‹ Des crises générales et périodiques de surproductionChapitre 30 sur 100 · IV-nler Berjrwerks Hiilten verein · texte numérisé non relu

IV-nler Berjrwerks Hiilten verein

Phœnix.

c) Haule-Silésie. — L'industrie silésienne, privée dès 1899 de la clientèle russe et en 1900 de sa clientèle allemande, s'achemine vers une dépression. Mais la limitation de la production, l'abaissement des prix y furent plus lents et plus modérés que dans les autres régions de l'Allemagne. La production de fonte n'était en 1901 inférieure que de 100.000 tonnes à celle de 1900.

Dans le bâtiment, le nombre de maisons vides augmente, du 3 novembre 1900 au 3 novembre 1901, à Essen, de 1/2 % à 3,4 %; à Mannheim, de 1,8 % en mai 1900 à 6, 1 en mars 1901 (39«); à Magdeburg, de 0,18 en 1900 à 0,49 en 1901 et 1,21 en 1902 (399); à Dresde, de 4,39 en 1900 à 6,70 en 1902 (4°°). Cet accroissement portait soit sur les petits logements, soit sur les habitations de luxe; la popula-

(397) Cahver et Jastrow, Geicerskschaften, Einzelne Geicerbe, op. cit., p. 140 et 141.

(398) Eulenburg, Die gegenweertige Wirtschafskrise. Revue de Conrad, 1903, t. XXIV, p. 321.

(399) Silbergleit, Zur Bodenentwickelung Magdeburgs. Publications du Verein fur Sozialpolitik, t. CXI, p. 20o.

(400) F. Hecht, Dresden und die Grundstuckskrisis. Publications du Verein fur Sozialpolitik, t. CXI, p. 242.

tion ouvrière était refoulée vers les campagnes (4°:); le gros capitaliste, touché par la diminution de ses revenus, prenait un loyer moins cher ou retournait sur ses terres. A Munich, la demande de petits logements ne diminue pas, mais il en va autrement pour les maisons et appartements de luxe (4°2). De même à Halle, Chemnitz, Dresde, Elberfeld, Francfortsur-le-Mein, Posen, Dantzig.

La crise de l'industrie du bâtiment avait à la fois pour causes la crise du bâtiment, qui décourageait partout la construction et la crise industrielle, qui mettait un terme brusque aux constructions industrielles t7*02 bis). Nous avons déjà examiné ces premières causes. Il n'en est. pas de même de toute une série d'autres accessoires en comparaison des deux premières, mais cependant importantes a connaître : la cherté du crédit, des matériaux et des salaires (-''°2 ter). Nous avons vu quel rôle important le crédit avait joué dans l'extension des villes industrielles allemandes : le crédit devenant plus cher, on fut amené à ralentir la construction. Non seulement le crédit était devenu plus cher, mais le prix des matériaux, le taux des salaires avaient augmenté. Ainsi l'on devait servir au prêteur un intérêt plus élevé et, avec la somme empruntée, on obtenait moins de marchandises et moins de travail. Tant que l'essor dura et que la hausse des loyers compensa l'élévation du taux de l'intérêt, du prix des marchandises, des salaires, tout alla bien; il n'en fut plus de même à partir de 1900.

Le crédit hypothécaire, après avoir eu à répondre à une demande sans cesse plus active de crédit trouve des emprunteurs de moins en moins nombreux. Mais le taux d'intérêt à servir sur les Pfandbriefe s'était élevé. Plusieurs banques

(401) Silbergleit, op cit., p. 205.

(402) Maass, Die Enticickelung der Bodenverhœltnisse in Miïnchen. Publications du Verein fur Sozialpolitik, t. CXI, p. 416. Calwer, Handel und Wandel, 1901, p. 154.

(402 bis) Calwer, eod. toc, p. 155.

