OBSERVATION XVI
Rapportée par Pohlenz dans sa thèse, 1891.
W. F... o1 ans, a reçu le 4 mars 18go un coup de bàlon sur l'œil droit. Les paupières ont aussitôt fortement gonflé, et le malade se présenta à la clinique une heure après. À l'ouverture des paupières, à l’aide de deux élévateurs, on aperçoit une excoriation de l'épithélium cornéen à la partie externe. Un léger hyphæœma permet cependant de reconnaître une déchirure du bord pupillaire siégeant au côté externe. Après instillation d’atropine, l'iris se rétracte du côté interne. L'examen ophlalmoscopique du fond d'œil est impossible, les jours suivants. On constate d’abord l'existence, sur la cristalloïde postérieure, d'un léger trouble en forme d'étoile. Le centre de cette éloile ne correspond pas à l'axe optique, ce qui permet de diagnostiquer tout de suite une luxation du cristallin en haut; le centre de l'étoile est, en effet, situé à quelques millimètres au dessus de l'axe optique. Tremblottement de l'iris dans sa moilié inférieure, el, en comprimant fortement l'œil, on fait saillir le bord du cristallin. Au fond de l’œil, on observe une hémorragie de la région papillaire, du côté de la macula. En haut et en dehors, on peut voir un léger trouble grisàtre de la réline, qui suit les vaisseaux. Vision Snellen 100 à » pieds — Champ visuel normal.
1x mars 1890, — L’'hyphœma a entièrement disparu. L'éclairage à travers la pupille dénote la présence d’une deuxième pupille, c'est-à-dire d'un trou paraissant nellement rouge dans le segment externe de la pupille; elle a un diamètre d'environ un millimètre. Elle est située un peu au dessus de la déchirure du bord pupillaire el un peu en dehors, distante de celle-ci d’un diamètre.
Au bout de quelques jours, le trouble grisätre de la rétine avait disparu, et, à sa place on voyait un amas pigmenlaire considérable. L'hémorragie de la région papillaire avait presque disparu.
Vers le milieu de juillet 1870, l'œil du malade n’est plus déchiré ;
la moitié externe de l'iris montre très nettement que la déchirure
du bord el le trou du lissu irien sont cicatrisés. Le trouble du cristallin est presque resté au mème élal. À l'examen ophtalmoscopique, on peut reconnaître que le trouble de la rétine avail pris
l'aspect d'une chorio-rélinile.
OBSERVATION XVII Pohlenz, loc. ci.
R. S.., 23 ans, éludiant en médecine, reçut, le 15 août 188g, un coup de bâton sur l'œil droit. I perdit aussitôt la vue au point de ne pouvoir distinguer la lumière; et, en peu de temps, ses paupières devinrent très gonflées. Il eut au début de vives douleurs ; il ne fut examiné que 4 jours après l'accident. On conslata alors après ouverture des paupières à l’aide d’élévateurs, qu’il présentait un hyphœma qui s'élevait jusqu’à la pupille. On lui fit d’abord une instillation d’atropine ; la pupille se dilata fortement et put laisser passer les rayons. Le malade comptait les doigts à quelques pieds de distance. Le champ visuel était normal pour les mouvements de mein. La chambre antérieure élail excavée surlout du côté externe. On ferma l'œil avec un bandeau, les jours suivants, el on instilla au moins 6 fois quelques gouttes d’une forte solution d’atropine.
Le 19 août, la pupille se montrait encore plus dilatée et présentait une très légère déchirure sur son bord externe. L'hyphæma à nettement diminué.
°0 août. — La pupille est dilatée d’une façon irrégulière, plus de son côté interne que de son côté externe. La déchirure externe ne pouvait être la cause de cette irrégularilé, car loutes les fois qu'une déchirure agit sur l'état de la pupille, telle qu'une déchirure du sphincter, elle ne produit nullement un rétrécissement de la pupille du côté où siège la déchirure. Il aurait fallu trouver de ce côté une iridodialyse, qu’on n’observe ni d’un côté, ni de l’autre par l’ophlalmoscope. La vision s'était beaucoup améliorée. L’ophtal-
moscope permettail de reconnaitre la pupille.
