Quatrième partie. — Contre-indications à l'anesthésie locale
Nous ferons observer, en terminant ces notions préliminaires, que les contre-indications à l'emploi d'un agent toxique, il est vrai, mais dont on peut presque constamment mesurer l'emploi, graduer les effets, ne sauraient être absolues, dans la plupart des cas, et comparables à celles dont le chirurgien doit tenir compte dans les questions opératoires
Pendant les premières années de l'usage des grands anesthésiques, de l'éther et du chloroforme, les chirurgiens, s'appuyant plutôt sur des considérations physiologiques, que sur la réalité des faits, admirent un grand nombre de contreindications à leur emploi. Aujourd'hui, la perfection des méthodes, la pureté plus grande des produits employés, enfin les nombreux et heureux essais tentés empiriquement, dans des circonstances réputées dangereuses, semblent démontrer, comme nous prendrons soin de l'établir, que les véritables contre-indications sont rares. Sans admettre l'aphorisme de Sédillot : « que le chloroforme pur ne tue jamais, » nous croyons pouvoir démontrerque c'est seulement, dans un très petit nombre de cas, que le chirurgien est autorisé à refuser au malade qu'il doit opérer, le bénéfice de l'anesthésie.