VI PRÉFACE
des marchandises, la consommation, le crédit se développent; les revenus (salaires, dividendes, intérêts) haussent. Le chômage diminue ou disparaît. L'épargne s'accroît. Les prix s'élèvent. Au bout d'un certain nombre d'années (3 à 5 ans) les courbes se renversent. C'est la baisse sur toute la ligne : la production, la consommation, les revenus fléchissent, le chômage reparaît. A la prospérité des affaires suc cède le marasme.
Non seulement l'organisme tout entier est atteint, il l'est presque en tous pays; la solidarité économique, toujours plus étroite, unissant les marchés économiques, transforme la crise en un phénomène international ou mondial. Les crises les plus récentes, 1907, 1913, 1920, ont été des crises mondiales. Et désormais les observations sont assez nombreuses, assez précises, portent sur un espace de temps suffisant (près d'un siècle) pour qu'aucune divergence appréciable existe entre économistes sur le phénomène lui-même et sa portée. Cette unanimité permet d'affirmer le caractère scientifique de cette observation.
Mais après avoir étidili un phénomène, on est tenté d'en rechercher la cause. Ici paraît un désaccord. Pour certains économistes, ces alternatives tiendraient à ce que la production est tantôt inférieure, tantôt supérieure aux besoins, l'offre est-elle inférieure à la demande, les prix haussent, avec eux les profits. De nouvelles entreprises se créent. Mais avant de produire, ces entreprises exigent d'être organisées ; un outillage nouveau doit être fabriqué. Pendant un certain temps, le temps nécessaire èi cette fabrication, la métallurgie est en pleine prospérité, l'industrie en général aussi : Coffre reste inférieure à la demande. Dès que l'outillage supplémentaire entre eu fonction, le phénomène se renverse : l'offre excède la demande. Il y a surproduction. Et la surproduction est générale car. partout, on aura créé un outillage supplémentaire. Partout l'offre excède l'intensité des besoins.
Cette doctrine de la surproduction générale se heurte à la loi des débouchés. La surproduction générale n'est guère concevable : les produits s'échangent contre les produits. Au