‹ Des crises générales et périodiques de surproductionChapitre 50 sur 100 · INTÉRÊT · texte numérisé non relu

INTÉRÊT

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(497) Electric Raihcay. Supplément au Commercial and Financial Chronicle du 27 février 1909. Street Raihcay fares. p. 1-3.

(498) Commercial and Financial Chronicle, 27 septembre 1908, p. 806.

(499) Commercial and Financial Chronicle, 5 décembre 1908, p. 1475.

Aussi bien cet arrêt dans les demandes de l'industrie électrique ne tarda-t-il pas à avoir sa répercussion sur l'industrie du cuivre et notamment sur les mines de cuivre, En face de la baisse des commandes du trust de l'acier et lui faisant pendant pour ainsi dire, la baisse du prix du cuivre par YUnited Metals Selling C°, tel est le second phénomène essentiel annonçant la crise américaine, et l'annonçant bien avant que se soit produite la panique du mois d'octobre. Cette baisse de prix reflétait la baisse des commandes de cuivre. Il United Metals Selling C° est, en effet, la société chargée d'écouler la production du trust du cuivre de VAmalgamated Copper et d'un autre producteur de cuivre, Phelps, Dodge and, C°. Or, dès le mois de juin 1907, la nouvelle était parvenue sur le marché du cuivre que les consommateurs se tenaient sur une extrême réserve, c'est-à-dire que les commandes baissaient (5o°) et devant cette attitude de la consommation, YUnited Metals Selling C° avait annoncé en juillet une réduction de ses prix de 3 cents par livre, ce qui faisait tomber le cuivre électrolytique à 22 cents. Malgré cette baisse, les ordres n'arrivaient pas. Dans la première semaine de septembre, on procédait à une nouvelle baisse à 18 cents, ce qui, en l'espace de 5 mois, représentait une baisse de 7 à 8 cents ou près de 40 %. Mais les stocks n'en continuaient pas moins à s'accumuler. Ils étaient tels qu'on pouvait les apercevoir depuis les wagons quand on passait en chemin de fer dans les régions cuprifères (5o1)- Dans le courant de septembre, la situation continua à s'aggraver; une société indépendante de l'Amalgamated Copper, la Calumet and Hecla Mining C°, annonçait un dividende de 15 $ contre 20 $ pour le trimestre précédent, et 20 $ pour le trimestre correspondant de 1906. De même la Quincy Mining C° abaissait son dividende de 4 $ 50 à 2.50. On annonçait enfin une baisse de 10 à 7,50 pour le dividende de la Wolverine Mining C°, et de 1,50 à 1,0 pour l'Utah Consolidated Mining. La crise était donc bien générale dans

(500) Germain Martin, La crise Américaine, Reçue d'Economie politique, 1007, p. 205; Commercial and Financial Chronicle, 29 juin 190", p. 1515.

(501) Commercial and Financial Chronicle, 7 septembre 1907, p. 552.

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l'industrie cuprifère. Aussi le 14 septembre, l'United Selling abaissait encore ses prix à 16 1/2 cents.

Malgré toutes ces baisses de prix, la demande se refusait à reparaître : le stock, en l'espace de quelques semaines, passait de 150. 000.000 à 200.000.000 livres (&»)".

Dès le mois de septembre 1907, la production et la consommation du cuivre sont en pleine crise aux Etats-Unis. Et si nous rapprochons cette évolution de la crise dans l'industrie électrique de son évolution dans la métallurgie, nous pouvons affirmer que la conversion d'une période d'essor en une période de dépression n'est point aussi brusque, aussi subite, aussi générale dans la production et la consommation, qu'on le perse généralement. Ce qui fait illusion à cet égard, c'est la phase monétaire de la crise pendant laquelle tous les industriels et tous les commerçants sont atteints. Mais la crise monétaire est précédée d'une crise lente de l'équilibre production-consommation dans certaines industries. C'est ainsi que la crise américaine n'entre dans sa phase monétaire qu'en octobre 1907. Et si cette phase a plus particulièrement attiré l'attention du public, si la crise monétaire d'octobre a paru à beaucoup d'esprits révéler la présence de la crise périodique, il y a là une illusion certaine. Mais pourquoi la rupture entre l'offre et la demande, entre la production et la consommation ne s'estelle manifestée dans la circulation qu'en octobre? Il y a à cela une série de raisons. De nos jours, les producteurs travaillent non pas sur des commandes au jour le jour, mais sur marchés à livrer. L'absence de commandes nouvelles n'implique nullement l'absence de livraisons à effectuer, et la crise peut très bien exister sans que la circulation des richesses, c'est-à-dire leur passage du producteur à l'acheteur soit interrompu. Nous n'en voulons pour preuve que la statistique des livraisons de certaines grandes sociétés, de la General Electric, par exemple, ou la statistique des bénéfices du trust de l'acier. La General Electric n'a vu diminuer ses livraisons qu'en 1908 alors que ses commandes dimi-

