‹ Des cyanures doublesChapitre 3 sur 16 · KO SO · texte numérisé non relu

KO SO

Une des grandes difficultés de ce procédé était de priver entièrement le cyanoferrure de sulfate de potasse, et il fallait plusieurs cristallisations successives pour y parvenir.

Aujourd’hui on prépare ce sel en calcinant les mêmes matières azotées dans des vases en fer avec deux ou trois parties de carbonate de potasse. La matière du vase est attaquée, ce qui rend inutile l’addition d’un sel de fer. Le cyanoferrure est dissout dans l’eau et mis à cristalliser comme dans le cas précédent, et il n’est pas rare que le produit soit encore souillé de sulfate de potasse apporté accidentellement par le carbonate commercial.

Si l’on veut produire ce sel en petit, il y a plusieurs moyens. Le procédé si ancien de Macqucr donne un cyanoferrure assez pur. Il suffit, ainsi que nous l’avons dit, de mettre en contact le bleu de Prusse avec une lessive de potasse, de filtrer et de faire cristalliser.

Kuhlmann a proposé de faire passer du gaz ammoniac sur du

charbon porté au rouge dans un tube de porcelaine : on sait que le gaz alcalin, sous cette influence, est décomposé, qu’jl se forme de l’acide cyanhydrique et de l’hydrogène carboné.

2 Az H* + h C — G 2 Az H + 2 C H.

Une dissolution de potasse tenant en suspension du peroxide de fer absorbe l’acide cyanhydrique, et il se forme ainsi du cyanoferrure de potassium. Schèele , en 1782, préparait l’acide prussique par la décomposition de l’ammoniaque de la même façon, et Clouet , en 1791, recueillait les mêmes gaz dans des flacons contenant des solutions vitrioliques et obtenait ainsi le bleu de Prusse.

Le commerce nous offre le cyanoferrure de potassium cristallisé en prismes raccourcis, modifiés sur les arêtes et les angles. Il contient alors trois équivalents d’eau que la chaleur lui enlève facilement. Sa couleur en masse est d’un jaune citron, quelquefois rougeâtre, d’autres fois verdâtre. En petits cristaux il est blanc, soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool, inaltérable à la température ordinaire , il se décompose au rouge en carbure de fer et cyanure alcalin. Il est bon de remarquer en passant que les cyanures métalliques sont tous décomposables par la chaleur, tandis que les cyanures alcalins résistent.

La plupart des dissolutions métalliques donnent avec ce sel un précipité caractéristique pour quelques-uns, propriété que l’on a mise à profit dans l’analyse. Dans cette réaction les deux équivalents de potassium sont remplacés par deux équivalents de métal.

2 MO SO> + Fe Gy, 2 K Cy, aq.

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