‹ Des Déchirures du Bord Interne de l'Iris: Par Contusion du Globe OculaireChapitre 26 sur 47 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Rapporlée par Josenhans 1838 — Résumée par Franke in Archiv. fur Ophtalmologie 1886.

Le malade avait reçu sur l'œil gauche un lourd morceau de bois pesant 20 livres. IL s'en suivit aussitôt une perte complète de la vue. À l'examen, on trouva une tuméfaclion et une ecchymose des paupières, en même temps qu'une légère excoriation de la peau. Chémosis intense de la conjonctive. Cornée légèrement excoriée. Chambre antérieure remplie de sang. Après résorplion de ce sang, on peut voir l'iris déchiré au niveau de son bord pupillaire en plusieurs endroits; parmi ces déchirures, les unes traversent complètement l'iris, les autres respectent quelques fibres de son tissu. Le cristallin luxé est couché dans la chambre antérieure.

À un examen ultérieur, l'iris a pris un aspect frangé. Le malade

a présenté dans la suite une amaurose complète.

OBSERVATION II Rapportée par While Cooper. Annales d'Oculistique, 1853.

En octobre 1854, un homme entre au Saint-Mary's hôpital, pour un coup violent qu'il a reçu sur l'œil droit ; la chambre antérieure est remplie de sang, et l'on ne peut distinguer aucune trace de l'iris. On le met au lit, et on prescrit des applications froides à demeure

sur l'œil blessé, un purgalif actif et la diète.

ue et SE

Ho

Le malade ne fut vu que le lendemain : la résorplion avait marché si rapidement qu'on put reconnaitre l'état de l'iris. On vit alors que le sang s'était échappé de deux fissures du cercle interne de l'iris. qui donnaient à cette membrane l'aspect dentelé. La pupille était largement dilatée, complètement immobile, el la vue si affaiblie que le malade ne distinguait que les gros objets. L’œil était cependant exempt d'inflammation et le malade n'’accusait aucune douleur; on le laissa sortir.

Il fut revu deux mois après l'accident. Voici dans quel état il se trouvait : La pupille est toujours largement dilatée, et l’irrégularité du cercle interne de l'iris est encore très distincte. On ne peut exciter dans l'iris ni contraction, ni dilatation ; il reste immobile quelle que soit l'intensité de la lumière. L’œil s'était promptement rétabli de l'accident, à l’exception de la vue qui est restée fort obscure. Tous les objets lui paraissent sombres et confus : il voit mieux lorsqu'on le fait regarder à travers une carte perçée par une épingle. Comme il n'existait aucun symptôme inflammatoire, on se borna à lui conseiller de se procurer un diaphragme perçé, de façon à limiter la quantité de lumière arrivant à l'œil.

OBSERVATION III While Cooper, loc. eit.

Un officier de dragons, en garnison à Dublin, reçut au commencement d'octobre 1856, en jouant à la paume, un violent coup de balle sur l'œil gauche. Il fut étourdi sur le moment, mais en reprenant ses sens, il s’aperçut qu'il ne voyait plus de l'œil blessé. I s’adresa à un médecin habile; M. Wilde fut aussi consulté, de sorte qu'il fut traité dès le début avec tous les soins désirables. M. While Cooper vit le malade le 16 novembre, environ six semaines après l’accident. Son œil était dans l’état suivant : la pupille est énormément dilatée, l'iris est réduit à une bande étroite, et completement immobile sous l’action de la lumière la plus intense. Sa

portion inférieure présente deux fissures, dont les bords écartés

donnent à celle parlie l'apparence d'une scie. La vue est très imparfaite: il n’aperçoit. que les gros objets ; l'emploi d'un diaphragme percé ne l'améliore pas. On essaie des embrocations stimulantes et l'instillation de teinture d’aconit el d'opium, mais Sans le moindre avantage. Le malade est revu de temps en temps, el six semaines

après sa première visile, la vue s'était nolablement améliorée ; en

regardant à travers un trou d'épingle, il voyait nettement les objets qu'il distinguait à peine auparavant. Au bout de quatre mois. l'iris peut reprendre un peu de sa puissance contractile, car la dilatation de la pupille avait subi une diminution notable et la largeur de l'iris s'était accrue. Néanmoins, exposé alternativement à la lumière et à l'obscurité, il n'exécutail aucun mouvement. Quand le malade fut vu pour la dernière fois, en juillet, une nouvelle amélioration élait survenue, car il s'opérait de légers mouvements de dilatation et de contraction. La vision s'élait améliorée, car, non seulement il apercevait à l’aide du diaphragme percé les objets éloignés, mais il pouvait de plus lire et écrire avec assez de facilité. I y avail cependant un revers de médaille; comme la puissance visuelle des deux yeux n'élail pas égale, et qu'il ne pouvail cons- {amment porter son diaphragme, le malade avail pris, sans le savoir l'habitude de fermer l'œil malade chaque fois qu'il regardait quel-

qu'un.

OBSERVATION IV (While Cooper, loc. cil.)

Le 14 juin 1855, White Cooper fut consulté pour un jeune homme de 17 ans, qui, onze semaines auparavant, avait reçu une picrre volumineuse et vigoureusement lancée sur l'œil droit. I tomba sous la violence du coup, et cet œil perdit sur-le-champ la facullé de voir. I fut traité aclivement par un médecin, mais la vision ne revint qu'imparfaitement. C'est pourquoi on l'avait amené à Londres. I n’y avait pas à se tromper sur la nature du cas. La pupille

présentait celte large dilatation caractéristique el son bord inférieur

dentelé comme une scie. Il y avait trois fissures; les irrégularités étaient très marquées. La coloration de l'iris n'était. point altérée, et l'œil n'offrait pas là moindre trace d’inflammation. En lui faisant fermer l'œil sain, on s'assura qn'il ne distinguait que les objets volumineux et encore confusément. En le faisant regarder par un trou d'épingle, il reconnaissait les traits du visage, el lisait assez bien les grands caractères. Comme la lésion était très élendue, le pronostic fut défavorable, et Cooper conseilla de le faire renoncer à la profession d’imprimeur à laquelle on le destinail, pour prendre celle d’agriculteur ou toute autre qui n’exigeâl pas (rop de

travail des yeux, plus l'usage d’un diaphragme percé.

OBSERVATION V rapportée par Blumenstock (1871), résumée par Franke, loc. cit.

Le malade avait recu six jours auparavant un coup de pierre sur la région sourcilière gauche. A l'examen, on observait en plus d’une blessure de l'arc sourcilier, une forte iridodialyse dans le segment inféro-externe. Tremblement de l'iris ; pupille très dilatée. élirée en forme de poire à pointe inférieure, et réagissant peu. sur le bord pubpillaire, en haut et en dehors, on peut voir quelques petites déchirures très voisines les unes des autres. À l'examen ophtalmoscopique, on constale un épanchement sanguin dans le vilré. La papille est pâle. Rien autre d’anormal. V — Doigts sont vus à

5 et 6 pouces.

Page 1