III. Mais c’est chez la femme que le plus grand
(1) Paré, loc cit., liv. 23 , p. 662.
(2) Chopart, ouv. cit., 1. 11 , p. 111,
(3) Civiale, Traité de PatTec. calcul., p.82.
(4) Theanatomy of thehuman body , pl. 30.
(5) Auat. pathol. , pl. 3, lîg. 4.
(6) Mém. de F Acad, de Berlin , 1791 , p. 114.
nombre des cas de ce genre s’est présenté , et Morgagni, pour son compte , en a tant observé., qu’il s’écrie dans une de ses lettres : « Plut à Dieu que les « femmes de notre pays , sussent combien d’entre elles « ont été enlevées prématurément de cette manière , au a milieu des tourments les plus affreux (1 ). »
En 1692, Lamotte fut appelé par une fille âgée et dévote* qui s’était introduit dans la vessie une grande et grosse épingle ; elle éprouvait de vives douleurs , surtout lorsqu’elle marchait ou se remuait. Ce chirurgien reconnut, par le moyen de la sonde., la présence du corps étranger , et tâcha de l’attirer au dehors. Les premières tentatives furent infructueuses. En sondant cette fille pour la quatrième fois , l’épingle , par un effet du hasard, se trouva embarrassée au travers des deux trous de la sonde. Dès qu’il sentit de la résistance, en cherchant à retirer l’instrument , Lamotte introduisit le doigt médius de la main droite dans le vagin, et soutint l’épingle avec ce doigt pendant que de la main gauche il la tirait avec la sonde (2).
On est quelquefois parvenu à extraire ainsi chez la femme , des aiguilles arrivées dans la vessie , qui n’avaient point encore eu le temps de s’envelopper d’un calcul. M. Logau , dit M. Civiale (3), parle d’une grosse aiguille qui fut retirée chez une jeune fille ; elle était simplement incrustée. Chopart, Morgagni, Volpie,
(1) Morg., De sed. et caus. rtiorb., epist. 53 , §. 25 et suiv.
(2) Lamotte, Ouvr. de cliir., t. 11, p. 376.
(3) Loc. cit. , p. 88.
et d’après eux , M. Leroy d’Étiolles (1) , citent des faits analogues. Mais ces faits rares sont dus à l’habiletédu chirurgien et au hasard, plutôt qu’à l’excellence des moyens employés ; la preuve en est qu’on a échoué bien plus souvent qu’on n’a réussi , mal gré la brièveté et la dilatabilité de l’urètre chez la femme.
Molinetti a extrait de la vessie d’une jeune fille une pierre du volume d’un œuf, qui s’était formée autour d’une aiguille extrêmement longue (2). Alghisi a figuré un gros calcul traversé de part en part par une aiguille d’ivoire dont toute la pointe était libre , et qu’on trouva dans la vessie d’une jeune campagnarde (3).
Les annales de la chirurgie française renferment une foule d’histoires semblables que nous pourrions rapporter , si leur nombre n’importait moins que l’intérêt qu’ils inspirent. Néanmoins nous mentionnerons encore une jeune fille qui, ayant abandonné une longue épingle en fer qu’elle s’était glissée dans l’urètre , ne tarda pas à ressentir des douleurs si vives , qu’elle fut obligée d’invoquer les secours de l’art. On pratiqua la taille par le haut appareil ; un tiers de l’épingle servait de noyau à un calcul , et sa pointe traversait la vessie (4). A l’égard d’une autre, on mit en usage les deux procédés les plus rationnels en pareil cas Cette fille, qui rendait des urines pleines de matière gra-
(1) Recueil de lettres et de mém. adres. à l’Acad. des sciences, p. 227.
(2) Dissert. anat. palliol., liv. 6, ch. 8.
(3) Tratlalo di lilotomia , p. 12, pl. 3, %. 4.
(4) Mém. de l’Acad. des sciences, 1758, obs. 5.
veleuse , fut soumise à la dilatation de l’urètre ; après qu’on eut constaté avec la sonde la présence d’une pierre, qui paraissait avoir le volume d’un moyen œuf de poule , on retira enfin une épingle longue de trois pouces et incrustée , dont la pointe portait sur la région pubienne de la vessie., et dont la tête occupait le bas-fonds de ce viscère (1). De quelle manière cette extraction a-t-elle été opérée , l’auteur seul le sait.
