‹ Des crises générales et périodiques de surproductionChapitre 15 sur 100 · BATIMENT · texte numérisé non relu

BATIMENT

Le but de ces différentes sociétés était extrêmement varié ; mine, métallurgie, commerce de banque, chemins de fer, textile, bâtiment. Mais la plus forte part du capital était afférente aux mines, aux usines de produits demi- ouvrés et aux chemins de fer. Comme de nos jours, dès cette époque, la grande banque de crédit à la production se trouve à la tête de ce mouvement. Gelsenkirchen, de nos jours l'une des plus grandes entreprises intégrées du bassin de la Ruhr, date de cette époque; ses actions sont émises par la Diskontogesellschaft. De même, la Laurahutte, société de forges, voit le jour en 1871, sous les auspices de la maison Bleichrœder (l56).

En Autriche, les sociétés pour se constituer devaient obtenir une autorisation gouvernementale; aussi, disposonsnous de statistiques précises. Le nombre des sociétés créées passait de 32 en 1868 et déjà 141 en 1869 à 376 en 1872, avec un capital versé de 936,2 mill. FI. en 1869 et 1.798 en 1872 ("7).

L'Angleterre, du reste, participait elle aussi à l'essor, mais indirectement; car c'est surtout à ses exportations, soit aux Etats-Unis, soit en Allemagne, qu'elle était redevable de la

(156) Cf. Hiibener, op. cit., p. 103.

(157) Pour plus de détail concernant ces créations de sociétés nouvelles en Allemagne et en Autriche, Cf. Wirth, op. cit., p. 401-513. Uiibener, op. cit., p. 5S-80 et 135, 13!'».

prospérité de sa production (l58). Le nombre des sociétés créées s'y élevait progressivement de 595, avec un capital nominal de 38,3 mill. £ en 1870 à 1.234 en 1873, représentant un capital nominal de 152,1 (l5o).

En présence d'une demande si pressante de moyens de production et d'objets de consommation, les prix ne pouvaient manquer de hausser. Ils s'élevèrent, en effet, el; même atteignirent en rien de temps des hauteurs vertigineuses. Comme toujours, les produits de l'industrie minière et métallurgique tenaient la tête du mouvement de hausse.

Cf. Tabl. I, aux Annexes.

Le portefeuille des banques, particulièrement celui des banques d'émission, progressait rapidement (l6°).

(158) Les exportations de Grande-Bretagne en Allemagne -passaient de 2S,3 millions k. en 1870 a 43,1 en 1872; les plus fortes augmentations appartenaient au fer, à l'acier, à la houille {Statistical Abstract, 1873).

(139) Cet esprit d'entreprise, surtout en Allemagne, mais aussi dans les autres pays, avait- été vivement stimulé par le paiement de l'indemnité de guerre française. Cette indemnité avait reçu, en effet, une double affectation : elle avait servi : 1° à rembourser les dettes particulières des différents Etats allemands; 2° à introduire en Allemagne le monométallisme or et à démonétiser l'argent.

La première opération avait tout naturellement amené une surabondance de capitaux cherchant un placement; par suite, l'intérêt avait diminué. L'industrie saisit l'occasion et, sans plus tarder, de nouvelles sociétés par actions se créèrent. L'industrie allemande profita de toutes ces commandes; mais comme elle ne pouvait les satisfaire toutes, l'industrie étrangère et notamment l'industrie anglaise en profitèrent elles aussi. Une bonne partie de l'indemnité de guerre fut, grâce à ce système, soldée en marchandises. L'Allemagne achetait les produits soit en France, soit en Angleterre. L'Etat français les soldait avec ses emprunts. Ainsi s'explique, que l'or français ne soit pas sorti en plus grande quantité. Gutmann. Das franzœsische Geldicesen im Krieyc (1870-1878). Strasbourg. Tùbner, 1913.

(100) L'encaisse ne diminue pas, même pendant l'essor, ce qui n'est pas normal. Cela vient, sans doute de ce que dans une certaine mesure, le paiement de l'indemnité de guerre fait affluer l'or en Allemagne. D'autre part, l'essor est surtout intérieur et à l'intérieur l'accroissement de la circulation billet équivaut à une augmentation du stock métallique.

BILAN DE LA PREUSSISCHE BANK (l'LL'S TARD REICHSBANk) (d'après Dict. de Conrad ; mot : Bank1.

Mi». Mk.

Encaisse. Porfeuille. Prêts et avances. Circui. biil jt.

La Bourse, en présence de l'afflux des milliards français, croyait à une hausse indéfinie des valeurs mobilières, surtout des valeurs industrielles. L'on délaissait de plus en plus le fonds d'Etat. La Bochûmer Bergwerksgesellscbaft, notamment, qui cotait 109 en 1869, valait 377 en 1873; la ligne Cœln-Minden, de 119 en 1869, passe à 169 1/2 en 1872. La spéculation était effrénée à Berlin et surtout à Vienne.

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