(402 ter) Eulenburg, art. cit., p. 859 et suiv. M. Calwer évalue de 22 à 33 °/0 l'élévation du coût de production. Calwer, Handel und Wandel, 1900, p. 118.

hypothécaires chutèrent (4°3). Les Sociétés de construction réduisaient leurs dividendes. Beaucoup d'artisans du bâtiment, victimes des fraudes de leurs clients, firent faillite. Dès la fin de 1900, le chômage excédait ce qu'il était les années précédentes et, en 1901, le nombre des ouvriers, occupés dans l'industrie du bâtiment diminuait rapidement. Mais le taux du salaire ne diminuait pas ou diminuait peu ('»o/i)- En octobre 1900, M. Calwer évalue le nombre des maçons sans travail pour la seule ville de Berlin à 7.000 (4°5).

L'industrie du ciment par contre-coup, se trouvait en proie à une surproduction marquée; pendant l'essor elle avait doublé sa production. La crise venue, elle n'avait, pour ainsi dire, plus de commandes (4°6). La crise l'atteignit si durement nue ses cartels s'effondrèrent, et, en 1905, elle était encore loin d'avoir retrouvé son assiette normale (4°7). En 1901, notamment, le Syndikat der Nordwest-Mitteldeutschen Fabriken croulait à la suite d'une limitation de la production de ses membres de 50 %. On essayait, mais en vain, de le reformer (4°8).

Dans l'industrie de la brique, où déjà existait un rudiment d'organisation sous forme de Verkaufsvereine (associations de vente), la crise eut l'effet inverse; après s'être très vivement concurrencées au début de 1900, les briqueteries arrivèrent parfois à former des syndicats puissants. C'est ainsi que les Verkaufsvereine de Dortmund, -Essen, Gelsenkirchen, Herne, Recklinghausen, Hamm, Hagen,

(403) Giraud, Des banques hypothécaires, Paris, Rousseau, 1901 (thèse), p. 85-128. Kritzler, Preussische Hypotheken-Aktien-Bank... Publications du Verein fur Sozialpolitik, t. CXI, p. 3 s., soutiennent que cette crise était due uniquement aux manœuvres de leurs directeurs. Il ne nous le semble pas. Car toutes les banques hypothécaires étaient plus ou moins dans l'embarras, du fait de la crise. Les plus mal administrées chutèrent. Mais c'est la crise qui décèle leur mauvaise administration. Voir sur ce sujet notre première édition, p. 332 et 333.

(404) Calwer et Jastrow, Einzelne Gewerbe, op. cit., p. 171 s.

(405) Calwer, Handel und Wandel, 1900, p. 117.

(406) Calwer, Handel und Wandel, 1900, p. 120 s., 1902, p. 157 s.

(407) Sur les difficultés où se débat l'industrie du ciment en décembre 1905. Cf. Berlincr Tageblatt, 21 décembre 1905, n° 649, 28 décembre 1905, n° 058.

(408) Calwer, op. cit., 1900, p. 122 et 123.

Oberhausen et Witten réussirent dès février 1900 à former un cartel pour cinq ans (4°o).

L'influence de la crise sur l'industrie textile n'était pas tus considérable. Le coton et la laine, dont la valeur avait augmenté et très fortement en 1899 et 1900, avaient baissé dans la deuxième moitié de 1900, c'est-à-dire au moment où la crise commençait à nettement se faire sentir. Les chômeurs de l'industrie de fer, d'autre part, venaient demander du travail à l'industrie textile, qui pouvait, de ce fait, abaisser ses salaires.

La crise faisait cependant sentir son influence.

Dans l'industrie linière, notamment, la crise avait amené un retour des acheteurs de tissus de lin vers les cotonnades toujours meilleur marché; aussi la lingerie avait réduit ses salaires de 20 à 23 %, et, le luxe ayant diminué, la confection des faux-cols et des manchettes occupait, en 1901, 10 % d'ouvriers de moins qu'en 1900 (ftI°).

Beaucoup d'artisans étaient sans travail pendant l'hiver 1901-1902.

Dans l'industrie colonnière, en 1900, on limite la production (4n). Après avoir porté sur différentes usines isolées en 1900, la limitation s'étendait en 1901 à la généralité des entreprises : tissages ou filatures.

Le nombre des ouvriers occupés, soit dans l'industrie de la laine, soit dans l'industrie du coton, tombait de 660.024 en 1900 à 651.772 en 1901. Les dividendes diminuaient, souvent tombaient à rien; sur 44 tissages par actions, 25 en 1900, et 33 en 1901, ne distribuaient pas de dividendes (4«).

