I. — France
L'année 1905 fut le signal d'une reprise très nette aussi bien en France qu'en Angleterre et qu'en Allemagne. La statistique des émissions accusait pour notre pays, une reprise sensible dès 1904. Les émissions d'actions passaient de 499,7 mill. fr. en 1903 à 1.361,7 en 1904, 1.907,2 en 1905 et 1.617,1 en 1906. La courbe des émissions d'obligations suivait, passant respectivement de 201,8 en 1904 à 674,3 et 1,062,5 en 1905 et 1906.
En février-mars 1906, les carnets de commandes étaient tellement surchargés que, lors des adjudications pour les chemins de fer d'Indo-Chine et de la Côte-d'Ivoire, plusieurs lots de rails, éclisses et accessoires ne pouvaient être adjugés. Micheville et Longwy, qui prenaient ensemble 1.195 t. de rails, ne consentirent qu'un rabais de 2 %. En mai 1906, le pont d'Asnières ne trouvait pas de constructeur aux prix indiqués dans les devis. Les Compagnies de chemins de fer métropolitains, qui l'année d'avant n'avaient commandé que pour 6 mill. fr. de wagons, en commandaient 100 mill. pour 1906. Aussi, les usines procédaient-elles à une extension rapide de leur outillage. Cockerill construisait une aciérie Thomas et des trains de laminoir; Ougrée des fourneaux, Angleur une aciérie de quatre cornues, la Providence un quatrième fourneau à Marchienne : Marcinelle et Couillet complétait ses installations de hauts fourneaux; Sambre-et- Moselle construisait des hauts fourneaux à Montigny et complétait son aciérie : l'Espérance Longdoz construisait un troisième haut fourneau et une aciérie; les aciéries Nicaise et Delcuve et les laminoirs de la Crayère s'agrandissaient (M3). Dans ces conditions la production française s'accroissait, no-
(443) Revue hebdomadaire des valeurs régionales de la Banque Renauld et Cie, 4 décembre 1905, 19 mars 1906, 28 mai 1906.
tamment celle de houille, de minerai de fer, de fonte et d'acier (4M).
Avec l'activité de la demande, les prix ont haussé et, dès novembre 1903, les marchés de coke se renouvelaient avec des hausses de 0,50 et même de 2 francs. Les mines refusaient de s'engager au delà du 30 juin 1906, les blooms cotaient à l'exportation 105 et les billettes 112,50 contre 96 et 101 au 10 octobre, et le Syndicat International des Poutrelles décidait une hausse nouvelle de 2 sh. 6, la cinquième depuis le 1er septembre, ce qui portait ce produit à 5 £ la tonne.
Les importations de matières premières passaient de 2.865.273 fr. en 1904 à 3.687.126 fr. en 1906 et 3.878.446 en 1907. Les exportations de produits fabriqués passaient de 2.208.706 en 1904 à 2.699.461 en 1906 et 2.852.387 en 1907 (M5).
Cet accroissement des échanges se traduisait par une augmentation de la circulation lettres de change (446).
Le portefeuille de nos sociétés de crédit gonflait. La banque de France assistait à une augmentation de son portefeuille, et à une diminution de son encaisse (44?).
Cette prospérité industrielle amenait une grande activité à la Bourse; les valeurs à revenu fixe baissaient. La baisse de notre 3 % donnait lieu à de nombreuses discussions; on en a cherché des explications plus politiques (affaire du Maroc, projet d'impôt sur la rente) qu'économiques. A tort; car cette baisse n'était pas limitée à nos fonds d'Etat, mais atteignait les fonds d'Etat de tous les pays et toutes les valeurs à revenu fixe.
Voir Annuaire statistique de la France.
(145) RECETTES DES CHEMINS DE FER FRANÇAIS (1000 fr.J
(446) Neymarck : Les établissements de crédit depuis cinquante ans. Journ. de la Soc. de Stat. de Paris, 1909.
(447) Voir Annuaire Statistique de la France.
Les actions haussaient