PREMIERE PARTIE
Sources des contre-indications à l'anesthésie chirurgicale ( considérations générales sur les contre-indications).
Les progrès de la science ont créé une méthode précieuse pour les innovations en thérapeutique ; ce n'est plus aux grossiers essais de l'empirisme, qu'on livre l'introduction, en clinique, d'un médicament nouveau et important. On étudie d'abord, par des recherches laborieuses, ses propriétés physiologiques, on expérimente chez les animaux: on note, avec soin, ses effets sur les grandes fonctions, sur la circulation, la respiration, les sécrétions, etc.
Lorsque des résultats suffisants ont été obtenus, on en générahse l'emploi à l'homme, et, on cherche à l'utiliser dans la cure des affections qui occasionnent des troubles physiologiques, pouvant être modifiés par l'action du nouvel agent.
L'expérimentation préalable est surtout indispensable, lorsqu'il s'agit de substances toxiques, car il importe de mesurer leurs effets, et d'éviter les dangers qu'ils peuvent faire courir dans l'application. Les indications et les contre-indications de leur emploi sont donc grandement établies par la connaissance exacte de leurs propriétés physiologiques chez les animaux.
Des essais chez l'homme, guidés par une sage prudence, peuvent alors être tentés. Lorsqu'on a analysé les résultats obtenus dans cette double voie, il devient pos-
sible de tracer des règles définitives, pour l'usage commun.
Nous nous proposons donc de rechercher successivement quelles contre-indications générales peuvent être posées à l'anesthésie chirurgicale : 1° par la connaissance des propriétés physiologiques des principaux agents anesthésiques, étudiés par l'expérimentation chez les animaux, et découlant de leur emploi chez l'homme ; 2° par l'analyse statistique des principaux accidents, survenus dans leur administration, chez les malades.