L'industrie lainière souffrait du manque de débouchés. L'ouvrier de l'industrie du fer, consomme beaucoup de tissus de laine pendant son travail. Les dividendes, après avoir haussé en 1899, s'effondraient en 1900-1902 (4i3).

(409) Calwer, op. cit., 1901, p. 162.

(410) Potthoff, Die Leinenindusirie, Publications du Verein fur Sozialpolitik, t. CV, p. 97 et 101.

(404) Sybel, op. cit., p. 136.

(412) Sybel, op. cit., p. 149.

(413) Kuntze, op. cit., p. 249 s.

L'effet de la crise sur le cartel était ici l'inverse de ce qu'il était dans l'industrie cotonnière et la crise était le signal de l'accroissement du nombre des outsiders (/»l/»).

La brasserie, la boucherie, la cordonnerie, la parfumerie, îa chapellerie, l'horlogerie, étaient, elles aussi, frappées par la crise. Le nombre des artisans déclarés en faillite, de 3.994 dans le premier trimestre de 1900, passait à 4.690 dans le trimestre correspondant de 1901. Aussi, l'artisan tendait de plus en plus à remplacer la main-d'œuvre adulte et bien rémunérée par la main-d'œuvre adolescente, le compagnon par l'apprenti. Un mouvement s'ensuivit dans les rangs des compagnons et leurs réclamations eurent l'oreille du législateur; une loi intervint sur la réglementation de l'apprentissage et la fixation du nombre des apprentis.

Les chemins de fer, par suite de l'élévation de leur coût d'exploitation, voyaient, dès 1900, dimi uer leurs profits nets, malgré l'augmentation de leurs recettes brutes; mais en 1901, c'étaient tout à la fois les recettes nettes et les recettes brutes qui diminuaient, passant, les recettes brutes totales de 2.034,1 mill. Mk en 1900 à 1.976,2 mill. en 1901; les recettes nettes, de 740,9 mill. à 662,8 mill.

Il en était de même des transports maritimes. Toutefois, la politique d'exportation suivie par les cartels permettait aux Compagnies de navigation de supporter le premier choc, et ce n'est guère qu'en 1901-1902 que la dépression se fait réellement sentir sur les grandes compagnies de navigation.

Le revenu net baissait, avec lui les dividendes; de 10 % en 1900, il passait à 6 en 1901 et 4 1/2 en 1902 pour la Hamburg-Amerika, de 8 1/2 % à 6 et 0 pour le Norddeutscher Lloyd.

Moins riche en capital, dotée d'un outillage inférieur, jouissant d'un moindre crédit, surchargée des intérêts élevés des emprunts contractés pendant l'essor, la petite entreprise de navigation cédait en face de la grande (4l5).

(414) Kuntze, op. cit., p. 237 s.

(415) Tandis que la part du tonnage des cinq grandes Compagnies dans le tonnage total de la marine allemande ne représentait en 1896 que 46 0/0, en 1897 44 0/0, en 1S9S 46 0/0, en 1899 49 -0/0 et en 1900 ol 0/0, en 1901,

La grande société de navigation intégrait des mines, des chantiers de construction, des ateliers de réparation. Le Norddeutscher Lloyd achetait de concert avec Krupp la mine de houille Emscher-Lippe, concluait un accord financier avec les chantiers Stettiner Vulkanwerfte et avec la maison John Elder et G., agrandissait en 1901, les ateliers de réparations Bremer Reparaturwerkstaette; acquérait en 1902 une participation dans la Norddeutsche Maschinen-und Armaturenfabrik. La Hamburg-Amerika suivait l'exemple du Norddeutscher Lloyd, mais, plus timide, elle se contentait d'assurer par elle-même l'aménagement intérieur de ses grands paquebots et les réparations nécessaires; elle n'acquérait ni mine de houille, ni participation dans des fabriques (*l6).

On concluait enfin des ententes destinées à modérer une concurrence ruineuse, on concluait des associations d'entreprises (Betriebsgemeinschaft) .

