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CHAPITRE II

Contre-indications relatives aux états généraux créés par l'affection chirurgicale.

Les affections chirurgicales graves modifient la constitution d'une manière lente et progressive^ ou d'une manière rapide. Elles peuvent, dans ces deux cas, l'affaiblir, et diminuer les forces de vitalité Les anesthésiques, nous l'avons montré, exercent d'abord, soit par voie réflexe, soit directement, sur le centre nerveux, des chocs, plus ou moins graves, et, finalement, les amènent à un état de dépression plus ou moins durable. N'y a-til point une raison , dans cette double atteinte portée à l'organisme, de contre-indications à se servir d'un moyen qui préviendra la douleur, assurément, mais qui joindra ses effets dépressifs à ceux du traumatisme occasionné par l'intervention cliirui-gicale, si minime qu'il soit ?

A. Parmi les affections chirurgicales qui affaiblissent la constitution d'une manière lente, et qui semblent créer une difficulté pour l'anesthésie chirurgicale, il faut citer toutes les cac/iexies. — Nous n'insisterons pas, cependant, sur ce point ; car elles créent bien plus une contre-indication à l'opération elle-même, qu'à l'administration du chloroforme. Lorsque des suppurations prolongées ont amené un état d'anémie profonde, si l'on est contraint de faire l'opération, ce n'est pas l'anesthésie ([ui augmentera beaucoup les risques du malade. Chaque jour, on endort des scrofuleuxet d^s tuberculeux

dans ces conditions et cela sans grands inconvénients. On lira cependant, dans nos tableaux, une ou deux observations où la mort est survenue, pendant l'anesthésie, dans ces circonstances.

Bien que le chirurgien ne doive jamais intervenir lorsque la cachexie caticéreuse est avérée, il est cependant des cas où, celle-ci restant latente, on a cru pouvoir entreprendre une opération. Or, en ces conditions, il peut exister dans le système pulmonaire des masses néoplasiques, qui gênent les fonctions respiratoires, et qui s'ajoutent à l'anémie cachexique pour augmenter le danger delachloroformisation. L'observation suivante, que nous devons à notre collègue G. Marchant, est un exemple très instructif. Rien ne pouvait faire prévoir cette fatale coïncidence. Ni l'auscultation, ni la percussion, comme le faisaient observer l'année dernière à la Société anatomique MM. Verneuil, Rendu etCharcot, ne révèlent ces foyers cancéreux du poumon.

Observation X.

Femme de 52 ans. — Enchondrome de la mâchoire. — Opération de résection du maxillaire. — Chloroforme. — Syncope subite pendant l'opération. — A Vautopsie, noyaux nombreux de généralisation dans les poumons.

(Observation communiqnée par G. Marchant, interne du service.)

M"« X..., 52 ans, cuisinière, entrée le l*"" janvier 1877, à l'hôpital Beaujon, salle Sainte-Clotilde, n*» 14, service de

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