‹ Des Déchirures du Bord Interne de l'Iris: Par Contusion du Globe OculaireChapitre 25 sur 47 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le malade estil vu peu de temps après son accident, et ne présentetil au premier examen qu'un vaste hyphæma cachant l'iris, quelle conduite devra-Lon tenir?

* Follin conseille dans les cas où la dislension serait considérable et menacerait d'amener une réaction inflam. maloire violente, de faire à travers la cornée une ponction évacuatrice. M. Desmarres a également fait la ponttion dans un cas d'hyphœma abondant, survenu à la suite d'un coup de fouet { Gaselle des Hôpilaux ). M. Yvert ajoute : « Cette pratique est évidemment excellente. mais avec cette modification importante, apportée par M. de Wecker, que cette ponction ne doit être pratiquée que longtemps après l'accident». « On ne doit jamais essayer, dit M. de Wecker., d'évacuer le sang épanché dans la chambre antérieure peu de temps après l'accident, car une nouvelle hémorrhagie surviendrait rapidement. » Le repos, en effet, suffira le plus souvent pour voir s'effectuer la résorption du sang épanché. On poura y joindre toutefois, comme le conseille M. Yvert, l'application

de compresses froides, ou mieux de glace. L'hyphœma

ayant disparu, el la déchirure de l'iris étant reconnue, que ferons-nous contre la dilatation pupillaire ?

Devrons nous laisser l'iris au repos, où au contraire agir sur lui par les agents modificateurs de sa motililé ?

L'occlusion de l'œil blessé ne serait rien sans celle de l'autre œil, et la fermeture des deux yeux, si pénible, ne nous semble nullement indiquée. Nous ne pouvons, nous l'avons vu, espérer toujours la restitution ad inlegrum de l'iris. Celle-ci ne peut même se faire sans un léger degré d'inflammation tout au. moins locale, inflammation qui pourrait amener la formation d'adhérences à la cristalloïde antérieure, qu'il nous faut avant tout éviter. Ce qu'il nous faul rechercher, c'est la mobilité de liris. mobilité que la lumière ne suffit plus à produire. Nous aurons recours à des excilants plus énergiques : à l'atropine où à l'éserine.

Lequel de ces deux médicaments, à action opposée, dedevrons-nous choisir ? M. Yvert donne la préférence à l'atropine ;: mais, Cest surtout en vue de prévenir les accidents locaux. Par l’atropine, le sphineter reste au repos et n'agit pas sur les Ièvres de la déchirure, où il semble S'insérer : mais lés fibres dilatatrices qui entrent en action n'en écartent pas moins ces lèvres. L'éserine, en faisant contracter le sphineter, dilate également la déchirure. Dans l'un comme dans Fautre cas, les bords de la plaie ne pourront être ramenés au contact. L'emploi de l'atropine ne nous semble nullement indiqué comme traitement, Loutes les fois que la pupille est déjà dilatée et qu'il ny a pas d'adhérences. On peut l'admettre tout au plus comme moyen adjuvant d'examen el de diagnostic. L'éserine ne

LA devra non plus être employée dès le début. Son emploi,

{Son tes

croyons-nous, sera plutôt justifié lorsque la cicatrisation, le plus souvent rapide, empêchera une augmentation d'étendue des déchirures de se produire par l'écartement de leurs lèvres. Il aura alors pour effet de lutter contre la mydriase persistante,en favorisant le rétrécissement de la pupille.

While Cooper, dans son article publié en 1855, propose de remédier aux troubles de la vision qu'entraîne la dilatation de l'iris par l'emploi d'une lunette sténopéique, « d'un appareil ayant pour but d'imiter la contraction de l'iris et consistant dans un encadrement de lunette auquel on fixe du côlé correspondant à l'œil malade une plaque opaque. d'acier mince, de corne ou d'écaille de tortue noircie, et ayant à son centre, au point qui correspond à la pupille, une ouverture circulaire ou une fente transversale. La forme et les dimensions à donner à celle ouverture doivent être indiquées par l'expérience : on en essaie plusieurs et l’on choisit celle qui favorise le mieux la vision. »

White Cooper a proposé cel appareil. à un de ses mialades, mais celui-ci n'a pas été revu. Nous ne pensons pas que cet appareil ait élé mis en pratique depuis. L'idée théorique en semble bonne et particulièrement applicable aux cas de grandes déchirures où l'accoutumance à la lumière n'a pu se faire et où persistent les troubles de la vision.

Le traitement des déchirures du bord interne de l'iris est, on le voil, purement symplômalique. On pourra conseiller des instillations d'éserine ou de pilocarpine, faites seulement quelque temps après l'accident. On ne songera à l'emploi d'une lunette sténopéique que si le

malade doit en retirer des résultats certains.

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