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LIVRE V, CÎIAPITRE IV

» Émendanl quant à ce , déclare re'siliées, à l'égard de Bérard, les conventions sous la foi desquelles il a été appelé à la direction dudit théâtre , à la charge par les actiomiaires de présenter un autre directeur à l'autorité administrative.

«La sentence au résidu sortissant effet. »

Avec un pareil arrêt , et les paroles données qu'un ministre n'avait même aucun intérêt à rétracter, puisqu'il n'avait fait que s'aiToger le droit d'agréer le directeur nommé et présenté par la .société, qui pouvait s'attendre à la moindre objection ?

Nous provoquâmes plusieurs fois une audience pour nous entendre sur l'exécution de l'arrêt. INous n'en pouvions obtenir. M. Gaudiche répondait que les nombreuses occupations dont le ministre était accablé dans ce moment, ne lui permettaient pas de pouvoir nous recevoir; que Son Ex. l'avait chargé d'avoir l'honneur de nous dire que si nous voulions bien lui faire connaître par écrit l'objet dont nous avions à l'entretenir , elle l'examinerait avec une attention particulière.

M. de Pompières, peu accoutumé aux supercheries , va directement chez l'excellence. Sans s'arrêter devant les valets, qui assurent qu'elle n'y est pas, le voilà dans le salon; ri répond aux huissiers qu'il attendra qu'elle rentre ; qu'elle n'a pas un traitement de i50;000 fr. , et les brillants appartements où il se trouve, pour ne pas entendre au moins ceux qui viennent se plaindre d'une injustice monstrueuse , ou d'un déni de justice qu'elle veut commettre. Les huissiers vont informer l'excellence de cette ténacité. Ils reviennent poliment lui dire qu'elle n'a pu encore ^occuper de l'affaire du Vaudeville ; qu'il prenne la peine de repasser dans quelques jours. Il insiste pour voir le ministre , et dit qu'il attendra plutôt jusqu'à minuit. M. Capelle, secrétaire général , arrive, adoucit le patient, et lui promet que justice lui sera très promp-

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tement rendue; qu'il se fait fort de lui obtenir une réponse

définitive avant trois jours. M. de Pompières se laisse toucher ; il

sort. Le surlendemain , nous apprenons qu'il y a conflit élevé sur

l'arrêt.

îse voyant pas la possibilité de le motiver , ayant entendu le ministre répéter tant de fois, «Ce que l'on demande aux tribunaux ne me regarde pas ; j'élèverais un conflit négatif si les tribunaux ne prononçaient pas ; » nous ne pouvions croire à cette nouvelle. On s'occupait de l'exécution forcée de cet arrêt. L'agent ministériel aux abois multipliait les obstacles ; des référés s'élevaient sans cesse ; le préfet de police, le soutenant, pour services à lui rendus, dit-il un jour aux administrateurs, faisait cause commune avec le ministre. Je vis alors combien il manque encore de garanties aux tribunaux et aux particuliers, qui peuvent voir leurs décisions paralysées par les ordres émanés du préfet de police à Paris , du commandant de la force armée ou du ministre de la guerre , portant défenses à l'aulorité militaire de prêter main - forte , malgré le mandement littéral qu'elles renferment.

Le fait du conflit se vérifia : croirait-on que l'avocat chargé de la défense des actionnaires regarda comme inutile de présenter la fin de non-recevoir résultant de ce que le conflit était tardif, puisqu'il n'arrivait qu'après que tout était jugé; qu'il était surtout non recevable dans l'espèce , où il y avait eu des jugements et arrêts rendus uniquement sur la compétence : que ces arrêts étant devenus irrévocables , il n'y avait plus possibilité de revenir sur ce point ; que les décieions avaient eu la plus grande publicité par les journaux qui en avaient rendu compte; que, dès lors, le ministre ni le préfet ne pouvaient prétexter cause d'ignorance ; que , bien plus , ces deux fonctionnaires , et notamment le premier, avaient eu dans les mains les jugements et arrêts , où il avait vu tout ce que les action-

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