IV. D’autres corps que des aiguilles ou des épingles ont été introduits dans la vessie. Colot parle d’un poinçon qu’un garçon de vingt-cinq ans s’introduisit dans l’uretre , et qui , lui ayant échappé , devint le noyau d’un calcul (2). Le même fait, dit M. Civiale , est reproduit avec quelques variantes dans les transactions philosophiques (3).
Tolet nous cite l’histoire d’un soldat italien qui s’introduisit dans l’urètre un ferret d’aiguillette , long d’environ deux travers de doigts et qui glissa dans la vessie. Au bout de huit mois, ce soldat vint à l’Hôpital de la Charité de Paris, où on le délivra du corps étranger par la taille. Le ferret était incrusté de matière pierreuse (4). Nous donnerons plus loin les détails d’une observation ayant pour sujet un militaire qui , comme le malade de Tolet, s’était introduit dans la vessie un ferret d’aiguillette. Cet homme fut heuseusement dé-
(1) Jour, de méd. , IX , p. 229.
(2) Traité de la taille , p. 176.
(3) 1678 , art. , n° 168.
(4) Tolet , Traité de la liihoto. , p. 35.
barrasse sans opération sanglante , grâce à l’un des instruments que nous avons inventés , et qu’on employa dans cette circonstance.
Lamotte pratiqua l’opération de la taille sur un garçon, en 1780 , à l’Hôtel-Dieu de Paris , pour une pierre qui était longue de quatre travers de doigt, et fort mince à proportion de cette longueur. Elle avait pour base un fil d’archal , que ce garçon s’était introduit dans le canal de l’urètre, et qui lui avait échappé sans qu’il pût le retenir (1).
Des tiges de plomb ont été poussées dans la vessie par certains malades qui , par ce moyen , croyaient se débarrasser d’une rétention d’urine. Chopart en rapporte un cas très-intéressant, ayant pour sujet M. Poinsable j gouverneur de la Martinique , que Ledran avait traité par des injections de mercure dans la vessie espérant dissoudre le corps étranger et l’amener au dehors à l’état liquide. Le malade lui-même se crut guéri , après une prompte amélioration dans son état , mais la mort étant survenue., on trouva la tige de plomb intacte , dans le viscère où elle séjournait depuis assez longtemps (2).
Nous trouvons dans le rapport fait à l’Académie de médecine par M. Civiale, sur un mémoire de M.Chaumet, chirurgien à Bordeaux , relatif à la taille et à la îithotritie , un fait plein d’intérêt que nous rapporterons avec quelques détails ; il a pour sujet un jeune homme
(1) Lamotte , Trait, de chir. , t. 11 , p. 585.
(2) Extrait des remarq. de Louis dans la trad. d’Astm, t. 11, p. 499.
de dix-huit ans , qui s’introduisit jusque dans la vessie un porte-plume métallique long de 9 centimètres. Après avoir pendant 27 jours , ressenti vivement des symptômes analogues à ceux que produisent ordinairement les calculs vésicaux , il réclama l’extraction du corps étranger. Plusieurs tentatives furent faites d’abord a l’aide du percuteur et du trilabe ; mais le tube ne put être retiré , V instrument le saississant toujours en travers. On se décida donc à la cystotomie par le procédé bilatéral ; le malade fut soumis à l’influence de l’éther , et l’on s’y prit à deux fois sans obtenir l’effet désiré. L’opération terminée heureusement , fut accompagnée de très-vives douleurs (1).
Un homme de Grenoble , âgé de soixante ans , était sujet «à une dysurie , pour laquelle il avait coutume de se sonder avec une espèce de canule longue de quatre pouces et demi , et plus grosse à un bout qu’à l’autre. Il était obligé de l’introduire de toute sa longueur pour parvenir jusqu’au sphincter de la vessie ; un jour il se l’enfonça si avant, qu’elle lui échappa et glissa dans le réservoir de l’urine. Son chirurgien tenta vainement l’extraction. Quatre heures après cet accident , il fut soumis à la taille par le petit appareil (2).
Une fille de dix-sept ans , avait l’habitude de s’introduire un gros morceau de bois dans le canal de l’urètre. Un jource morceau de bois ayant pénétré trop profondément, ne put être retiré, et parvint dans la vessie ;
(1) Civiale , 6e lettre sur sur la litholritie , 1848 , p. 1.
(2) Mom. de Mead, de chir. , 1. 111, p. 526.