La simple entente constituait un mode assez anodin de concentration; deux ou plusieurs Compagnies s'entendent pour se répartir le champ d'action où elles étaient jusqu'alors en compétition. Nous citerons Y International Mercantile Marine Company, qui a écarté toute concurrence américaine ou anglaise au profit des Compagnies allemandes dans les ports de Hamburg et de Brème; les Compagnies allemandes concédaient en retour certains avantages aux Compagnies américaines ou anglaises.

Parfois on négociait une association d'entreprises avant pour but l'organisation plus adéquate des lignes et l'adaptation du tonnage des navires à l'importance du trafic. On réussit par là à économiser beaucoup sur le coût de transport, on réduit le va-et-vient au minimum, les navires circulent toujours complètement chargés (!il~).

La crise exerçait aussi son action sur le marche monétaire.

Malgré l'augmentation du stock or en circulation dans le

elle représentait 58 0/0, soit un accroissement de 5 0/0 par an pendant la période de dépression contre un accroissement de 1 0/0 par an pendant la période d'essor. Scliachner, op. cit., p. 75.

(416) Cf. Schachner, op. cit., p. 162.

(417) Schachner, op. cit., p. 155 et 158-160.

monde à la suite de la découverte et de la mise en exploitation des mines du Transvaal, ce métal n'en était pas moins très recherché en 1900 et même dès 1899.

Cependant l'essor allemand avait été surtout intérieur. La rupture d'équilibre fut, elle aussi, intérieure; il était donc possible de satisfaire la demande de crédit au moyen de billets de banque. Le métal or fut, en effet, infiniment moins recherché en Allemagne en 1900 qu'à Londres, par exemple, en 1890, où malgré le peu d'intensité de l'essor précédant la crise l'on dut néanmoins exporter beaucoup d'or, parce que l'essor avait été surtout extérieur.

La Reichsbank et, d'une façon générale, le marché monétaire allemand connurent leur situation la plus critique fin 1899 et début de 1900. L'Angleterre, aussitôt la guerre du Transvaal déclarée, réalisait ses créances sur l'extérieur et notamment sur l'Allemagne; dans ces conditions l'excédent des exportations d'or sur les importations atteignait en Allemagne :

1899. Octobre 8.305 mill. Mk.

Novembre \ .893 —

1900. Janvier 22.849 —

Février 25.023 —

Mars 8.954 ("8) —

L'encaisse de la Reichsbank, de 804,6 mill. Mk le 30 janvier 1900, s'abaissait à 743,7 le 31 mars et, après être remontée à 860,3 le 31 juillet, elle touchait son minimum à 72*». 4 le 29 septembre. Le portefeuille aux mêmes dates atteignait 789,3, 973, 737,8 et 971,0.

Le taux d'escompte est porté de 4 à 5 % le 7 août 1899, à 6 % le 3 octobre, à 7 % le 19 décembre 1899.

Mais à 1 intérieur le billet a la possibilité de jouer un rôle qu'il lui est impossible de remplir dans la liquidation des échanges internationaux, et la demande de monnaie issue du ralentissement général des échanges consiste indifféremment en billets de banque ou en or. C'est ainsi que, parallèlement

(418) Voiksic. Chronik de la Revue de Conrad, 1901, p. 611.

à l'augmentation du portefeuille de la Reichsbank, nous assistions surtout à l'accroissement de sa circulation billets; de 1.099,7 mill. Mk. le 30 janvier 1900 à 1.310 le 31 mars et, après diverses oscillations en hausse ou en baisse, elle atteignait son plus haut chiffre le 31 décembre 1900 avec 1.409,9.

11 était à remarquer que ses variations étaient beaucoup plus considérables que celles de l'encaisse et parallèles à la demande d'escompte, Le portefeuille, après avoir oscillé entre 700 et 900 mill. Mk, touchait également son maximum le 31 décembre 1900 avec 1.088,3 (faô). Il en était au reste de même de celui des autres banques de l'Allemagne. On différait suivant l'habitude la liquidation de positions à la hausse au moyen de larges recours au crédit. Mais, cette liquidation intervenue, la diminution du nombre des lettres de changes émises en Allemagne traduisit le ralentissement général des échanges. Le taux de l'escompte diminua. Le

12 janvier 1900 on l'abaisse à 6 %, le 27 janvier à 'ô 1/2, le 13 juillet à o %. Le J 1 février 1902, il est à 3 %.

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