‹ Des cris dans la mêlée, 1914-1916Chapitre 8 sur 55 · DE JEAN D'AURIOL · texte numérisé non relu

DE JEAN D'AURIOL

Mon ami Jean d'Auriol est un homme à surprises. On lui accorde quelque bon sens, mais jusqu'ici il ne lui était pas arrivé de trouver à lui seul une idée à la fois ingénieuse, saisissante et pratique. Bref, ni l'imagination ni les combinaisons financières n'étaient dans ses moyens, ou, du moins, il n'y paraissait pas.

Voici qu'il entre ce matin avec une pipe neuve entre les dents; et, sur les lèvres, sous le pli de la moustache, un petit air narquois que je lui connais bien, et qui, chez lui, annonce du nouveau, un nouveau dont il est satisfait.

Il s'assied, s'installe en silence, allume sa pipe neuve, en tire et souffle trois ou quatre bouffées de plus en plus importantes; puis, croisant les jambes, renversé dans un fauteuil, il commence sans autre préambule :

— Mon cher ami, vous qui aimez les bonnes

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