‹ Des Déchirures du Bord Interne de l'Iris: Par Contusion du Globe OculaireChapitre 24 sur 47 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Quel pronostic, au point de vue de la vision, devronsnous porter devant un malade présentant une ou plusieurs déchirures de l'iris à la suite d’une contusion du globe oculaire? I] dépendra bien plus des lésions con- : comitantes de l'œil que ‘de l’état de l'iris. La présence même d’une déchirure, reconnue dès l’abord nous

fera penser à une contusion violente ; et on sait com-

bien il faut être réservé en pareil cas et particulièrement

chez un malade atteint d'une diathèse que la violence du choc viendra localiser au niveau de l'œil, organe excessivement sensible. Un examen minulieux des membranes et milieux réfringents devra donc être fait. 11 faudra aussi tenir compte de la réfraction du malade ; on sait en eflet, que, chez un myope, la contusion pourra amener plus facilement que chez un autre un décollement de la rétine.

Mais, à ne considérer que la membrane irienne, pou-

Rd

vons-nous espérer une réparation de son lissu, une Cicatrisation des déchirures, une restauration de la pupille, et la disparition des troubles visuels que Sa dilatation entraîne ?

En passant en revue les diverses observations des malades qui ont pù être suivis, on est frappé de la diversité des résullats obtenus. Pohlenz, dans deux cas. Weiss et Klingelhôffer dans un de leur cas, disent avoir observé la cicatrisation des déchirures trois mois après l'accident, un an après seulement chez l'un d'eux. Dans ces Cas, nous Croyons que ce que CES auteurs ont observé est non seulement une cicatrisation des déchirures, mais encore une restitution ad inlegrum du tissu irien, par coaptation des lèvres de la déchirure. La cicatrisation. pensons-nous, Se fera toujours, mais elle pourra être plus où moins {ardive. La profondeur de la déchirure, la netteté plus ou moins grande des bords de l'ouverture. et surtout l'état de l'œil du malade seront, nous Croxons, autant d'éléments qui auront leur influence sur la restauration ultérieure.

Mais si la restauration de Firis ne se fait pas complètement dans tous les cas, ne pourrons nous pas néanmoins observer le retour de ses mouvements L'ensemble des observations parle en faveur de cette évolution, que nous pouvons ciler comme preuve de la cicatrisation. Sur quatorze malades suivis, onze, en effet, présentaient plusieurs mois après l'accident, un retour des mouvements pupillaires. Dans l'un des autres cas, la date du dernier examen nest pas mentionnée ; dans les deux autres, le malade a été vu pour la dernière fois deux

mois après l'accident. Nous croyons pouvoir conclure que

le plus souvent, ces mouvements pourront revenir : mais ce relour pourra être très lardif, trois mois et plus. La

réaction pupillaire, surtout dans la moitié de l'iris où

siègent les déchirures. resteront loujours plus lentes

que du côté sain. L'iris, réagissant dès lors à la lumière et à l'accommodation, améliorera l'acuité visuelle et raménera la vision nette des objets.

Dans les cas extrêmement rares de grande déchirure du troisième degré, la mydriase pourra persister : l'œil s'accoutumera en partie à l'excès de lumière qui lui arrive; la vue pourra cependant rester troublée.

Enfin, ilest un mode d'évolution des déchirures de l'iris étudiée par M. Salomon dans un journal médical anglais, et rapportée dans la thèse de Drouin (1876), sur la particularité de laquelle, nous nous permettrons d'avoir quelque doute : « Quand l'iris est déchiré suivant son diamètre tranversal, en deux ou trois points, dil cet auteur, tout le segment compris entre les déchirures s'atrophie en quelques jours et cesse d’être visible, quoique l'humeur aqueuse soil transparente. » Il ne nous à pas été permis d'observer cette lésion qui doit entraîner des troubles sérieux de la vision. Nous avons cru bon de la rappeler en passant, sans devoir nous y arrêter plus longtemps.

En résumé, nous ne pourrons espérer dans tous les cas la restitution ad inlegrum de l'iris, la cicatrisation des déchirures au contraire se fera toujours, mais laissant le plus souvent persister une certaine dilatation pupiHaire au repos, dilatation qui sera d'autant plus considérable que les déchirures seront plus étendues. Quant aux trou-

bles de la vision que celles-ci entraînent, ils pourront

être fortement réduits par l'accoutumance, el disparaîtront presque complètement dans les cas de déchirures d'étendue moyenne, de beaucoup les plus fréquentes. Aussi ne devrons-nous pas nous laisser abuser par des malades enelins à l'exagération de ces troubles, à la recherche d'indemnités, tant comme médecin légiste, que comme

médecin militaire.

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