V. F.., 44 ans, ciseleur
A. H. — Père mort de pleurésie à 74 ans. Mère morte paralysée à 60 ans.
A. P, — N'a souffert d'aucune maladie grave dans sog enfance. Développement normal. Aurait reçu un coup de couteau à 17 ans. En 1907 a vu se développer chez lui un sarcocèle du coude gauche. En 1908, s’étant jeté à l’eau pour sauver un enfant qui se noyait, il contracte une bronchite qui le laisse alité six semaines, Il buvait à ce moment et depuis longtemps, 2? litres de vin par jour sans compter les apéritifs, dit sa femme, avec laquelle il vit depuis dix-sept ans.
Entré à l'hôpital Saint-Louis pour se faire opérer de son sarcocèle et sevré d’alcool, il est subitement halluciné le second jour de son. admission, voit des apaches qui fouillent dans son
lit, entend des voix qui le menacent de mort ; il tente de se sau-
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ver et est transféré immédiatement à Vaucluse où il arrive présentant tous les signes de l’intoxication alcoolique chronique.
Sous l'influence du régime lacté, ces symptômes s’amendent, les hallucinations disparaissent et sa sortie lui est accordée le 26 septembre 1909.
Aussitôt sorti il se remet à boire et passe deux ans sans présenter dé troubles psychiques. Cependant le 19 décembre 1910 le voilà halluciné de nouveau, de la vue, de l’ouïe et de la sensibilité générale.
Des bêtes le poursuivent. Dans les ateliers où il travaille, à travers les murs qui le séparent des voisins, il entend des voix qui lui disent qu'il est piqué. Pendant la nuit, sa femme lui insuffle du chloral qui le fait dormir et dont il sent l’odeur dans Ia chamibre. Il vit ainsi, persécuté jusqu’au 25 janvier 1911. Après deux nuits d’insomnie il embrasse sa femme, lui recommande de ne pas avoir de peine, ouvre la fenêtre et se jette du deuxième étage, dans la cour pour échapper aux. visions et aux choses qui le torturent. Tombé sur un grillage et remonté chez lui, il est pris d’une crise d’excitation furieuse et casse les carreaux avec sa tête.
Interné de nouveau à Vaucluse, il présente à son arrivée tous les signes de l’intoxication alcoolique chronique avec glycosurie alimentaire. Il est très halluciné et consécutivement à ces hallucinations présente un délire systématisé, Il entend des mots qui lui cassent la tête et dans la cour voit des portraits qui représentent un peu de tout et se moquent de lui, On a voulu . l’interner pour se débarrasser de lui, sous le fallacieux prétexte qu’il avait sauté par la fenêtre, C’est sa femme qui lui insufflait du chloral pendant la nuit. D'ailleurs il s'évadera, ce qui est très
facile. Des voix le lui ont dit, en lui conseillant de s’en aller.