‹ Des cris dans la mêlée, 1914-1916Chapitre 36 sur 55 · FENÊTRE D'HOPITAL · texte numérisé non relu

FENÊTRE D'HOPITAL

mais pour ses fumées puantes et homicides?

Ce qu'il penserait, nous le savon-s car c'est lui, Gœthe, qui a écrit : « Les Prussiens sont nés cruels; la civilisation les rendra féroces... ».

Par ma fenêtre ouverte, voici que dans ma chambre entre tout à coup la diane, claire comme les cuivres qui la sonnent et où se mire le soleil levant.... La diane sonne. La vie recommence aujourd'hui, toute pareille à celle d'hier. Quel est ce bruit de mer roulant des galets vers la plage, pour les reprendre aussitôt en les entraînant dans son mouvement de recul? La mer est trop loin d'ici pour être entendue. Ce bruit régulier, pareil à celui des plages caillouteuses, qu'est-ce donc? C'est le bruit des mitrailleuses : dans les gorges de la haute colline, au-dessus de l'hôpital, nos soldats s'exercent. On tire sans relâche. L'écho des vallées répercute le crépitement des balles.... La guerre! la guerre! l'abominable guerre allemande, l'admirable défense française, la vision des batailles, des douleurs, des héroïsmes, des calamités, des sublimités, entre par ma fenêtre avec le bruit de marée que font au loin les mitrailleuses et les fusils.... Quand te tairas-tu, marée infernale? Quand ne te ver-

rai-je plus en rêve, marée de sang? Oh! la France aimante, la France libre et fîère, la France humaine, sauvez la France, l'espoir du monde, canons, fusils, mitrailleuses, engins maudits que la légitimité des droits défendus rend sacrés ! . . .

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