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tête, des vertiges, des bourdonnements d'oreille ; lorsque le sang s'écoule tout rentre dans l’ordre. Nous pouvons donc conclure de ces faits précédents, que les cysthématomes menstruels post-opératoires, paraissent devoir se développer chez des femmes arrivées à la moyenne de la vie génitale, présentant des lésions annexielles bi ou unilatérales ayant tendance à la dégénérescence microkystique de leurs ovaires et une certaine propension au symptôme hémorragique dans l’évolution clinique de leurs lésions. La suppression menstruelle coïncidant avec le développement d’un kyste volumineux a été noté ainsi qu'on peut s’en rendre compte en lisant les observations. | Si nous insistons sur cette conclusion étiologique, c'est qu’elle va nous préparer à comprendre la pathogénie des cysthématomes menstruels ; car cette tendance à la dégénérescence microkystique et à la congestion pelvienne, se traduisant par des hémorragies, on ne peut que l’admettre, aussi, et encore plus accentuée chez les femmes opérées, qui auront conservé des parcelles de leurs ovaires ma-
- lades et dont le flux menstruel n’ayant pas d’issue
s’accumulera progressivement dans les cavités kystiques.
La plupart dés malades qui ont présenté ce que nous- considérons comme des cÿsthématomes menstruels post-opératoires, avaient des lésions utéro annexielles considérables avec des adhérences multiples à l’épiploon, à l'intestin, etc. (pyosal:
DR pinx, kystes suppurés de l'ovaire, salpingites parenchymateuses épaissies, énormes hydrosalpinx, kystes intra-ligamentaires, ovaires scléro-kystiques, etc.)
Toutes ces malades ont été laparotomisées avant le développement de leur kyste ménorragique.
Dans notre seconde et troisième observation personnelle, la malade subit une annexeciomie unilatérale et la résection partielle de l’autre ovaire.
Dans les observations du professeur Segond on trouve une annexectomie unilatérale avec conservation de l'utérus ; hystérectomie vaginale, deux . laparotomies itératives ; dans une de M. DARTIGUES, annexectomie unilatérale avec résection ovarienne et fixation tubaire du côté opposé : dans les deux observations de TERRILLON c’est l’annexectomie bilatérale avec conservation de l'utérus. M. J.-L. Faure pratique l’hystérectomie abdominale subtotale chez sa malade : M. DARTIGUES, une hystérectomie abdominale totale ; enfin M. JAYLE, une hystérectomie abdominale subtotale avec conservation de l'ovaire droit.
De toutes ces observations découle une curieuse constatation : c’est le très court bénéfice de bien être que ces malades ont retiré de leur première opération : bientôt après les souffrances recom- : mencent, de nouveaux signes apparaissent, une ou plusieurs formations kystiques se développent. Les
malades reviennent, une opération nouvelle est jugée indispensable ; c’est cette opération itérative qui fit découvrir la présence de ces kystes.
Les deux malades de TERRILLON viennent le revoir :
deux mois et demi et quatre mois après leur laparotomie, celles de M: SEGoND ‘deux ans après,
celles de M. DARTIGUES trois mois’et cinq mois
après, deux de nos malades trois ans et deux ans après ; celle de RICGHELOT un an après leur première intervention : , Celle de M. J.-L. FAURE quatre mois après, celle de M. JAYLE un an après. Une seule, dont nous relatons l’histoire dans notre première observation personnelle, garde pendant huit ans le bénéfice de son hystérectomie vaginale.
Si maintenant nous nous appuyons sur les obser-
vations les plus détaillées et les plus probantes que nous ayons, on peut cousidérer que les malades ayant eu un ou des cysthématomes menstruels postopératoires présentent les symptômes suivants que nous diviserons en deux groupes : les signes fonctionnels et généraux et les signes physiques.
1° Signes fonctionnels et généraux. — Ces signes, qui sont très nets chez presque toutes les malades que nous avons vu ou dont nous avons les observations, peuvent se grouper en phénomènes douloureux, congestifs ou compressifs.
