‹ Des Conventions Conclues Entre l'État et les Compagnies Françaises de NavigationChapitre 20 sur 52 · DES CIVERS MODES SUCCESSIFS DE L'EXPLOITATION · texte numérisé non relu

DES CIVERS MODES SUCCESSIFS DE L'EXPLOITATION

Le problème de l'exploitation des premiers services réguliers à vapeur s’est posé en France dans les mèmes termes que dans les pays étrangers. Il s'agissait bien moins, à cette époque, de défendre contre la concurrence étrangère les intérêts économiques de notre pavillon, alors protégé par l’acte de navigation de 14793 et par des surtaxes de pavillon et d’entrepôt, que de satisfaire aux besoins de l’Etat en assurant les relations postales et les transports de la guerre et de la marine ; le trafic commercial, encore peu développé, ne pouvait constituer qu'un appoint pour l’ex-

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ploitation et, de même qu’à l'étranger, les armateurs ne se souciaient pas d'assumer les aléas que la navigation à vapeur comportait à ses débuts.

Aussi, après avoir passé en 1827, puisen 1829, de petites conventions à court terme pour l'exploitation d’un service sur l'Amérique Centrale qui fonctionna très imparfaitement, l'Etat s’engagea dans l'exploitation directe, à limitation de l'Angleterre. Un service d'Etat, créé sur l'Algérie dès le début de la conquête pour les besoins du corps expéditionnaire, admit à partir de 1834 les passagers civils : à la même époque, la France et l'Angleterre s’entendaient pour créer entre Calais et Douvres,un service régulier fonctionnant six fois parsemaine. Puis une loi du 3 juillet 4835 vint accorder au Gouvernement les crédits nécessaires pour la construction et l'exploitation de dix paquebots destinés à assurer les retations de la France avec les Echelles du Levant et de l'Egypte ; ces paquebots arboraient la flamme de guerre, étaient commandés par des officiers de la marine militaire et ne prenaient que des passagers et les dépêches, à l’exclusion de toute marchandise : en dehors des résultats politiques qu’on attendait de leur présence dans les ports d'Orient, on espérait qu’ils contribueraient à la sécurité de la Méditerranée, encore infestée de pirates, à l'instruction nautique des officiers, enfin à la puissance de notre Flotte, en raison des emménagements spéciaux qu'ils avaient reçus pour leur permettre de devenir éventuellement les auxiliaires des bâtiments de combat.

En fait, ces services, dirigés avec un médiocre souci de l'économie furent, comme les services étrangers similaires, très onéreux pour le Trésor : alors que l’exposé des motifs qui précédait le projet de loi de 1835, escomptait un bénéfice net annuel de 150.000 francs, chaque exercice se solda invariablement par un déficit qui dépassa parfois 3 millions ; dans l'espoir d'obtenir un résultat meilleur, l’Admi-

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