(502) Commercial and Financial Chronicle, 14 septembre 1907, p. 623, et 21 septembre 1907.

nuaient dès le premier trimestre de 1907, et les bénéfices du trust de l'acier n'ont commencé à décroître par rapport aux bénéfices de l'année précédente qu'en novembre 1907, malgré la baisse de ses commandes dès juillet 1907. D'un autre côté, et bien que cela soit moins vrai aux Etats-Unis, les livraisons ne sont souvent payables qu'à terme, à 3 mois. La crise dans la circulation peut donc ne se produire qu'un certain temps après l'arrivée du déséquilibre entre l'offre et la demande, et même entre les achats et les ventes.

On s'explique donc que la crise n'éclate pas immédiatement. Mais pourquoi éclate-t-elle de préférence en octobre ? Le déplacement de la récolte exige beaucoup de monnaie, beaucoup de moyens de paiement. Or, la crise se traduit dans la circulation par une besoin anormal de monnaie, par un besoin anormal de moyens de paiement. Il y a donc là deux facteurs qui se combinent pour s'intensifier.

En quoi consiste, en effet, la crise de circulation? Elle consiste dans l'impossibilité pour l'acheteur de revendre, opération qui est, au fond, le but de tout commerce et de toute industrie dans une société à échange; faute de pouvoir revendre, industriels et commerçants sont obligés de s'acquitter en monnaie leur appartenant, au lieu de1 s'acquitter avec de la monnaie à eux versée par leurs acheteurs. Un besoin anormal de monnaie se fait jour. Les négociants, les industriels ont besoin de monnaie; ils retirent donc leurs dépôts. Si les banques n'ont pas gardé assez de métal en caisse pour faire face aux remboursements de leurs dépôts, elles sont obligées de suspendre.

L'on assiste alors à la réédition de ces phénomènes souvent constatés de runs sur les banques, de retraits en masse des dépôts. Toutefois, ces phénomènes classiques présentèrent une intensité particulière aux Etats-Unis. Et cette intensité commanda l'usage de remèdes spécifiques inconnus en Europe (5o3).

(503) Sur la phase monétaire de la crise américaine, nous disposons d'études très complètes et très documentées; G. Martin, art. cit. Schumacher. Le Marché Financier Américain et sa récente crise inoiictaire. Paris, Giard et Brière, 1909; Théry. La crise Américaine et la question de l'or. Econo-

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Les suspensions se succédèrent sans interruption sur l'ensemble du territoire des Etats-Unis, du 16 au 26 octobre.

Le mercredi 16 octobre, la maison Heinze suspendait ses paiements, entraînée par l'effondrement du corner du cuivre. Heinze devait donner sa démission de la Mercantile Nationale Bank; toutefois, un œil mal exercé comme celui du public ne pouvait discerner s'il s'agissait là du début d'une crise ou d'une de ces suspensions comme on en voit assez fréquemment aux Etats-Unis, même en période prospère (5o/i).

