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CHAPITRE II

Chacun des pouvoirs étant souverain , l'un ne doit point attenter aux actes de Vautre. — Saiis cela plus d'équilibre. — Bouleversement résultant d'un conflit sur chose jugée. — Quand U7ie décision a ce caractère. — Perfidie de l'administration d'attendre le jugement. — De se faire juge et partie.

Qui dit conjlit, dit lutte entre deux pouvoirs pour s'attribuer la connaissance d'une affaire que l'un s'arrogerait au détriment de l'autre.

Quand un pouvoir a une mission particulière et incontest(?e ; quand, dans la plénitude de la souveraineté qui lui appartient, il a consommé sa mission, est-il possible de revenir sur ce qui a été fait, sans détruire cette souveraineté, sans donner à celui qui aurait ce droit, non seulement la supériorité d'action sur l'autre, mais même une suprématie de juridiction au moyen de laquelle l'un révisant les actes de l'autre, celui-ci n'est plus qu'un subordonné ?

De cette manière, la ligne qui doit être parcourue dans un sens droit et parallèle, se rencontre avec l'autre; le choc produit un hcurtcment qui doit nécessairement gêner l'action des pouvoirs , et embarrasser la marche propre à chacun.

L'effet est aussi désastreux à l'égard des plaideurs , qui , étant venus , de confiance autant que de devoir, sounjcllrc leurs prétentions aux corps indiqués par les lois, se voient tout-à-coup enlever par l'un , ce qu'ils avaient reçu de l'autre.

Quelle déconsidération un pareil renversement n* est-il pas de na-

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