‹ Des conflitsChapitre 31 sur 412 · LIVRE I, CHAPITRE IV; 3i · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IV; 3i

paille : j'y passerai une nuit plus tranquille que dans un fauteuil déshonoré. »

Surge , caj'nifex , s'écriait l'indignation romaine par la bouche de celui à qui l'on demandait une injustice.

De nos jours, le pouvoir en France s'est bien souvent montré corrupteur de l'ordre judiciaire. Nos hommes d'État ont trop suivi la pente de leurs passions, ou n'ont pas eu la force de se garantir de celles au milieu desquelles ils se sont trouvés. Dans un pareil état de choses , les résistances des corps de magistrature ont dû apparaître; l'influence du pouvoir dans notre pays atteint plus aisément les individus que partout ailleurs , par la raison que le courage moral est malheureusement très rare. Voilà pourquoi les corps judiciaires préposés à la garde des lois conserveront plus d'indépendance pour accomplir leur mandat. Si quelques tribunaux inférieurs, quelques Cours souveraines même, ont fléchi en divers temps, la position élevée de la Cour de cassation devait la mettre à couvert d'une pareille altération : on l'a parce motif singulièrement travaillée au personnel.

Toutes les situations indépendantes sont particulièrement favorables à la manifestation des saines maximes. Nous en trouvons la preuve dans cette noble répugnance exprimée par la Cour des pairs, ainsi que la manifesta un de ses plus dignes organes, de juger tantôt comme des Cours spéciales, dont le nom seul était odieux, tantôt comme les autres tribunaux , formés d'éléments si différents.

Si les lois gênent les passions , elles défendent l'honneur, la vie et les fortunes; voilà pourquoi il n'y a aucun danger de s'attacher à ceux ^ui ne marchent qu'avec ce guide.

3î DES CONFLITS.

CHAPITUE V.

Le, mlnlslire public doit-il cxcculer les arrêts t quoique les ministres te lui défendent. — Question particulière aux jésuites. — Le ctergc cherclie partout à se soustraire à la loi civile et à dominer l'Etat. — Exemples de su prétentions.

Ici se place naturellement une question qu'il faut mettre en avant pour appeler la controverse; clic tient, il est vrai, à notre droit public: mais les circonstances particulières qui nous dominent y donnent un nouvel intérêt.

Les gens du roi, instrument en France du pouvoir exécutif sentinelles placées pour veiller à l'exécution des lois, poursuivre et faire punir ceux qui les ont enfreintes, ont-ils le droit et la faculté d'agir de leur propre mouvement , et malgré les ordres contraires quand ils croient que l'ordre public commande leur intervention ? vice versa, quand des faits viennent à leur connaissance, qu'ils ne les croient point de nature assez grave ou lésivc des lois pour motiver une action extraordinaire , doivent-ils agir et même poursuivre telle ou telle personne , lorsque le ministre lui en donne l'ordre ?

Ces deux questions peuvent se rencontrer fréquemment, surtout dans un temps et dans un pays agité par de grandes passions et de grands mouvements ; dans un pays qui a vu pénétrer dans les fonctions les opinions que les ministres qui se sont alternativement poussés et renversés présumaient être plus ou moins analogues, non pas à un ordre de choses régulier , mais à leurs vues personnelles.

Quoique toujours les ministres, et particulièrement ceux qui agi-

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