THÉORIE DE FUCHS
Fuchs considère les déchirures du bord interne de l'iris comme le résullat d'une dilatation brusque de la pupille. Voici comment il interprète les phénomènes mécaniques qui se passent dans l'œil sous l'action de Îa contusion et pouvant produire lune quelconque des lésions connues de l'iris. |
« Pour expliquer, dit l'auteur, les diverses modifications que subit l'iris sous l'influence d'une contusion oculaire. il faut prendre en considération deux faits importants : Île premier, €esl l'aplatissement que subit la cornée sous l'effort de la contusion: comme conséquence de ee fait. la circonférence cornéenne. s'agrandit et le cercle d'insertion de l'iris devient plus large. Lorsque l'agrandissement à lieu brusque: ment, l'iris ne peut suivre el il se détache en lun ou l'autre endroit de son insertion, au point qu'une iridodialyse se produil. Le second fait, c'est que le coup qui atteint la cornée et l'aplatit, refoule en même temps l'humeur aqueuse. Celle-ci tend à fuir en arrière et COmprime la paroi postérieure de la chambre antérieure. Cette paroi est constituée au niveau de la pupille par la cristalloïde, dans tout le reste par l'iris. Lorsque celui-ci est refoulé, il ‘est soutenu par le cristallin sauf dans ses parties marginales qui se trouvent au delà du bord du cristallin. À ce point, la chambre postérieure est plus profonde, et n'y est limitée que par la faible zonule de Zinn. C'est donc vers la périphérie de l'iris que se
trouvent les parties les moins résistantes de la paroi
postérieure de la chambre antérieure, lesquelles céderont par conséquent les premières sous la pression, de l'humeur aqueuse. De cette façon donc, l'iris au niveau de sa périphérie est refoulé par l'humeur aqueuse: il s'y déprime en forme de sac, jusqu'à la zonule de Zinn etmême Jusque dans le corps vitré, si la zonule vient à se rompre.
Les conséquences immédiates des changements de position de l'iris sont de trois espèces : d'abord une violente tension des fibres de l'iris dans la direction radiée. ensuite une dilatation de la pupille, enfin une ruplure éventuelle de la zonule. La première peut entrainer une iridodialyse ; la dilatation brusque de la pupille peut produire des ruptures radiées du sphincter et, comme conséquence, la paralysie de ce muscle: quant à la rupture de la zonule, quand elle se produit, elle provoque le tremblement, la subluxation, ou même la luxation du cristallin. Si la dilatalion de la pupille acquiert un degré suflisant, le: cristallin n'étant plus soutenu par la zonule de Zinn, peut tomber dans la chambre antérieure, où il reste emprisonné par l'iris qui se contracte à nouveau sur sa face postérieure. Enfin, l'inflexion sacciforme périphérique de l'iris peut aller si loin que, sur un certain point, cet organe est régulièrement replié et qu'un
renversement irien en résulte. »
Avec le docteur Aurand, nous croyons pouvoir faire plusieurs objections à la théorie de Fuchs.
D'abord, si'une dilatation brusque de la pupille suffisail à produire des déchirures radiées de l'iris, cette
lésion devrait se produire dans tous les cas de luxations
traumatiques du cristallin dans la chambre antérieure, qui ne manquent pas de provoquer cette brusque dilatation. Or, il n'en est rien.
Nous ferons aussi remarquer que Fuchs est en contradiction avec sa théorie, lorsqu'il dit que, le cristallin étant luxé dans la chambre antérieure, l'iris se contracte de nouveau derrière lui. La dilatation excessive qui à laissé passer le cristallin à dû en effet être la cause de déchirures de l'iris et celles-ci, par l'atonie du sphincler. qui en est la conséquence, seront un obstacle au resserrement dé la pupille.
Fuchs semble considérer la rupture de la zonule qui permet la luxation du cristallin comme se produisant dans les cas où la poussée que supporte l'iris est la plus grande, dans ceux où la dépression sacciforme de cette membrane atteint ses limites extrêmes. Mais, c'est aussi dans ces cas que se produisent la plus grande tension des fibres radiées de l'iris et la plus grande dilatation de la pupille: l'une des lésions que Fuchs leur attribue devra donc se produire lorsque la troisième étape sera atteinte. Or les ruptures de la zonule sont fréquentes dans Îles cas de contusion oculaire : Îles déchirures de l'iris sont rares: les luxations du crislallin s’observent souvent sans la moindre trace de déchirure irienne. On peut donc en conelure que si toutefois, la dilatation invoquée par Fuchs est réelle, elle n'est pas l'unique cause de la déchirure radiaire de l'iris.
MM. Weiss et Klingelhôffer ont objecté à Fuchs comme à Schirmer que sa théorie ne peut bien expliquer que les cas dans lesquels le coup est porté directement
d'avant en arrière, mais non eéeux où le point d'appli-
calion de la contusion est au niveau de l'insertion scléro-
cornéenne et même postérieure à cette ligne.