CONS
nistration entreprit de transporter des marchandises précieuses mais elle fitalors, sans grand profit pour elle-même, une fâcheuse concurrence à la navigation commerciale. Eu 1849, après quatorze années d'exploitation, le déficit total atteignait 37.237.894 francs et comme aucune: somme n'avait été affectée aux amortissements, il fallait encore prévoir une dépense d'une quinzaine de millions pour le renouvellement du matériel qui allait être hors d'usage.
La nécessité d'abandonner un système que l'expérience condamnait s'imposait peu à peu aux esprits les plus réfractaires. En dix ans, le mouvement des affaires avec les régions desservies avait plus que doublé et la navigation à vapeur, déjà en progrès, présentait moins d’aléa qu’en 1835 ; on estimait donc que l’entreprise,pourvu qu'elle fût assurée, dans une certaine mesure, du concours du Trésor, était de nature à tenter l’industrie privée et que l'Etat, de son côté, on traitant avec une Société présentant de sérieuses garanties, retrouverait, à moindres frais, les avantages qu'il recherchait par l'exploitation directe. Le Gouvernement britannique avait déjà remis, depuis plusieurs années, ses services de la Méditerranée à une Compagnie. Une commission instituée en 4850 au ministère des Finances, pour examiner la situation de nos services maritimes, conclut à l'abandon de l'exploitation en régie jet, le 28 février 1851, l'Etat passait avec la Compagnie des Messageries Nationales la première de nos grandes conventions maritimes. Dès lors, c'était par des Compagnies liées à l'Etat par des marchés qu’allait être créé et exploité tout le réseau de nos services d'intérêt général.
Avant d'aborder le régime mème des conventions, il convient donc d'indiquer :
4° Comment s’est constitué le‘ réseau d'intérêt général à
mesure que se manifestaient les besoins politiques et écomiques du pays.
2° Quelles sont les Compagnies qui assurent ces services.
3° Quelle est l'Administration d'Etat chargée de traiter avec elles.
1° Constitution de notre réseau maritime d’intérét général.
Si l’on considère aujourd’hui sur la carte les lignes qui font l’objet des conventions entre les Compagnies de navigation et l'Etat, on les distingue en trois groupes principaux.
a) les lignes d'Orient.
b) les lignes de l'Atlantique.
c} les lignes de la Corse et de l'Afrique du Nord.
a) Réseau d'Orient.
C'est le réseau de la Méditerranée Orientale, celui-là même qui depuis 1835 était desservi par des paquebots d'Etat, qui a fait l’objet de la première grande convention, celle du 28 février 1851 : l’influence politique et les importants intérêts féconomiques que nous possédions dès cette époque dans les Echelles du Levant justifiaient cette sollicitude particulière du Gouvernement. Le service comprenait au début trois lignes principales : Marseille à Malte, Marseille à Constantinople, Marseille à Alexandrie, et une ligne anrexe qui partait de Constantinople pour aboutir à Alexandrie en desservant la Syrie. Remanié plusieurs fois, notamment à l’occasion de la guerre de Crimée, pendant laquelle il rendit de très grands services, ce réseau, qui a pour tête de ligne Marseille, comprend aujourd’hui trois voyages toutes les deux semaines, l’un sur Naples, la Pirée, Smyrne, Constantinople, Smyrne, Brynouth, Chypre, l’autre sur Alexandrie, Port Saïd,