e à RL AS
Aussi, la question des contrats par correspondance est toute d'actualité. C’est depuis quelques années seulement qu'elle a éveillé l'attention des savants. Elle soulève une foule de difficultés que les jurisconsultes n'ont pas encore eu le temps de trancher et qu'il est peut-être donné à la science elle-même de résoudre; car la science avance toujours et le contrat par correspondance suit forcément son mouvement. En effet, le contrat par correspondance qui est une des formes du contrat entre absents suppose les deux conditions suivantes : 1° Deux personnes éloignées l’une de l’autre qui ne peuvent ni se voir ni s'entendre ; 2° Un espace de temps, tractus temporis, qui sépare la question de la réponse. A l'origine, lorsque la lettre était transmise par un porteur, que la longueur de la route et le mauvais entretien des chemins retenaient souvent fort longtemps en voyage, on apercevait nettement ces deux éléments du contrat; mais le perfectionnement des moyens de communication, la création des grandes routes, l'invention des chemins de fer remplaçant les diligences, la rapidité croissante des trains, le télégraphe enfin, ont diminué de plus en plus le éractus temporis. Le téléphone le supprime tout à fait, et le contrat passé par l'intermédiaire de cet appareil n’est déjà plus un vrai contrat entre absents. Encore un pas, et des découvertes modernes ont déjà été faites dans cette voie, et les deux contractants, quoique séparés, se verront, s'entendront, pourront discuter, se mettre d'accord, contractant d’un bout du monde à l’autre, quoique juridiquement présents; tandis qu'un appareil, une sorte de phonographe écrivain, enregistrera le débat et fournira un moyen de preuve aux parties. Toutes les difficultés aujourd'hui en suspens seront anéanties et le contrat entre absents disparaitra.
La science, en un jour, détruira ce qu’elle a mis tant de siècles à créer.
Mais ce n'est là qu'un peut-être, en tous cas c’est l'œuvre de l'avenir, et, en attendant que la science ait dit son dernier mot, une foule de difficultés restent. pendantes. Nous nous appliquerons dans ce travail à les mettre en lumière et à en chercher la solution.
Néanmoins, l’histoire parallèle des progrès de la civilisation et du développement des contrats par cor- | | respondance nous à paru très intéressante, aussi Insis-
NL PURE 2
terons-nous tout particulièrement sur l'historique de ces ; contrats.
Notre étude se divisera donc en deux parties :