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appréciable, spontanée, exagérée à la moindre pression, irradiée Île long du cordon; serotum tuméfié, peau rougie parsemée de trois ou quatre petites phlvctènes, déjà assez tendue pour mettre obstacle au palper profond et pour permettre de penser au début d’un épanchement soulevant la vaginale. En plus : courbature générale et fièvre matinale à 3803. La poussée persista aiguë, vraiment inflammatoire, pendant 7 à 8 jours, puis lentement, la peau perdit de sa rougeur, le serotum de sa tension, la douleur de son acuité, le tout aboutissant après un bon mois, au ramollissement du noyau épididymaire, avec formation d’adhérences entre la peau et le foyer tuberuleux, que par la suite, il devint nécessaire de ponctionner d’injecter du chlorure de zinc, sans possibilité, toutefois d’en empêcher la fistulation. Puis à ce premier foyer caséeux s’en ajoutèrent d’autres,
six mois plus tard la complication s’imposa.
Que le diagnostic de la complication fût exact l’évolution ultérieure; fatale à l'organe lésé, le confirma. Que nous nous soyons trouvé réellement en présence d’une /uberculose tlesticulaire transformée en orchite tuberculeuse nous en trouvons nouvelle confirmation dans la rapidité avec laquelle survint la suppuration : rapidité caractéristique en pareil cas (Paul Reclust ). Qu'il s’agisse de méfaits solaires, nul doute. N’v at--il pas entre l'application des radiations, et l’apparition des accidents un rapport de temps, de circonstances, incontestable ? D'autant qu'aucune autre cause occasionnelle ne saurait être invoquée. Nul traumatisme, nul froissement même, aucun acte génésique.
Il n’est point au surplus hypothétique d’invoquer l’action solaire en Lant que cause occasionnelle des accidents survenus chez notre malade. Celui-ci a soumis son organe lésé à l’action non point dosée progressive, mais brutale de la lumière Solaire, il à reçu ni plus ni moins un coup de soleil; nous en savons les caractères : «après queques heures d’un stade de latence, se développe sur les régions frap pées par la lumière, une rougeur très vive accompagnée d’élévation
de la température locale, de tuméfaction, de prurit. La peau est
1. Prof. P. Reclus. Organes génitaux de l’homme in Traité de chirurgie de Simon Duplay el P. Reclus, &. VIII, p. 163.
douloureuse à la pression, et les mouvements exagèrent cette dout leur» Th. Noziert ). Si l’insolalion s’est prolonzée l’érythème peut être suivi de phlycténes contenant un liquide jaune clair. Cette svmptomatologie, ne la relrouvons-nous pas dans le cas qui nous occupe ? Ce qui d’ailleurs ne saurait nous surprendre. En effet l'irradiation à été trop prolongée nous le savons, el cette irradiation s’est faite sous une action calorifique trop vive. Si enfin nous voulions pousser plus avant cette étude nous pourrions, recherchant lesquelles des radia- Lions solaires sont à incriminer, nous pourrions accuser les radialions caloriques. Nogier nous dit: «Les lésions produites par les ravons calorifiques se distinguent Lrès nettement de celles produites par les ravons ultra-violets. Avec les rayons calorifiques les réactions sont
immédiates et marchent rapidement vers leur maximum. »
Observation II (Lalesque), inédite.
Jeune fille âgée de 18 ans, habile à Paris.
Père et mére sains. Ù
Enfance Ilvmphatique, règles tardives (15 ans) et pénibles, d'où nécessité de plusieurs séjours à la mer (Bretagne) et de plusieurs cures à Biarritz. Nervosisme marqué.
Au débul de 1917, sans raison apparente, car elle mène à Paris une existence saine, révulière el surveillée, commence à donner des signes de débilitalion : accentualion de la pâleur des muqueuses, plus d’appétlil, règles moins abondantes el moins colorées, leucorrhée plus marquée, facile état sublébrile vespéral. Adénopathie cervicale droile déjà ancienne, immobile.