Mais le lundi 26 octobre, après la fermeture de la Bourse, la nouvelle arrivait que la National Bank of Commerce refusait, à partir du mardi, d'admettre la Knickerboker Trust Cy en compensation. Là-dessus, le Président Barnet se démettait de ses fonctions. Le lendemain la Knickerboker se voyait assiégée par les déposants, et après avoir remboursé 800.000 $, elle était obligée de suspendre. Ces événements avaient leur répercussion à la Bourse, où les valeurs de premier ordre baissaient de six points. Dans l'après-midi, une maison de Bourse, la maison Mayer, était assignée faute par elle de pouvoir tenir ses engagements. Le mercredi, sur le rapport d'un journal du matin, qu'il y avait eu la nuit précédente une consultation sur les affaires de la Trust C° of America, l'une des plus importantes Trust Companies, un run se déchaîna, qui continua les deux jours suivants, mais qui, grâce à l'aide de M. Morgan et d'autres financiers, put être. enrayé avec succès. Le même jour, une nouvelle plus grave arrivait de Pittsburg; les différentes

miste Européen, 1907, t. XXXII, p. 710, 742, 745. Raffalovich, La Crise Américaine. Economiste Européen, 1907, t. XXXII, p. 489, 521, 553, 585, 617, 620, G50, 676, 680, 713, 746, 778, 779 (ces articles constituent l'histoire au jour le jour de la crise américaine envisagée surtout dans sa phase monétaire); l'article de M. H. Gans. dans la Revue Politique et Parlementaire. Les chroniques hebdomadaires du Commercial and Financial Chronicle, 1907, Discussion de la Société d'économie politique. Economiste Français, 28 décembre 1907, p. 921 et 25 jarvier 1909, p. 117. Pierre Leroy-Beaulieu, Le mouvement économique et social aux Etats-Unis, 2e semestre 1907, p. 406, 621, 877. Piatt Andew, Substitutes for cash in the panic of 1907. Quate?1y Journal of Economies, août 1908.

(504) Voir la statistique des faillites de banques nationales dans Annual Report of the Comptroller of the Currency, 1907, p. 19 et 20.

sociétés Westinghouse étaient dans l'embarras, et on avait nommé des syndics pour la Westinghouse Electric Manufacturing Company, et la Securities Investment Company, la dernière étant un pur concert Westinghouse (créée par Georges Westinghouse), qui avait fait des avances aux autres compagnies. Le même jour, à la requête du Clearing House de Pittsburg, la Bourse de Pittsburg suspendait ses opérations. Elle resta fermée le jeudi et le vendredi. L'aprèsmidi, l'Iron City Trust C° de Pittsburg était placée entre les mains d'un syndic. Le jeudi, la Hamilton Bank et la Twelfth Ward Bank étaient obligées de clore leurs portes, et l'Empire City Savings Bank 125e Street, qui était en relation avec l'Hamilton Bank, était forcée d'annoncer qu'elle usait du privilège consistant à exiger un avis de retrait 6 jours avant le retrait effectif des dépôts. Les retraits étaient énormes à la Lincoln Trust Cy et la Fifth Avenue Trust Cy, sans cependant causer d'embarras à ces institutions.

Le vendredi, nouvelles suspensions : L'Union Trust C° de Providence, après avoir résisté à un run, qui avait duré tout le jeudi, était obligée de suspendre. A New- York, c'était 1T. States Exchange Bank qui fermait ses portes. L'International Trust C° n'ouvrait pas ses portes et il en était de même de ses succursales à Brooklyn, connues sous le nom de Brooklyn Banks. Son exemple était suivi à Brooklyn par la Borough Bank, par la First national Bank de Brooklyn, la Jenkins Trust C° et la Williamsburg Trust C°. Le samedi, Morse, l'acolyte de Heinze dans ses spéculations sur le cuivre, donnait sa démission de toutes les banques dont il était le directeur : la National Bank of North America, la New- Amsterdam National, la Garfield National, la Fourteenth Street Bank, la New- York Produce Exchange Bank, la Mercantile National et la Van Norde'n Trust C°. Et ce fut alors un déluge de substitutions de nouveaux présidents, vice-présidents, directeurs de banques, aux anciens présidents, etc., et notamment aux anciens présidents appartenant au groupe Heinze, Thomas, Morse (5o5).

(50a) Pour plus de détails : voir Commercial and Financial Chronicle, 28 octobre 1907, p. 10oS-1060.

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