préfets ont été partou^hués et bravés ouvertement. Dans notre collège d'arrondissemejj>t de Coulommiers (Seine-et- Marne), il a presque fallu faire violence au président pour obtenir le secret du vote. On voulait protester et porter plainte dans le cas où , comme dans les avant-dernières élections il n'eût point été accordé. J'ai pensé qu'il vakit mieux ne pas s'arrêter à l'opinion du président, et jaire exécuter la loi