‹ Des Déchirures du Bord Interne de l'Iris: Par Contusion du Globe OculaireChapitre 18 sur 47 · THÉORIE DE VON ARLT · texte numérisé non relu

THÉORIE DE VON ARLT

Yon Arlt, dans son traité sur les blessures de l'œil paru en 1879, parle en passant des déchirures de l'iris. Cet auteur semble admettre, comme Franke, l'existence d'une contraction. du sphincter irien au moment de la contusion, lorsqu'il dit: « Des déchirures qui atteignent l'iris dans le sens radiaire font supposer un rétrécissement de la pupille et une poussée brusque du cristallin contre l'iris tendu au moment de l'aplatissement de la cornée ».

En outre, pour lui, il faut tenir compte dans la production de ces déchirures de l'état constitutionnel de l'œil et de ses membranes; il cite particulièrement la grande fragilité des tissus, propre à la vieillesse, l'état de réfraclion de l'œil atteint, (haut degré de myopie, ectopie du cristallin) comme aussi l'aplatissement plus ou moins prononcé du globe oculaire ou sa plus ou moins grande profondeur.

Les diverses circonstances, invoquées par von Arlt, me semblent pas exactes. En consultant, en effet, le tableau des observations, on peut voir que ces déchirures ont été constatées à tous les âges, plus fréquemment peut-être chez des adolescents, et un de nos malades n'avait que douze ans. Ce même malade était de plus emmétrope avant son accidentet nous ne relevons que de rares cas de myopie de l'œil sain.

THÉORIE DE SCHIRMER

Schirmer, dans un article publié en 1890, donne des déchirures du bord interne de l'iris par contusion une explication toute différente des précédentes. Il explique de la même façon le mode de production des déchirures de la cristalloïde antérieure dont il a publié/deux cas #11 Sest confirmé dans son opinion depuis la thèse de Blanke où sa théorie a été publiée.

Cet auteur admet que le Corps contondant, mousse, déprimerait la cornée, provoquerait une invagination de celle-ci qui, si la force est suffisante, viendrait au contact de l'iris. Elle pincerait à ce moment l'iris contre le crislallin maintenu fixé par lé corps vitré. Les parties de l'iris, qui ne sont pas pincées essaient de fuir sous la pression de l'humeur aqueuse, qui cherche une issue, tirent sur le morceau d'iris fixé jusqu'à ce que, finalement, ilse déchire. I donne à l'appui de sa théorie les différents détails relevés dans l'observation de son cas, à savoir l'existence de la déchirure de Firis juste vis-à-vis de l'érosion que porte la cornée, trace certaine du point d'application du corps contondant, et, deuxièmement, la présence d'une lache sur la cristalloïde antérieure, siégeant au niveau même des déchirures de l'iris, et devant correspondre au point de pincement de cette membrane.

Il ne semble pas prouvé, disent MM. Weiss et Klingelhôffer, que la cornée puisse ainsi s'invaginer en son milieu tout au moins, (à la partie périphérique, cette invagination serait peut-être possible) de façon à atteindre le cristallin et suffisamment pour pincer Firis sans que

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le bulbe oculaire éclate. Comment interpréter par cette hypothèse les cas dans lesquels la déchirure s’est nettement produite dans le segment de l'iris opposé au point où s'est appliqué le corps contondant (cas de Weiss et Klingelhôffer), puisque, d'après Schirmer, la déchirure ne peut se faire qu'au point de l'iris Gù vient s'invaginer la cornée? Cette théorie ne tient pas comple non plus des cas où le corps contondant vient s'appliquer sur le bord cornéen et même encore un peu plus en arrière sur la sclérotique (observation IF de Weiss el Klingelhôffer ). Nous verrons plus loin l'interprétation de ce cas donnée

par ces auteurs.

THÉORIE DE BLANKE

Blanke dans son travail inaugural paru en 1889 pense que, pour expliquer la production des déchirures de l'iris, et l'interpréter, il faut tenir compte dans chaque cas de la situation, de la configuration de la déchirure, de la violence de la contusion extérieure, comme aussi, de la direction qu'avait le corps contondant, de l'état particulier des tissus de Fœil du malade atteint.

Tout corps contondant produira son action, d'une part, localement au point d'application, et, d'autre part, sur tout l'œil, par la compression qu'il implique aux divers milieux.

Vu la constitution anatomique de l'œil, une force extéricure frappant le globe oculaire ne peut agir'sur l'irisret surtout sur son bord interne qu'indirectement : ce sera par l'intermédiaire des parties en connexion avec hier sclérotique, les procès ciliaires, le cristallin et l'humeur

aqueuse. L'irisa, pour résister, son élasticité et son exten-

sibilité. Ce sont là autant d'éléments qui pourront varier suivant les individus. Les déchirures se produiront toutes les fois que les moyens de résistance de l'iris cèderont avant que le corps contondant ait fini d'agir. La répercussion de la compression du bulbe en un point ne se produira pas exclusivement par un bombage au point diamétralement opposé, l'œil «étant fortement malelassé par une couche de lissu adipeux » : la sclérotique est de plus peu dilatable, et la physique apprend que, lorsqu'on comprime un liquide enfermé dans une coque solide ( et c'est le cas pour l'œil où le liquide est représenté par l'humeur aqueuse et l'humeur vitrée), cette compression se transmet intégralement à toutes les parties de la paroi. Le résultat de la compression sera donc. d'une part, de tendre à dilater la sclérotique, d'écarter le limbe sclérocornéen, et, d'autre part, de maintenir le cristallin contre l'iris et de pousser ceux-ci en avant. Si l'on conçoit qu'à ce moment le sphincter de l'iris est contracté. (ce qui se produit certainement tout au moins dans certains cas), on comprendra que celle propulsion du cristallin pourra provoquer des déchirures du bord interne de l'iris dont lextensibililé et l'élasticilé sont entravées. De plus, localement, comme l'admet Schirmer, l'invagination de la cornée, en venant fixer une partie de l'iris diminuera encore les moyens de défense de celui-ci, sa mobilité et son extensibilité, el on comprend que ce soit à ce niveau que se fasse de préférence la déchirure.

C'est on le voit, une théorie mixte de la théorie de

Franke et de celle de Schirmer.

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