Est en août dirigée sur Arcachon aux fins d'une cure marine atténuée.
Le lendemain de l’arrivée, mon examen, en plus de lPélal précité relève quelques détails : une légère lachveardie avec souffle anémique
de la base.
1. Th. Nogier. Action pathogène de la lumicre, in Nouveau lrailé de pathologie générale de Ch. Bouchard el IL. Roger, L. 1, p. 887.
Le sommet du poumon droit, en arrière est le siège d’une exagération des Vibrations (horaciques, d’un retentissement vocal plus marqué que du côté opposé. Mais la malade n'ayant jamais toussé, n’avant jamais eu de bronchite ou rhume persistant, il n°4 à pas lieu d’en tenir grand compte.
Quant à l’adénopathie cervicale qui siège exclusivement du côté droit, on pourrait dire qu'elle est presque du type mono-ganglionnaire. En effet à la partie movenne et antérieure de la région, on aperceoit un ganglion du volume d’une noix, totalement indolore dans le passé comme dans le présent, sans changement de coloration des téguments sus-jacents où périphériques. Au palper on constate qu'il est globuleux, dur, renitent, indolore, mobile dans tous les sens. La palpation attentive indique en plus — mais rien d'autre = la présence de deux autres ganglions non apparents extérieurement, pelits. faisant immédiatement suite à l’extrémilé inférieure du ganglion. Tous trois se superposent à la manière de grains de chapelels, également indolores, mobiles, rénitents. Ces constatations faites, Je prescris trois jours de repos complet au lit et à la chaise longue, sur la terrasse de la villa, repos nécessaire à l’acclimatement. Rien d'autre. En effet, il faut pour la malade, comme nous y avons insisté, Festal, Armand Delille et moi, comme le pratique Rollier depuis long-temps à la montagne, une période d'adaptation. Surtout, s'il s’agit d’un ciladin comme c’est le cas ici; al lui faut quelques jours pour s’habiluer aux conditions différentes de la vie à la ctation climatérique; il faut d’abord l’habituer à supporter l’air en ouvrant largement la fenêtre non seulement le jour, mais la nuil. I lui faut aussi s’adap- Ler au climat marin et à la luminosité plus grande de l'ambiance (1) ».
Mes conseils n’aboutirent à rien. Dès mon départ la malade voulant en faire à sa guise commença, voici dans quelles conditions, ce qu'elle appelail «sa cure de soleil ». Pendant trois jours conséeu- Lifs, el deux fois par jour, aux heures très chaudes, entre 11 heures el 15 heures, elle expose son cou au soleil, la tête cependant protégée d’une ombrelle.
1. Armand Delille. Héliothérapie marine dans les tuberculoses abdominales, Rapports de Cannes 1914,
au ne
Combien de temps exactement durèrent ces insolations ? Je n'ai pu le faire préciser; la malade déclare cependant à chaque séance «être restée au soleil tant qu’elle a pu le supporter. « Si la sensation de chaleur était trop vive, elle se relirail un instant, puis recommençait.
Le résultat ne se fil pas attendre, et voici ce que je constatais, au léger état subfébrile vespéral a succédé depuis la veille une poussée fébrile accusée par 3806 (tempéralure rectale) le soir, et 3801 le matin de ma visite, céphalée, insomnie. La région cervicale droite, restée Jusqu'à ce jour indolore, et de mobilité parfaite est actuellement douloureuse, immobilisée en attitude rappelant quelque peu celle du torticolis, gonflement appréciable : la peau est rouge, chaude, tendue, épaissie, le gros ganglion très sensible au toucher, de même que ses deux petites satellites. Il semble que l’adénile luberculeuse d’allure chronique depuis des mois, prend les allures d’un adéno-phlegmon.
