FRANÇAISES
L'Allemagne, virtuellement, est vaincue. Nous avons remporté sur elle trois formidables victoires.
La première : nous lui fîmes croire, sans avoir voulu la jeter dans cette erreur, que nous avions poussé la classique légèreté française jusqu'à l'inconsistance, jusqu'à la déliquescence. Indiscipline sur toute la ligne. En politique, en littérature, en art, absence totale d'unité. Notre armée nationale ne pouvait que reproduire les vices de la nation civile. Il faut avouer que jamais nous ne fîmes le moindre effort pour donner à penser au monde que nous étions, au fond, des croyants et des enthousiastes. Nous jugeant affaiblis au point d'être incapables d'une résistance sérieuse, ces vaillants Teutons choisirent leur moment, et, par millions, tombèrent sur cette méprisable France, à travers la chère Belgique qu'ils ont traitée