‹ Des Conventions Conclues Entre l'État et les Compagnies Françaises de NavigationChapitre 5 sur 52 · PARENT · texte numérisé non relu

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Royaume Uni, malgré l'étendue et l'importance de ses territoires et protectorats Est-Africains, ne possèdait pas, à cette epoque, de ligne de communication rapide et directe avec ces régions ; il ne leur était relié que par unservice de faible vitesse, comportant un transbordement à Aden. C'était par une ligne hambourgeoise directe, filant 3 nœuds de plus quela ligne anglaise, que se faisait Le meilleur service postal à destination de Zanzibar, de l'Est Africain anglais, de l’Uganda, de l'Afrique centrale anglaise et il fallait parfois diriger sur ces points par les paquebots allemands les sole dats anglais et même les documents confidentiels ! IL est inutile d'insister sur les inconvénients politiques d’un tel état de choses. Quant aux résultats économiques, les chiffres les font ressortir éloquemment : alors que le trafic en marchandises purement allemandes s'élevait de £ 300.000 en 1891, deuxième année d'exploitation de la ligne hambourgeoise, à £ 695.600 en 1898, les exportationsanglaises restaient à peu près stationnaires, passant de £, 105.970 en 1892 à £ 107.205 en 1601. Et le rapporteur du comité concluait : « à quoi bon avoir construit à grand frais le chemin de fer de l'Uganda si c’est pour laisser aux nations étrangères les meilleurs moyens d'en tirer parti et de communiquer avec les vastes régions qu'il traverse ; on a manqué là une belle occasion de jeter les bases d'un bon service de paquebots directs quand on aeu à ÿ porterle matériel de chemin de fer de l'Uganda ». Aussi le comité demanda-t-il l'établissement de communications « impériales » britanniques avec Zanzibar et l'Est africain à l’aide de paquebots ayant la vitesse et les installations que comportaient les exigences modernes.

De mème l’exemple français de Tahiti où, faute d’un service régulier français, presque tout le commerce est entre les mains des Anglais et des Allemands, montre que la do-

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mination politique ne peut suppléer à l'influence d’un service régulier (1).

3° Enfin les lignes de paquebots sont les utiles auxiliaires de la puissance militaire et navale du pays.

1l importe en effet que la métropole soit reliée, dans des conditions suffisantes de rapidité et de fréquence, aux points d'appui de la flotte et aux établissements militaires d’outremer. De plus, les paquebots constituent une précieuse réserve pour la Marine de guerre. Pour n'être plus la même qu'au milieu du xrx® siècle, leur utilité à cet égard n'est pas moins réelle. A l’époque où ont été créées les premières lignes régulières, les navires de guerre ne différaient guère des paquebots que par un plus fort échantillon ; quelques dispositifs, réalisés dès le temps de paix sans nuire à leur exploitation commerciale, permettaient de les transformer rapidement, dès l’ouverture des hostilités, en navires de combat. En raison des progrès réalisés par l'artillerie et par la protection, le paquebot ne peut plus actuelle ment prétendre à ce rôle, parce qu’il est trop vulnérable et qu'il ne peut recevoir des canons de gros calibre : mais comme il est toujours susceptible de recevoir une artillerie légère, il peut, s’il est suffisamment rapide, être utilement incorporé dans la flotte militaire comme croiseurauxiliaire pour donner la chasse aux navires de commerce ennemis, pour couper les câbles reliant la métropole ennemie à ses colonies, pour visiter les navires neutres suspects de contrebande et assurer le respect des blocuset il présente, actuellement encore, sur le croiseur de guerre, mieux armé, mieux défendu et aujourd'hui aussi rapide, l'avantage

d’avoir généralement des soutes à combustible plus vastes (1) Ambroise Calin, La navigation oommerciale au XIX® siècle,

page 222 : le commerce extérieur de Tahiti en 1893 était de

7.400.000 francs dont seulement 1.404.500 de ou pour la France.

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