EL c’est bien ainsi qu'évoluèrent les accidents, qui conservèrent cette marche aiguë pendant une semaine. Fort heureusement ils n’aboutirent pas à Ja su ppuralion, mais laissèrent après eux une situation locale aggravée en ce sens que les ganglions augmentèrent suffisamment de volume pour devenir [ous décelables à la vue, que primilivement isolés les uns des autres, ils se trouvèrent englobés cimentés, dans une gangue d'induration inflammatoire, étalée en plaques et par place évalement menacés de ramolissement. sans ullérieurement v aboutir
Ce qui importe dans cette observalion, c’est l'enchainement des faits, et la conclusion qui découle : Coup de soleil par grossière erreur de technique hélothérapique, transformant une tuberculose ganglionnaire chronique en adéno-phlegmon, ou peu s’en faut. À cela rien de su-prenant, on sait «la fréquence des poussées aiguës au cours de Ja Euberculose ganghonnaire chronique; elles éclatent sous l'influence d’un traumatisme, du froid, d’une inflammation de voisinage, et ce sont elles qui souvent annoncent et p'ovoquent la suppuration À. »
1. Lejars. Tuberculose des ganglions lvmphatiques in Trailé de chirurgie de Simon Duplay et Paul Reclus, &. EL, p. 734.
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Dans notre observation l’inflammation de voisinage eflicienbe et fautive fut l’inflammation de la peau causée par le coup de soleil; c’est elle seule, qui à la marche torpide, lente et chroniquement extensive substitua la forme inflammatoire, heureusement terminée chez le malade par une résolution relative.
Nous devons à M. le professeur Carles l'observation si intéressante qui va suivre: elle diffère des deux précédentes, en ce que l'accident, qui y est relaté, n’est point tout à fait de même ordre.
Ici nous sommes en présence non plus d’un coup de soleil, mais d’un coup de chaleur survenu après une exposition locale mal dirigée.
Cette observation mériterait une discussion beaucoup plus longue, que la nôtre, mais elle nous entrainerait en dehors des limites que nous nous sommes fixés.
Observation III (professeur Car'es)
Coup de chaleur avec hémiplégie droite par héliothérapie locale intempestive.
Jeune soldat âgé de 25 ans, entré à l’hôpital de Brives pour péritonite tuberculeuse en juillet 1918.
Grosse ascite avec quelques gâteaux péritonéaux. Etat général assez bon. N'a point eu d’autres localisations tuberculeuses.
Malade soumis à l’héliothérapie au mois de juillet; maladroilement, au lieu de faire des applications progressives au soleil, le médecin chargé du trailement de £e malade l'y laisse exposé d’emblée presque toute la journée avec comme seule précaution de faire mettre la Tête et le thorax à l’abri des rayons ardents du soleil estival.
Au boul de peu de jours, le liquide disparaissail presque complètement, lorsque brusquement Ia malade fit une température de 3905 à 400, perdit à peu près connaissance, faisant en même temps une hémiplégie droile. C’est seulement au bout de 4 ou 5 jours, que la tempé-
ralure élevée est Lomhée, qu'une crise urinaire salutaire a succédé à
l’oligurie qui s’était installée, mais il a fallu plusieurs semaines pour la disparition complète de l'hémiplégie.
Le liquide ne s’est jamais plus reproduit, la peau est resté très longtemps fortement pigmentée.
Le malade est resté maigre, (rès affaibli, (très déprimé, dans les semaines qui ont suivi ce malheureux incident. Depuis le malade a quitté l’hôpilal, el il a éLé impossible de le suivre par la suite.
Ici la maladie ne fut pas aggravée immédiatement par cette héliothérapie intempestive, mais si le liquide ascilique a presque compiétement disparu. le pronostic lointain est très incerlain car si létal général était assez bon. à sa sortie de l'hôpital, il était tout autre, le malade élail très affaibli, el paraissait plus apte à une rechute ou à faire une autre localisation tuberculeuse.