M. Faure pratiqua , pour en faire l'extraction , l’opération de la taille vaginale (lj.
Chopart rapporte un cas analogue très-remarquable, qu’il tenait de M. Sernin de Narbonne , et qui a été souvent reproduit ; le malade mourut (2). Bonnet, Chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu de Clermont-Ferrand , a communiqué à l’Académie de chirurgie , en 1777 „ un fait identique ; le malade fut taillé. Un Suisse cité par Morand (3) , et lin homme de 30 ans dont Richerius rapporte l’observation (4) sujets tous les deux à la rétention d’urine , s’avisèrent d’introduire dans l’urètre un tuyau de pipe. Les tentatives pour extraire ces corps tombés dans la vessie , furent vaines , et il fallut recourir à la cystotomie.
M. Cloquet a extrait un morceau de bouchon , taillé en cylindre , qu’une femme s’était introduit dans la vessie (5). Enfin , Bénéroli assure avoir retiré de la vessie d’une jeune fille , un étui en bois à mettre des aiguilles, qu’elle s’était introduit trois mois auparavant. Ce corps avait sa surface couverte de matière calculeuse , et était en outre accompagné de plusieurs petites pierres et de quelques graviers (6).
(1) Annales deméd. prat. de Montpellier , août 1810.
(2) Chopart , loc. cit. , p. 114.
(3) Traité de la taille , p. 270.
(4) Éphem. cur. nat. dec. 2, an 6 , 1588 , obs. 196.
(5) Arch. gén. , t. XI , p. 466.
(6) Diss. et obs. 22 , p. 204,
Carlier (1 ) et M. Rétif (2) signalent des observations analogues qu’ils ont tirées de leur propre pratique , et pour lesquelles l’opération de la taille a toujours été nécessaire.
On trouve dans l’histoire abrégée de la cystotomie , par Saucerotte , l’observation d’un homme de 23 ans , qui , étant sujet à la dysurie et au pissement de sang , crut pouvoir se soulager , en s’insinuant dans la verge un fragment de tube de baromètre , long de quatre pouces neuf lignes et demie sur trois lignes et demie de diamètre ; il poussa ce tube jusqu’à ce qu’il vit couler l’urine de sorte que l’extreraité antérieure ne débordait plus l’ouverture du gland. Les tentatives qu’il fit ensuite pour le retirer furent vaines; il ne réussit qu’à l’enfoncer davantage. Au bout de trois mois on pratiqua l'extraction par l’opération de la taille.
M. Civiale qui rapporte ce fait , et dont le livre sur l’affection calculeuse contient beaucoup d’exemples de corps étrangers ayant servi de base à des calculs vésicaux , fait mention d’un jeune homme de vingt ans qui, comme le précédent, s'était introduit un tuhe de baromètre dans la vessie, d’où ce chirurgien l’a extrait (3). Nous employons cette dernière expression pour reproduire le langage de l’habile praticien , car il n’est par-
(1) Précis d’opér. de chir. , p. 169.
(2) Dissert- sur les corps clrang. — Ittlrod. dans la vessie. Thèse , p. 22 à 24- , Paris 1811. — Voir la planche.
(3) Civiale , loc. cil. , p. 109.
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vcdu qu’à briser dans la vessie le lube de verre , dont les fragments ont ensuite été expulsés par l’urine.
Nous pourrions continuer l’énumération , déjà longue , que nous venons de faire , en rapportant un grand nombre d’autres faits ; mais elle nous paraît suffisante pour prouver combien est fréquente l’inlro duction accidentelle des corps longs et droits dans la vessie.
V. Les exemples de corps courbes, trouvés dans la cavité vésicale, sont beaucoup moins nombreux que ceux de corps droits , et à l’inverse de ces derniers , ils nous sont presque toujours fournis par des hommes. Ces deux circonstances s'expliquent facilement ; pour s’en rendre compte , il suffit de considérer , en s’appuyant sur les faits , que les corps longs introduits par l’urètre dans un but coupable , sont constamment droits , tandis que ceux qui sont introduits dans un but thérapeutique t sont courbes le plus souvent ; et que , d’un autre côté , les corps trouvés dans la vessie chez la femme , n’ont presque jamais été introduits dans un but chirurgical , tandis que le contraire a lieu chez l’homme. Les observations que nous allons rapporter , comparées à celles que nous avons données , prouveront ce que nous venons de dire.
VI. Exemples de corps courbes et (lexibles , introduits accidentellement dans la vessie par l’urètre. — Il arrive quelquefois que les sondes ou les bougies dont on se sert pour vider la vessie ou dilater les rétrécissements de l’urètre , étant de mauvaise qualité , se rompent et restent dans le canal , pour être bientôt portées dans la
vessie. Il n’est pas rare non plus , que le malade ayant négligé de les fixer , elles glissent jusque dans le réservoir urinaire.
