LA RENAISSANCE PAR LA VICTOIRE
morale un fondement, sans lequel ils ne sauraient l'admettre comme un impératif qui les oblige malgré eux, voici ce que je trouve. Quelle est la plus haute règle de la morale, par conséquent la plus difficile à imposer et à suivre'^ — C'est la loi du sacrifice. L'instinct naturel veille à ma conservation, tandis que la loi morale, en certains cas, commande le dévouement. Ce dévouement, par quel moyen parviendrai-je à le faire accepter comme un devoir, si je ne peux invoquer les sanctions divines? D'une façon très simple, en montrant qu'il est, dans certains cas, d'une nécessité si évidente pour le salut de la race, qu'on ne s'y peut dérober et qu'on l'accepte sans résistance, et même qu'on y vole, qu'on s'y rue d'instinct. Eh bien, la guerre actuelle nous a apporté la révélation subite, éblouissante, de cette nécessité. En 1914, avant le mois d'août, toutes les vertus qui tiennent du renoncement semblaient mises en oubli. Si quelqu'un en évoquait le souvenir, celui-là soulevait des railleries joyeuses ou de graves négations. Être réahste en littérature, c'était proclamer la veulerie humaine comme la seule réalité. Au mois d'août de la même année, tout fut changé brusquement. Chacun se sentit l'étoffe d'un héros et le fit bien voir. On se
passe de confort, on est endurant, on meurt avec un sourire, on est le dévouement quotidien; on retrouve les mots Pairie et France.... Ne voyez-vous pas bien apparaître le fondement de ces vertus, c'est-à-dire de lapins haute morale^ de la plus difficile à suivre? Où est-il? Dans la nécessité de défendre la collectivité qui est notre protection, la source de notre bienêtre. Sans cette morale du dévouement, on n'a devant soi que la mort de la race. Donc la morale la plus mystique se révèle comme, la plus rationnelle. Q. E. D.