L'accident qui arriva, bien que passager n’en ful pas moins très désagréable. Quelle responsabilité pour le médecin, que le malade et la famille incriminera de ce méfait. car au malade l’hémiplégie paraîtra sûrement une infirmité plus gênante que l’ascite.
Que se passa-t-il ? 3
Le sujet semble avoir eu un coup de chaleur, bien que la tele et le thorax fussent abrités, et qu'il prit seulement un bain local de soleil
Le début fut bien celui d’une insolation, le malade perdit connaissance, sa température était alors élevée 3905-400, et si nous possédions plus de détails sur son état à ce moment, nous aurions sans doute d’autres signes, tels que: pupilles dilatées, convulsions dans les membres, vomissements, elc. ;
Son évolution fut aussi celle du coup de chaleur, accidents aigus avec température, guérison de ceux-ci et sequelle nerveuse non persistante, en l’occurrence : hémiplégie droite.
Celle-ci semble être d'ordre toxique, il y aurait eu une auto-intoxicalion sous l'influence du soleil trop chaud, el atteinte de la cellule nerveuse.
Quoi qu'il en soit, l'intérêt de cette observation tient à la rareté de cel accident en temps que survenu dans un bain local, el en temps que trouble lui-même, non encore signalé croyons-nous, il pourra
prendre place à côté des sequelles nerveuses plus fréquentes «céphalée,
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amanésie partielle, neurasthénie, troubles mentaux .» Gestan.t
Observation IV (Bouquier) ?
Bouquier dit avoir observé cune périlonile tuberculeuse fibro-ascitique, où une insolalion sur l'abdomen à amené, au bout de huit séances, des accidents périlonéaux aigus Lerminés d'ailleurs par Ia
guérison,
Observation V (d'(Elnitz) 5
« Nous avons observé qu’une insolalion de une à deux heures élait susceptible de provoquer, dans un cas de périlonile fibro-caséeuse des vomissements répélés. Après suspension de quelques jours et reprise réduile de la cure, pareils accidentsne se sont pas reproduils.
Dans la même maladie nous avons vu des insolalions de 20 minutes
produire des accidents occlusifs temporaires »
Ceslan-Verger. /n Précis de pathologie interne de Balthazard,
Se [er Congrès de Thalassol!:érapie, Cannes, 1914.
| CLNEMD LS 2. Thèse Bouquier, Paris, 1917. Le sanalorium marin, el Ia lutte contre la tuberculose chez lenfant (présidence Hulinel). D’Œlnitz, Posologie de Fhéliothérapie marine in Rapports du
En RE
Précisions techniques nécessaires
Comme nous venons de le voir, de grossières erreurs de techniques entraînèrent des résultats tout opposés à ceux que donne Ia technique rigoureuse et méthodique. Ainsi sous l’influence du soleil nous dit Andrieu! «la polyadénite avec périadénite évolue assez vite. En quelques mois l’æœdème qui confond tous les ganglions en une masse unique disparaît peu à peu. Devenus distincts, les ganglions roulent sous les doigts. »
Dans notre observation TT, c’est tout l’inverse qu’entraina la défectuosité technique.
Il en fut de même quant à l'observation [, disons toutefois que pour les tuberculoses génito-urinaires des réserves s’imposent quant à la valeur de l’héliothérapie; que si pour d'Œlsnitz? « les tuberculoses testiculaires partagent le sort et les indications des tuberculoses externes vis à vis de l’héliothérapie » que si Rollier s'appuyant sur sa statistique personnelle en recommande l’application par contre Mantoux, Sabhli, Bauer (cités par Jaubert) préconisent l’abstention.
1. Andrieu. Congrès de Thalassothérapie, Cannes, loc. cit., L’héliothérapie marine dans le traitement des tuberculoses chirurgicales.
2. D'Œlsnitz. L'héliothérapie: complément du traitement climatique, Congrès d'hygiène et de climatologie, Monaco, 1920, p. 553.