La première taille que j’ai faite a l’Hôpitaî-Royal des Invalides, dit Morand (1) , fut sur un cavalier du régiment de Beaujeu , qui m’assura avoir perdu dans la vessie le bout d’une sonde de plomb qu’il avait fabriquée îui-mème. Je chargeai ce corps étranger avec ma lenette , et je le ramenai facilement, bien qu’il fût pris par le milieu , parce qu’il était ployé.
Deux fois en peu d’années, on a pratiqué l’opération de la taille, dans l’un des hôpitaux de Paris, pour extraire des sondes qui n’étaient dans la vessie que depuis peu de jours. On eut beaucoup de peine à les trouver et à les saisir avec les tenelîes ; l’opération dura longtemps. M. Molinié l’a pratiquée à Bordeaux pour le même motif (2).
Un jeune homme négligea de fixer pendant son sommeil, une bougie dont l’usage lui avait été ordonné; la bougie tomba dans la vessie. Il fut longtemps sans en éprouver d’incommodité notable , mais plus tard il ressentit des douleurs dont l’intensité toujours croissante l’obligea , dix mois après , à se faire tailler. White lui retira de la vessie une pierre ovalaire , dont le pourtour était formé par une substance blanchâtre recouvrant la bougie pelotonnée sur elle-même (3). Un homme
(1) Mém. de F Acad, de chir. , 1. 111 , p. 524.
(2) Lancette française , 45 janvier 1832.
(3) Hist. de la Soc. de méd. de Paris, 1780, p. 282.
de 35 ans, qui avait commis la même imprudence , fut contraint, un an après, de se soumettre à la cystotomie. On retira une pierre molle et mamelonnée , qui avait pour noyau une bougie repliée sur sa longueur et incrustée de toutes parts (1).
Wilson cite plusieurs faits analogues (2), Louis a extrait de la vessie une bougie qui ne s’y était glissée que depuis trois jours , et qui cependant déterminait des douleurs assez vives pour rendre l’opération indispensable $ repliée trois fois sur elle-même, elle avait en cet état deux pouces de longeur , était aplatie , et présentait à sa surface une couche épaisse de mucosités glaireuses (3).
VII. Exemples de corps courbes et inflexibles introduits accidentellement dans la vessie , par Vurèlre . — Parmi les instruments que le chirurgien introduit dans l’urètre ou jusque dans la vessie , les sondes et les bougies ne sont pas les seuls qui puissent tomber dans cet organe. Les lithotribes ne peuvent pas , il est vrai, y pénétrer tout entiers , mais ils sont susceptibles de se briser , lorsqu’ils ne sont pas de bonne qualité , ou lorsque la pierre à broyer étant très-dure, l’opérateur fait un effort auquel l’instrument ne peut résister. Cet accident est rare, parce qu’on a soin d’essayer les lithof riteurs avant de les employer , et que d’ailleurs les chirurgiens sont en général assez prudents pour régler l’énergie de
(1) Chopart, loc. cit., I. 11, p. 107.
(2) Lectures , p. 184.
(3) Chopart , loc. cit.
leur action sur la résistance probable de l'instrument. Cependant , malgré toutes les précautions , il casse quelquefois, et l’extrémité courbe de la branche rompue reste dans la vessie. C’est ordinairement au point de jonction de la partie courbe avec la partie droite que se fait la rupture , et cela se conçoit , car c’est sur cet angle que porte surtout l’effort ; mais il n’est pas impossible qu’elle ait lieu ailleurs.
Dans un des grands hôpitaux de Paris, dit M. Leroy, d’Etiolles (1) , un instrument trop faible, sans doute, et qui n’avait pas été suffisamment éprouvé, se rompit sur une pierre très-dure, La rupture eut lieu dans la portion courbe delà mâchoire fixe formée de deux divisions ; l’opérateur, homme du plus grand mérite, et auquel il serait injuste d’attribuer ce malheur, croyant que le craquement avait été produit par la pierre > ne sa* perçut qu’à la sortie de l’instrument de Fabsence de la portion courbe de la mâchoire femelle. Les deux branches étaient d’inégale longueur. L’extraction ne put être tentée , le malade avait une double néphrite , et la taille même ne put être pratiquée: la mort eut lieu.