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Une semaine après, l’hyphæma avait entièrement disparu. La pupille était presque dilatée au maximum en haut, en bas el en dedans. La papille se voyait très nettement. Les vaissaux étaient considérablement gonflés, ses limites accrues. Dans le reste du fond d'œil on ne voyait rien de pathologique, sauf cependant un léger trouble de la partie de la rétine siluée en haut et en dehors de la papille. I devait y avoir à ce niveau une lésion des cônes et bâtonnels. On put reconnaître maintenant la cause du manque de réfraction de l'iris dans sa partie externe. Par l'éclairage oblique, en effet, on pouvait reconnaitre à ce niveau l'absence de l’uvée. Il y avait là un colobôme de l’uvée.
Les semaines suivantes, on pouvail observer dans le voisinage de la papille de petits amas pigmentaires. L'œil ne présentait plus de déchirure. Vision on . L'examen du champ visuel dénote l’existence d'un scolôme voisin du centre.
Le malade est revu en août 1898. L'œil ne présente plus de trace de déchirures. A l'éclairage direct, en dehors de la profondeur de la parlie externe de la chambre antérieure, sans atropine, on n'observe rien de pathologique. Par l'éclairage oblique, le colobôme est devenu très difficile à constater, car la mrydriase est beaucoup moins accusée que précédemment. Le fond d'œil donne l'aspect d'une chorio-rétinite. Les régions papillaire et péri-maculaire sont nettement blanches, en voie d’atrophie.
OBSERVATFION XVIII
Rapportée par le professeur L. Weiss etle D' W. Klingelhoffer, in Archiv. f. Aug. 1899.
P., M..., 29 ans, ouvrier, reçut le 15 juillet 1897, sur l'œil gauche un morceau de bois lancé avec une grande force. À l'examen, on constatait que l'œil gauche était rouge. Au centre de la cornée, on voyait une légère excorialion de l’épithélium. La chambre antéricure renfermail du sang. La lension du globe n’était pas diminuée.
La pupille était irrégulière, dilatée, immobile, À la partie médiane,
en haut, on reconnaissait une légère déchirure du sphincter irien, s'étendant du bord pupillaire, traversant toute l'épaisseur de l'iris et se prolongeant même un peu au delà de l'insertion cornéenne. Pas de trouble très net du vitré. La papille était difficilement perçue. On ne voyait aucune altération du fond de l'œil et particulièrement pas d’hémorrhagie. Acuité visuelle : à droite ue à gauche FAN RU A2
De près, le malade lisait de l'œil droit le n° r de Jœæger, de gauche le n°3. Le sang épanché dans la chambre antérieure se résorba dès le lendemain : cependant dans la nuit suivante, le malade eut de violentes douleurs, une nouvelle hémorrhagie se produisit dans la partie supérieure de l'iris. La chambre antérieure fut remplie d’un sang rouge vif au niveau de sa parlie inférieure, landis qu’on observait à la partie supérieure un coagulum de sang noir. La tension de l'œil n'avait pas changée. Le malade entra à l'hôpital, le jour même. Peu à peu, le sang se résorba de nouveau; ce fut le coagulum placé devant la déchirure de Firis qui persista le plus longtemps. Le malade put être congédié le 29 juillet.
29 septembre. — Le malade est examiné de nouveau. La vision s'est améliorée. L’œil est indolore. La pupille réagit dans sa partie inférieure, mais faiblement. Elle est encore irrégulière, el plus dilatée que celle de l’œil droit. À sa partie supérieure, on observe. une légère encoche dans l'iris. De fines fibres de tissu passent en pont sur la déchirure. Après dilatation de la pupille par l’atropine, on peut voir dans le segment supérieur du champ pupillaire un léger trouble en forme d’éventail correspondant à la partie SUpérieure du cristallin.
Le dernier examen, fait le 23 octobre, donne les résultats suivants :
GES ' OS NM —=-—— à droite; —— à gauche, ayec verre + I: Le malade ne VI =
* VIL, 5 souffre pas; la cornée est transparente, la lension normale. La pupille gauche est redevenue sensiblement circulaire, plus dilalce qu'à droite; elle réagit à la lumière, quoique plus lentement que du côté sain. À la partie supérieure, on peut voir un mince filament unissant les deux bords de l’encoche persistante ; la meimbrane irienne n’est arrachée que superficiellement, en forme de triangle, Du côté interne, on observe encore une très petite encoche”
du bord pupillaire. Au côté externe, le feuillet pigmentaire se dis-
tingue au-dessus du bord de la pupille. Sur la cristalloïde antérieure, on voit deux taches qu'entoure un léger trouble grisätre siégeant dans la moitié supéro-externe de la pupille. Celle-ci se dilate bien par l'atropine et se contracte par l’éserine. L’humeur
vitrée et la rétine n’offrent aucune altération.
