‹ Des Conventions Conclues Entre l'État et les Compagnies Françaises de NavigationChapitre 6 sur 52 · PO EP TE · texte numérisé non relu

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et de disposer ainsi d'un plus grand rayon d'action. Pendant la guerre hispano-américaine, les paquebots de l’American line ont rendu degrands services à la marine des Etàts- Unis et au commencement de la guerre actuelle des paquebots rapides allemands tels que le Kaiser Wilhem et le Cap Trafalgar ont pu couler nombre de navires marchands alliés et échapper longtemps à nos croisières. En fait, toutes les puissances prévoient cette affectation éventuelle des paquebots portant leur pavillon et disposent, dès le temps de paix, à proximité de leurs ports d'attache, les canons et mu- nitions qui leur sont destinés.

Le paquebot constitue aussi un excellent transport de troupes et peut, grâce à son confort, à ses spacieux emménagements, à la stabilité que lui donne son fort tonnage, être transformé en bâtiment-hôpital. Sans les paquebots anglais et français, comment auraient pu être effectués le transport des effectifs de l’Armée d'Orient et l'évacuation des blessés ? et n'est-ce pas surtout sur les grands paquebots que l’on compte pour transporter en Europe, avec le minimum de risques, les troupes américaines ? La vitesse, en effet, qui diminue la durée de la traversée ct rend aussi l'attaque du sous-marin plus difficile, est Ja meilleure protection contre le torpillage (1).

«Le point de vue officiel de l’Amirauté, dit le rapport déjà cité du Select Committee de la Chambre des Communes, est qu’une flotte de paquebots rapides est nécessaire

(1) D'une statistique établie par la Chambre de Commerce de New- York et reproduite sous toutes réserves, par la Revue de la Marine marchande d'octobre 1917, nous extrayous les chiffres suivants :

Vitesse dee navires attaqués Pourcentage des navires eoulés, dans un temps donné, pour l’ensemble dela catégorie

comme réserve à la marine militaire, réserve appropriée à ses besoins etimmédiatement utilisable en temps de guerre ; elle (la Commission) déclare que telle est aussi l'opinion des Puissances étrangères... »

Ainsi, d'une part, l’exploitation des services maritimes réguliers et rapides est généralement peu rémunératrice” parfois déficitaire, d'autant plus aléatoire que la concurrence étrangère est plus vive, qu’il faut fournir une vitesse plus grande, quele trafic de la ligneà desservir est plus faible.

Et d'autre part les intérêts nationaux exigent la création de tels services, aussi confortables et aussi rapides que possible, dans certaines directions où la concurrence étrangère peut être très vive, ou bien encore pour desservir des établissements coloniaux peu prospères.

Ïl peut donc y avoir antagonisme entre les intérêts particuliers de l'exploitation et les intérêts généraux du pays.

Comment convient-il d'assurer la création des services d'intérêt général ?

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