Les douleurs abdominales siègent à lhypogasire, - dominant à droite ou à gauche suivant le siège de la tumeur ; douleurs souvent vives avec sensation de gonflement, de tension au niveau du siège du kyste,
‘ revêtant parfois le caractère de crises de coliques violentes, avec ou sans irradiations fémorales ou lombaires. |
Les phénomènes d'ordre congeslifs, se traduisent par des malaises, de la fatigue, de la lassitude. D’autres malades sentent monter des bouffées de chaleur, d’autres croient étouffer, certaines ont de la congestion de la face, ou ont des vomissements par accès. |
Des malades au contraire sont peu congestionhées, mais ont des troubles de compression très nets, constipation opiniâtre, troubles digestifs, anorexie, etc., etc.
Enfin chez les malades observées par BŒCKkEL, - TERRILLON, RICHELOT, l'utérus avait été conservé, des métrorragies assez abondantes ont persisté.
Or, tous ces symptômes : douleurs hypogastriques, phénomènes congestifs, métrorragies (lorsqu’elles existent) présentent un caractère excessivement particulier : c’est de n’apparaître que périodiquement, mensuellement, de durer vingt-quatre heures, deux jours, quatre jours, huit jours au plus, puis ils disparaissent, tout rentre dans l’ordre. Pendant un laps de temps plus ou moins long, cadrant sensiblement avec l'apparition de nouvelles époques, ces malades vont être les unes très bien, d’autres plus ou moins tranquilles.
So Signes physiques. — En lisant l'observation de BœCKkEL, on peut voir la phrase suivante : « Les deux tumeurs augmentaient de volume et devenaient douloureuses à chaque époque menstruelle, dans l'intervalle la malade allait bien.»
Cette phrase absolument typique résume en quelque sorte les signes physiques, car, en effet, en même temps que se manifestent les crises périodiques, une tumeur plus ou moins considérable commence à faire son apparition à l’hypogastre. Les malades arrivent même à la percevoir et à constater son augmentation par poussées successives, affectant commeles symptômes fonctionnels et généraux, un càractère mensuel. Rs
Quand la tumeur kystique est assez développée par la palpation et la percussion attentives, on trouve une saillie qui siège soit à gauche soit à droite de l’hypogastre, remonte parfois jusqu’au niveau de lombilic, a le volume variable de : un poing, deux poings, une tête de fœtus, une tête d'adulte ; est consistante ou rénitente, ou même franchement fluctuante. j
Par le toucher vaginal, ou mieux par le toucher bimanuel, on ne sentrien si le kyste est assez haut situé et évolue plutôt vers la grande cavité abdominale. Au contraire on peut le sentir faisant saillie au niveau du cul-de-sac vaginal correspondant au côté hypogastrique où se trouve la tumeur et refoulant du côté opposé l'utérus, si ce dernier a été épargné dans l’opération antérieure,
On peut encore percevoir un empâtement, ou une saillie fluctuante dans un cul-de-sac alors que la tumeur abdominale siège du côté OPposé : c'est. qu'il y a alors plusieurs kystes ainsi que M. DARTI- GUES l’a décrit dans une de ses observations. Enfin il pourra arriver de percevoir parfois dans les divers culs-de-sac vaginaux de petites bosselures indiquant de ue kystes multiples siégeant dans le Douglas.
à la base des ligaments larges.
En résumé, les cysthématomes menstruels postopératoires se manifestent par une symplômatologie générale, fonctionnelle et physique assez nette: douleurs, phénomènes congestifs, phénomènes compressifs. | |
Tumeur à siège variable, mais très souvent franchement latérale, à consistance rénitente ou fluctuante, à croissance par poussées. Le caractère
principal est la périodicité mensuelle.
Nous ferons également remarquer que cette con- clusion symptomatologique s'adapte fort bien à la pathogénie que nous avons annoncée : les signes généraux et fonctionnels sont les mêmes que ceux de la menstruation normale, mais avec un caractère douloureux plus prononcé : quand au flux menstruel, il contribue à la formation du cysthématome qu'il accroît et distend périodiquement. La symptomatologie du cysthématome menstruel postopératoire pourrait fort bien être mise en parallèle avec celle de lhématomètre : le siège à part, c’est
le même syndrome menstruel et en somme le même mécanisme, le manque d’issue par les voies génitales, mais l’obstacle au flux sanguin, siégeant beaucoup plus haut, au sein des débris de l'organe qui en sont le principal siège.
En somme, il est, pourrait-on dire, des hématoophores, comme il est des hématomètres,