VIII PRÉFACE
ductivité de l'ouvrier diminue. L'intérêt hausse. Un homme d'affaires admettra-til jamais que le taux d'intérêt n exerce pas une influence capitale sur l'état des affaires, et que l'excès ou l'insuffisance de l'outillage soient seuls à considérer. En fait, l'histoire démontre que toute crise s'annonce par la chute d'entreprises neuves, qui ne donnent pas à leurs promoteurs les résultats espérés. Le profit possible fléchit. Et ce fléchissement tient à ce que les frais d'établissement ont dépassé les prévisions, à ce que le coût d'exploitation des dernières entreprises créées s'est accru entre le moment où l'entreprise a été conçue et celui où elle entre en fonctionnement. Ainsi en a-t-il été au xixp siècle pour la construction des chemins de fer en Europe, au xixe et au xxe siècles pour celte construction aux Etats-Unis. Les faillites de che mins de fer jalonnent l'histoire des crises. Plus récemment, ce sont les industries électriques qui donnent, en Europe, le signal des crises : les entreprises neuves, créées au terme de la période de prospérité, réservent des déceptions. D'où le ralentissement des commandes passées à la métallurgie, la baisse des prix de la fonte, de l'acier, du cuivre, qui constitue le meilleur indice de l'arrivée d'une crise. La crise née dans telle industrie se propage et gagne les autres.
Pendant la dépression, le phénomène inverse se produit : les prix de l'outillage, les salaires, le taux de l'intérêt baissent . Au bout de quelques années, celte baisse est suffisante pour qu'on puisse songer à créer de nouvelles entreprises, à construire à nouveau des chemins de fer. Mais ce processus de baisse exige du temps pour s'accomplir. La vie économique, comme l'autre, ne procède pas par sauts. Nous verrons pourquoi.
Cette doctrine de V explication des crises est partagée, à l'heure actuelle, par M. Westley Mitchell. professeur à V Université de Colombia (New-York), qui a écrit sur notre phéno mène V ouvrage récent le plus documenté : par M. Seligmann. professeur à la même Université; par un industriel américain, M. Ilull (Industrial de pression or Iron the barometer of tfade, New- York; 1911), et à bien des égards par M. Pobertson, professeur à l'Université de Cambridge, pour ne