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leurs fulgurantes. — Lerat, dans sa thèse, a particulièrement étudié les hémorrhagies par l’anus liées aux crises du Tabès. Il rapporte cet écoulement sanguinolent à un état congestif passager de la muqueuse.
Nous n’aurons garde d'oublier l’association fréquente des crises entéralgiques avec d’autres troubles viscéralgiques du tabès. La localisation intestinale pure est rare; Vulpian en 1879 (Clinique médicale de l'Hôpital de la Charité) a publié l’observation d'un malade de 28 ans, présentant à la fois des crises gastriques avec vomissements et des accès de diarrhée cholériforme. Le délire et le coma survinrent et le malade succomba.
Les résultats de l’autopsie confirmèrent le diagnostic de tabès: sclérose des racines postérieures et léger degré de méningite spinale postérieure.
Chez les malades de nos obs. VIII et IX, les crises de vomissements étaient suivies de diarrhée. Celui de notre obs. I, qui avait présenté de la gastrorrhée avec hématémèêses noires, eut ensuite une enterorrhée et succomba de deshydratation très rapide.
Avant d'envisager la pathogénie nerveuse de la crise entéralgique du tabès, nous mettrons en relief l’influence déterminante du « terrain » sur la localisation des phénomènes tabétiques au niveau de l'intestin ; la crise apparaît en général chez un constipé habituel, un individu au rythme intestinal irrégulier; elle est alors, suivant l’expression de Loœper «« la réaction brutale et bruyante, « comme le cri d'alarme, d’un intestin torpide et incons- « ciemment surmené ».
La pathogénie nerveuse des cerises apparaît très nettement d’après l'étude du système de l’inervation intestinale.
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L’intestin grèle, le colon ascendant et la moitié droite du transverse sont tributaires de la partie inférieure du plexus solaire (ganglions mésentériques inférieurs et renoaortiques), alors. que le plexus mésentérique inférieur (ou lombo-aortique) fournit les rameaux nerveux de la moitié gauche du transverse et du colon descendant.
A côté de ces branches du vague, les racines rachidiennes du sympathique, de la huitième à la douzième dorsale, viennent, se continuant par de longs filets nerveux, aboutir au plexus solaire précisément dans sa partie infé- rieure. De la lésion de ces systèmes semblent dépendre la dysentérie, la diarrhée et la constipation, qui sont des reflexes.
Mais à côté de ces branches profondes, les racines rachidiennes envoient des rameaux superficielles au territoire cutané abdominal, et celà explique que leur irritation ou leur dégénérescence se manifeste par une hyperesthésie cu une anesthésie superficielle de l’abdomen.
En somme, comme l’a défini Lœper; « La crise intestinale est une crise fulgurante de cette partie des racines postérieures qui se perd dans le système sympathique de l'intestin ».
Pour Tinel (journal de méd. français nov. 1925) les crises ont les mêmes caractères que celles de l’aortite abdominale et que celles des tumeurs de la région solaire; elles sont une réponse à l’excitation douloureuse des plexus solaire et mésentérique et des racines rachidiennes qui en reçoivent les fibres sensitives (c’est une crise de radiculite aiguë tabétique). Elles font partie des syndromes cœlialgiques, de Lœper et Esmonet.
Ces notions sont en grande partie dues à Laignel-La-.
vastine, qui, dans sa thèse consacrée au plexus solaire, en a fixé l’anatomie et la physiologie, de façon telle que son ouvrage reste la base de toute étude des syndromes moteurs ou douloureux de l’abdomen.
On peut se rendre compte, d’après la variété des symptômes présentés, que le diagnostic n’est pas toujours facile, et que la confusion de crises entéralgiques du Tabès avec les crises de névralgies abdominales, l’occlusion intestinale, le choléra, peut-être parfaitement légitime.
Bien souvent la constation de reflexes abolis ou le signe d’'Argyll seront les seuls éléments de diagnostic.