‹ Des crises générales et périodiques de surproductionChapitre 58 sur 100 · PRODUCTION EN GRANDE BRETAGNE · texte numérisé non relu

PRODUCTION EN GRANDE BRETAGNE

Houille. Fonte. Acier.

L'industrie textile souffrait dans ses exportations. La consommation du coton par semaine dans les usines anglaises passait de 75.842 liv. en 1907, à 66.392 en 1908 et la consommation totale s'abaissait de 1.971.883.770 liv. en 1907 à 1.726.185.930 i5^1). Les exportations de cotonnades

(538) Economiste Européen, t. XXXIX, p. 88.

(539) D'après Comité des Forges de France, 1909, cir. n° 300.

(540) Comité des Forges de France, 1909, Bull. n° 2.819, 2.847 et 2.865.

(541) Commercial History and Review of 1908. Supplément au The Economist du 20 février 1909, p. 17.

s'abaissaient en effet de 6.297.707.900 yards en 1907, à 5.532.413.000 en 1908 (5/>2). La réduction du commerce extérieur était d'ailleurs générale. Les importations passaient de 157.137.000 t. en 1907, à 129.882.000 en 1908, et les exportations de 137.359.000 à 125.740.000. Les exportations les plus réduites étaient celles à destination de l'Allemagne, qui tombaient de 41.377 (000 tonnes) en 1907 à 33.374 en 1909, des Etats-Unis 30.910 et 21.189 et du Chili.

Les compagnies de navigation avaient beaucoup à souffrir de cette contraction du commerce extérieur. Les grandes compagnies européennes conclurent une entente destinée à soutenir les frets et à réduire le nombre des voyages entre l'Angleterre et le continent d'une part, l'Angleterre et les Etats-Unis de l'autre (543).

Les recettes des chemins de fer fléchirent.

leccttes brutes (millions ^S).

Dépenses d'exploit- (millions Jç).

Recettee nettes (million.* sfc).

Le marché monétaire britannique fut ébranlé par le retentissement à Londres de la crise américaine et la Banque d'Angleterre dut porter son escompte à 7 %.

Le portefeuille dégonfle. Les compensations au Clearing- House fléchissent.

A la Bourse des valeurs, les actions des grandes sociétés minières et métallurgiques, des compagnies de navigation baissent, les consolidés anglais se relèvent (cf. p. 193).

Pour 254 sociétés industrielles recensées par The Economisa le profit net a passé de 16.471.692 £ à 14.480.523. Pour 100 manufactures de coton recensées par le même journal, le profit net s'effondrait de 1.321.157 £ en 1907 à 586.511 en 1908, le dividende moyen passait de 15 7/8 à

(542) Economiste Européen, 1909, t. I, p. 120. The Economist, 17 avril 1909, p. S16, 908.

(543) L'armement et la crise économique. Revue économique internationale, mai 1909, p. 256 et suivantes et chronique Hennebicq.

11 '3/4(544). À l'augmentation de 199.605 £ pour les salaires hebdomadaires payés en 1907, succède en 1908 une diminution de 61.897 £. Et ces modifications du contrat de travail ne vont pas sans une résistance énergique des ouvriers. Le nombre des grèves ne s'accroît pas; 382 en 1908 contre 601 en 1907. Mais il s'agit de grèves géantes englobant des millions d'ouvriers, et malgré la réduction du nombre des grèves, le nombre des grévistes double, passant de 147.498 en 1907 à 291.046 en 1908, et le nombre de jours chômés par suite de grèves en 1908 est quintuple du nombre de 1907. Jours chômés : 2.162.151 jours en 1907, et 10.783.000 en 1908. Cet accroissement échoit précisément aux branches d'industrie durement frappées par la crise : mines de houille, constructions navales, fabriques de machines, textile (coton). Ces branches de production donnent 166.000 grévistes, soit 57 % du nombre total, et 8 1/4 millions de jours chômés ou 77 % du chiffre total (545).

Le pourcentage des chômeurs doublait presque en 1908 par rapport à 1907. La courbe du chômage se relève dès novembre 1907 (voir p. 194). Et cette période de chômage intense était le signal de l'apparition dans les rues de Londres de cortège de sans-travail parcourant les quartiers r;ches de Londres (546).

Le Gouvernement du reste se préoccupait de cette situation si pénible des classes ouvrières. Et au début de 1909, paraissait un volumineux rapport parlementaire sur les remèdes à apporter au chômage.

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