COURS MOYEN A LA BOURSE DE BERLIN
3 °/o Emi i;-c. Gelsenkirchen. A. E. G. Hamb. Amerika
En 1901, 1902, 1903, la liquidation se prolongeait, et, en 1902 et 1903 le cours moyen des diverses actions restait encore inférieur à ce qu'il était l'année précédente. En 1904 des symptômes très nets d'amélioration se manifestaient (423).
La hausse des fonds d'Etat et d'une façon générale des valeurs à revenu fixe contrastait avec cette baisse des actions.
La crise enfin exerçait sa répercussion sur certains phénomènes sociaux; émigration et immigration, mariage, assistance, criminalité, politique.
A l'intérieur, nous constatons un double reflux; reflux des populations agricoles des centres industriels vers l'agriculture, reflux des populations industrielles des centres de production, où la hausse des salaires les avaient attirées, vers leur pays d'origine. De même à l'extérieur : rapatriement des ouvriers étrangers, reprise de l'émigration allemande.
Dès 1901, à Chemnitz, l'excès des départs est de 1.580, à
(423) On trouvera un tableau complet des cours en Bourse dans notre 2e édition, p. 288.
Crefeld de 833, à Dantzig de 435, à Duisburg de 2,049, à Gœrlitz de 319 (^4). Là où la crise n'a pas encore produit tous ses effets l'excès des arrivées sur les départs a considérablement décru : à Berlin, de 59.515 en 1900, il tombe à 29.480 en 1901; à Bochum, de 2.247 à 1.933; à Breslau, de 8.673 à 5.160 02Î). Les rapports de l'inspection du travail nous renseignent sur ce que deviennent ces émigrants : tantôt ils redeviennent ouvriers des champs et s'emploient, comme dans le district de Wiesbaden, aux travaux agricoles ou forestiers (/l26); tantôt ils regagnent leur pays d'origine et quittent le bassin de la Ruhr, par exemple, pour retourner en Haute-Silésie l^2:).
Il en est de même des ouvriers étrangers qui regagnent le sol natal soit à leurs frais, soit aux frais de l'Etat; dans le district d'Oppeln on remercie les Galathes; dans celui de Cologne, les Hollandais et les Italiens.
Néanmoins la diminution du besoin de main-d'œuvre industrielle était telle que l'émigration allemande reprenait, passant de 22.307 en 1900 et 22.073 en 1901 à 32.098 en 1902. Elle se dirigeait surtout vers les Etats-Unis, et de 19.912 le nombre des immigrants allemands aux Etats- Unis passait à 29.211 (4=8).
Le nombre des mariages diminuait; avec le chômage et la misère, l'ouvrier se souciait peu de fonder une famille; dès 1900, le chiffre s'abaissait par rapport à 1899 et, en 1901, il diminuait encore par rapport à 1900. La proportion des nouveaux mariés par 1.000 habitants, d'une moyenne de 168 de 1896 à 1900, s'abaissait à 165 en 1901, 158 en 1902 (4*»).
Les charges d' assistance des différentes villes, après avoir diminué progressivement jusqu'en 1900, effectuaient à nouveau un mouvement ascendant; à Barmen, le nombre des assistés s'accroissait de 20,2 % en 1901 et 0,2 % en 1902;
(424) Heinecke, Ab-und Zuzùge, op. cit., p. 198 et 199.
(425) Calwer und Jastrow, Geiverbeinspektion, op. cit., p. 104.
(426) Calwer und Jastrow, Gewerbeinspcktion, op. cit., p. 105.
(427) Calwer und Jastrow, Geiverbeinspektion, op. cit., p. 99 et 105.
(428) Heinecke, Auswanderung, op. cit., p. 229.
(429) Ann. Stat., 1904, R., p. 126. Cf. aussi : Heinecke, Eheschliessungen. op. cit., p. 234 et 235.
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à Breslau de 8,8 % en 1901 ; àElberfeld de 15 %. La charge de l'assistance par tête d'habitant s'élevait rapidement surtout dans les villes industrielles : Dortmund, Dresde, Dùsseldorf (43o).
L'influence de la crise n'était pas moins nette sur la criminalité et les tribunaux allemands voyaient augmenter leur clientèle de vagabonds, de voleurs simples ou qualifiés. Le nombre des violations de domicile s'élevait de 22.218 en 1900 à 23.596 en 1902, celui des fraudes de 20.052 à 22.891, celui des détournements de 20.030 à 22.185; mais l'accroissement était surtout sensible pour les vols; le nombre des vols simples, de 69.154 bondit à 76.426 en 1902, celui des vols simples avec récidive de 11.950 à 13.102, celui des vols qualifiés de 9.213 en 1900 à 11.363 en 1902 (43i).
La crise de 1900 exerçait même une influence sur la politique; sans causer des troubles aussi graves que ceux de 1835-1837 en Angleterre ou 1848 en France, l'énorme accroissement des voix obtenues par la Sozialdemocratie allemande aux élections de 1903 est dû en grande partie à l'influence exercée par la crise su^ les classes ouvrières, auprès desquelles la crise était représentée comme une confirmation éclatante des théories marxistes; l'ouvrier était réduit au chômage, ses salaires diminuaient, les syndicats voyaient leur situation empirer par suite des fortes indemnités de chômage distribuées à leurs membres (/|3a); la théorie du syndicat organe d'action politique l'emportait de plus en plus sur la théorie du syndicat instrument de lutte économique et de résistance au patron syndiqué dans ses puissants cartels. Lors des élections de 1907, qui eurent lieu en pleine période d'essor, les socialistes perdirent sinon des voix au moins beaucoup de sièges.
Et pour conclure, jamais crise ne fut le point de départ
(430) Landsberg, op. cit., p. 262 et 263.
(431) Vierteljahreshefte zur Statistik des deutschen Reichs, 1904, t. IV, p. 73, 76.
(432) Parvus, Handelskrisis und Gewerkschaften. Miinchen. Ernst. 1901, p. 45 et 46. Dès 1900, les indemnités de voyage payées par les Syndicats à leurs membres passent de 313.321 Mk. à 641.028; les secours de chômage de 304.607 Mk. à 501.078 Mk.
d'un procès de concentration aussi net que la crise de 1900. La concurrence a été particulièrement vive dans l'industrie électrique, l'industrie des machines, l'industrie minière et métallurgique, les banques. C'est aussi là que la concentration a fait les progrès les plus rapides. Elle y a revêtu des formes très diverses; tantôt celle de la dépossession brutale : c'est le petit lamineur chutant devant l'entreprise intégrée; tantôt celle de la fusion : c'est la grande entreprise qui annexe la petite à prix d'argent, la grande compagnie minière achète la petite mine, la très grande banque absorbe la grande, la moyenne ou la petite banque; tantôt celle de l'association d intérêt : deux Sociétés acquièrent des intérêts respectivement l'une dans les affaires de l'autre.