Le chirurgien auquel nous avons emprunté cette observation , a cité à l’Académie des sciences le fait d’un enfant de six ans , de la Ferté-sous-Jouare , dans la vessie duquel se brisa l’extrémité de l’une des branches de l’instrument employé pour broyer un calcul. Le fragment , engagé par hasard dans les yeux d’une
(1) Leroy (d’Etiolles) , loc., cit, p. 236.
sonde introduite daus la vessie, fut entraîné jusque vers le bulbe de l urètre où il s’arrêta ; on réussit à en faire l'extraction (1).
VIII. Exemples de corps sphériques ou se rapprochant de la forme sphérique , introduits accidentellement dans la vessie par Vurèlre. — Le nombre des observations relatives aux corps sphériques introduits dans la vessie , est de beaucoup moins considérable que celui des corps longs , et l’on conçoit qu’il ne peut en être autrement. Les corps sphériques, en effet , ne sont jamais introduits par l’urètre dans un but thérapeutique , et d’un autre côté , les masturbateurs des deux sexes en usent trèsrarement, parce que les corps longs facilitent davantage leurs coupables manœuvres. Cependant , la science nous fournit des exemples très-curieux , dont nous allons rapporter les principaux.
Nous avons mentionné , au commencement de ce chapitre j le cas singulier d’une femme dont parle Morand , laquelle fut délivrée par l’illustre chirurgien d’une pomme d’api tombée dans la vessie (2). A côté de ce fait si extraordinaire viennent se ranger les suivants :
Paré dit avoir vu une noix au milieu d’une grosse pierre (3). Dans une des collections de Londres , il existe un calcul extrait de la vessie d’une femme
(1) Leroy ( d’Etiolles) , loc. cit. , p. 254.
(2) Chopart, loc. cil. , t. 11, p. 119.
(3) Liv. 25, c. 15, p. 662.
qui a pour noyau une noiselte (1) ; ce calcul a été retiré par Wilson.
Un jeune homme qui souffrait beaucoup de la dysurie , et qui attribuait celte difficulté d’uriner à un obstacle existant dans le canal, crut y porter remède eu s’introduisant dans l’urètre trois haricots , qu’il eut soin d’enfoncer autant que possible ; ces haricots tombèrent dans la vessie, et y donnèrent lieu à trois pierres grosses chacune comme un œuf de pigeon , qui , un an après , rendirent l’opération de la taille nécessaire (2).
Pouteau a également retiré, par la taille, une pierre friable , de la forme et du volume d’une amande , qui contenait un haricot (3).
Le second malade que j’ai opéré par la lilhotritie , dit M. Civiale (4) , avait une pierre dont le noyau était un haricot ; et plus loin le même chirugien dit encore : J’ai lithotritié , à la Pitié , dans le service de M. Lisfranc , un homme qui souffrait beaucoup depuis plus de onze mois ; sa vessie contenait un gros pois , qui fut écrasé par la pince ; mais ce pois n’était encore couvert que d’une couche mince de substance calcaire (5).
(1) Howship, p. 8T.
(2) Mém. de l’Acad. de chic. , !.. IX , p. 339, pl. 18.
(3) OEuv. posth. , l. 111, p. 290.
(4) Traité de l’affec. calcul., p. 110.
(5) Ibid. , p. 111,
§ ï. Des «lasagers occasionnés paa* I» présence des corps étpaaagecs venus dis dehors dans la vessie.
I. La tolérance de la vessie à l’égard des pierres qui se sont formées peu à peu dans sa cavité , est un fait hors de doute , bien qu’elle ne soit pas constante ; on voit en effet tous les jours des individus porteurs de calculs vésicaux n’en éprouver aucun dérangement. En est-il de même pour les corps étrangers venus du dehors ? Quelques faits rares , cousidérés isolément , semblent autoriser une réponse affirmative. Ainsi, nous avons rapporté l’observation de M. Poinsable , dont la santé se rétablit si complètement qu’il se crut débarrassé de la tige de plomb , pour laquelle Ledran lui avait injecté du mercure dans la vessie ; nous avons encore cité le cas d’un jeune homme qui fut plusieurs mois sans éprouver d’incommodités notables, bien qu’il eût une bougie dans la vessie , et l’on a vu des balles ou d’autres corps rester pendant quelques années dans une poche accidentelle , sans modifier la sensibilité de l’organe. Mais ces faits sont exceptionnels , et l’on ne peut s’empêcher de reconnaître , que la présence, dans la cavité vésicale , des corps étrangers, venus du dehors cause presque toujours des accidents aussi prompts qu’effrayants. D’ailleurs la tolérance, quand elle a lieu, est momentanée , et au bout d’un temps plus ou moins long, l’état du malade ne manque pas de devenir trèsgrave.