LIVRE I, CHAPITRE XII. ii
pourrait-on alors se récrier sur ce que la confiance au pouvoir s'elface chaque jour davantage, si le pouvoir travaille lui-même à l'affaiblir ? Le ministère public a souvent oublié ce texte de nos écritures sacrées : Audi aller ampartem. Un écrivain du dernier siècle appelait le point d'orgue oblige', toutes les déclamations contre la philosophie que contenaient les sermons de son temps. On pourrait dire de certains exemples, que le point d'orgue obligé du ministère public , est de soutenir tous les sophismes ministériels contre les conséquences nobles et généreuses qui résultent de l'ensemble des lois positives.
Ces exemples manqueraient-ils, s'il fallait rappeler qu'on a permis aux magistrats du parquet d'altérer les textes, qu'on les y a même excités en leur ordonnant des poursuites que leur conscience aurait abandonnées, en leur prescrivant des genres particuliers d'accusation, en leur désignant jusqu'aux prévenus qu'il fallait conduire à la culpabilité ; et pour que cette corruption judiciaire ne pût trouver d'obstacle , des lois exceptionnelles sont venues appuyer ce système.