OBSERVATION XIX (Weiss el Klingethôffer, loc. cit.)
Jeune garçon de 13 ans, reçut sur l'œil droit un coup de flèche liré à proximité. Il dit avoir perdu aussitôt la vue, il la recouvrit cependant quelques instants après.
A l'examen le 14 août 1898, on observe une inflammalion assez considérable de la conjoncelive de l'œil droit. On peut observer sur le côté interne du globe, entre la caroncule lacrymale et le limbe cornéen, deux légères blessures arrondies, en même lemps qu'une infiltration sanguine. La lension de lœæil est un peu plus faible que du côté sain. Pas de douleur à la pression, ni de douleur spontanée. Légère excorialion de la cornée dans le quadrant supéro-interne. La chambre antérieure parait profondément atteinte. On y voit des caillots sanguins dans sa parlie inféro-interne, de mème que-sur la cristalloïde antérieure. La pupille est dilatée, immobile, ovalaire. En baselen dehors, on trouve une déchirure du bord pupiMaire. On n’aperçoit pas le fond de l'œil. V = à droite %- Le malade entre à, l'hôpital. On lui fait porter des lunettes noires, en même temps qu'on lui ordonne
de la glace sur la tête et des instillations d’éserine.
15 août. — La pupille reste dilatée malgré l’éserine. 16 août. — Pas de douleurs. Doigts vus à 1 mètre. Les instillations
d'éserine sont conlinuées régulièrement; malgré quoi, la pupille est nettement plus dilatée que les jours précédents.
17 août. — Les blessures conjonctivales ont presque disparu. La lension de l'œil est loujours plus faible qu'à gauche. Les caïllots sanguins sont résorbés dans la chambre antérieure: on voit maintenant en
haut el en dehors une grande déchirure triangulaire de Piris. La
TT
moe
4 . 0 Q pupille est devenue encore plus dilatée par des instillations successives d’éserine, Les bords des déchirures sont écartés. La pupille, par sa forme de plus en plus ovalaire, n’a plus une posilion centrale,
+ 7 el est située un peu en haut et en dehors.
1S août. — Trois lois par jour, instillalion de pilocarpine à » °. 20 août. — Pupille est toujours très dilatée. Par l'éclairage oblique,
on voil maintenant le bord du cristallin au point le plus dilaté, alors que, dans les examens antérieurs, on le voyait recouvert de üssu irien. Tremblement de l'iris. On pensa alors que la dilatation maximum de la pupille serait alteinte par une injection d’éserine après la pilocarpine. Celle-ci détermina une contraction du sphineter irien, Par le fait de cette contraction du sphincter, agissant sur les bords de la déchirure, celle-ci s’entrouve en même temps qu'elle aplanit sa courbure, ce qui explique la forme ovalaire et la dilatation de la pupille produite par l’éserine. On relâcha alors la pubpille pendant quelques jours par des instillations de pilocarpine et on fit une nouvelle épreuve.
23 août. — Dix jours après l'accident, on observe un rétrécissement notable de la pupilie. Ce résultat peut s'expliquer de la façon suivante, à savoir que, pendant la période de relâchement, il s’est formé entre les lèvres de la déchirure des adhérences qui, si elles ne sont pas contractiles par elles-mêmes, ont refait du sphincter un cercle fermé, dont la contraction a maintenant pour effet de réltrécir l'orifice qu’il circonscrit.
r 1 6 AA 2 septembre. — \ =px: avec verres 7, —, améliorée par des verres
cylindriques. L’œil ne présente plus de déchirure, le malade ne souffre pas. La cornée est transparente. La chambre antérieure est plus profonde en haut et en dehors. La pupille est arrondie et plusétroite que précédemment, mais reste cependant plus large que du côté gauche. Elle ne réagit pas. Tremblement de l'iris. L'iris présente en hautet en dehors un trou quadrangulaire, correspondant au bord pupillaire, là où siégeait la déchirure inférieure. Le trouble du vitré a disparu. Par l’examen ophtalmoscopique, on peut observer, à la particinterne de la papille, plusieurs laches blanchâtres, fusiformes, parsemées de points pigmentaires. Ces taches sont traversées par des vaisseaux
choroïdiens el recouvertes par les vaisseaux réliniens,
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23 décembre. — Vision s’est sensiblement améliorée. OŒil droit ; US 6 N e avec verre concave — 1,9, V = —, De près, le malade lit le n° 12 de
Jæger. La pupille réagit promptement el intégralement à la lumière. Par l'instillation d’éserine, elle se resserre surtout à la