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DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC

D'après le chapitre précédent, on voit que le diagnostic des cysthématomes menstruels postopératoires ne présente pas de grandes difficul-

tés.

Douleurs hypogastriques surtout accentuées d'un côté, phénomènes généraux congestifs, constatation par la palpation bimanuelle d'une tumeur rénitente et même franchement fluctuante, le tout formant un faisceau symptomatique bien indépendant et périodique chaque mois, chez une femme antérieurement et souvent même récemment opérée pour affection utéro annexielle, suffit à faire le diagnostic aussi précis qu'il est possible. Lorsque l'on peut avoir des renseignements sur la précédente opération, on se rend compte que la laparotomie a été laborieuse, grave, que, généralement on a rencontré des adhérences nombreuses que l’on n'a putout extirper, qu'il à fallu drainer largement.

Nous avons insisté et insistons encore sur ce point que, chez les malades qui présentent des cysthématomes, les douleurs sous forme menstruelles et périodiques se montrent presque tout de suite après l'opération, même quand l'opération

iv | D ous tardivement” F7 ainsi que ; | . de n0$ observations personnelles la lapa-

les deux Cas Pat à art Ps année en # s'agra “vant.. 4

Une difficulté de diagnostic existera surtout lors 74 “que l'on aura w1cuns renseignements sur l'opération er. "0 précédente, et que Von aura affaire à un cysthé- ARS É. “44 matome médian ou presque, faisant saillie au mi 4 | “ Jieu de l'hypogastre, rénitent, et à un col utérin, É 4 seul vestige de l'utérus aprés hystérectomie abdo- mfnale subtotale.

, = ? é js , $ + | r$ 2 On peut croire alors que la matrice n’a pas été … enlevée, qw'on a seulement pratiqué l’ablation des annexes d’un côté et qu’il s’agit d’un hématomètre | . ou méme d’une grossesse. ; @ Mais, dans le cas d'hématomëtre on pourrait se % rendre compte, avec beaucoup de précaution, d’un CE - obstacle 4 l'issue des règles, siégeant au niveau du GE 4 col ; on pourrait aussi sentir les annexes conservés “ au niveau, d’un des culs-de-sac latéraux. ” 2 Dans le cas de grossesse post-opératoire, on trou- Pr. verait les signes de probabilité de la gravidité, et, se à un moment donné, par une expectation sage et 1 ; , mr

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attentive, le signe de certitude indubitable : lé rythme du cœur fœtal. ur On ne peut guère confondre un cysthématome

avec une hématocèle post-opératoire À cette dernière apparait en général peu de jours après l’intervention cet est presque toujours accompagnée de température après un début brusque. Lorsqu'elles restent enkystées, le diagnostic est quelque fois assez difficile. Après une laparotomie M. BouILLy qui avait opéré en 1887 une malade, dut la réopérer 4 ans après, la malade n'ayant jamais cessé de souffrir ; il trouva une petite hématocèle enkystée sur le bord droit de l'utérus, déchira avec son doigt les fausses membranes et tout rentra dans l’ordre. Or, il y avait eu douleur continue et non le symptôme de périodicité mensuelle des cysthématomes. De même la pelvi-péritonite, l’épiploïte sont des complications d’ordre infectieux qui ne peuvent être confondues avec un cysthématome.

On peut se rendre compte, en lisant les observations, que les cysthématomes menstruels post-opératoires peuvent être d’une extrème gravité.

En effet, les troubles fonctionnels généraux et les symptômes physiques vont toujours en s’accentuant; la tumeur s’accroit progressivement, elle | peut même se multiplier et la malade peut avoir, comme dans le cas rapporté par M. DARTIGUES, plusieurs gros cysthématomes.

Les malades étant donné leur âge se trouvent

souvent loin de la ménopause, il n'ya donc pas de raison pour que l'accroissement de volume du kvste s'arrête.

Et alors te survenir ‘trois complications redoutables : :

D’abordla suppuration possible, sous uneinfluence quelconque, avec rupture et péritonite aigüe, ou bien l’évacuation dans les organes voisins : cœcum, colon pelvien, rectum, anses intestinales grêles, et toutes ses conséquences : septicémie chronique, cachexie, mort.

Ensuite, la rupture subite du cysthématome en “pleine cavité abdominale avec tous les symptômes terribles et cataclysmiques d'une inondation san- guine péritonéale ; il se produit alors une véritable hématocèle pelvi abdominale d’origine oophorocysthématique, non gravidique. D'après toutes les observations, on se rend compte combien sont minces, pelliculaires même, les parois de ces kystes, dont un fut rompu, même par un palper sous chloroforme par M. JAYLE. Ce même auteur rapporte une observation d'une malade de 42 ans, vierge, présentant une hématocèle rétro-utérine due à la rupture de deux kystes sanguins de l’ovaire gauche, à la suite d’un long voyage. !

Enfin une autre complication est la production d’'adhérences intestinales inextricables, troublant par leur disposition anti anatomique la plus variée, le circulus intestinal et pouvant occasionner dés trou-

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bles digestifs très accentués, une constipation très opiniâtre et même l’occlusion aigüe.

Ces adhérences intestinales sont la règle dans les

cysthématomes, car devant la production kystique.

croissante, s’élevant vers l'abdomen et refoulant le tube digestif, se dresse un travail intensif de défense péritonéo-intestinale, qui arrive à une agglomération serrée et Confuse des anses faisant face à la tumeur envahissante et la cerclant.

Dans une de nos observations le kyste était très adhérent, comme enfermé dans une coque ; dans celle de M. DARTIGUES on est fiappé des difficultés

inouies qu’il rencontra devant une masse intestinale ‘

entièrement agglutinée et faisant bloc, au milieu de laquelle il fallut qu’il se fit un chemin pour arriver jusqu'aux cysthématomes.

L'observation de M. J.-L. FAURE montre aussi avec quelles difficultés ce chirurgien s’est trouvé aux prises, puisqu'il dut renoncer, à cause des adhérences étendues et invincibles à l’extirpation du kyste sanguin dont il dut faire la marsupialisation.

On ne peut guère compter sur l'influence de la

ménopause pour amener la regression de ces kystes, d'autant que les malades en sont assez éloignées et que les lésions ont le temps de devenir assez considérables pour imposer une intervention absolument nécessaire.

En somme un pronostic assez sombre doit être réservé aux cysthématomes menstruels post-opéra-

toires par suite des complications possibles que nous avons énumérées : suppuration, rupture avec hématocèle, occlusion intestinale chronique ou aigüe par adhérences serrées et multiples. À tout cela il faut ajouter la difficulté parfois extrème de l’extirpation quand on est obligé d'opérer.

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