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DES MOYENS DE PRÉVENIR DES CRIMES. 21 B

férentes, qui ne sontdes délits que devant les mauvaises lois. Or, plus on étendra la sphère des crimes, plus on en fera commettre, parce qu'on verra toujours les délits se multiplier à mesure que les motifs de délits spécifiés par les lois seront plus nombreux, surtout si ^ la plupart de ces lois ne sont que des privilèges, c'està-dire un tribut imposé à la masse de la nation, en faveur d'un petit nombre de seigneurs.

Voulez-vous prévenir les crimes? Que les lois soient simples, qu'elles soient claires; sachez les faire aimer; que la nation entière soit prête à s'armer pour les défendre, et que le petit nombre dont nous avons parlé ne soit pas sans cesse occupé à les détruire.

Que ces lois ne favorisent aucune classe particulière ; qu'elles protègent également chaque membre de la société ; que le citoyen les craigne et ne tremble que devant elles. La crainte qu'inspirent les lois est salutaire, la crainte que les hommes inspirent est une source funeste de crime.

Les hommes esclaves sont toujours plus débauchés^ plus l&cbes, plus cruels, que les hommes libres. Ceux-ci recherchent les sciences ; ils s'occupent des intérêts de la nation; ils voient lesobjets sous un point de vueélevé, et font de grandes choses. Mais les esclaves, satisfaits des plaisirs du moment, cherchent dans le fracas de la débauche une distraction àl'anéantissement où ils se voient plongés. Toute leur vie est entourée d'incertitudes, et puisque pour eux les délits ne sont pas déterminés, ils ne savent pasquelles en seront les suites : ce qui prête une nouvelle force à la passion qui les y pousse.

Chez un peuple que le climat rend indolent, rincer* titude des lois entretient et augmente Tinaction et la stupidité.

Chez une nation voluptueuse, mais agissante, des lois incertaines font que l'activité des citoyens ne s'occupe que de petites cabales et d'intrigues sourdes, qui sèment la défiance. Alors Thomme le plus prudent est celui qui sait le mieux dissimuler et trahir.

Chez un peuple fort et courageux, l'incertitude des lois est forcée à la fin de faire place à une législation précise ; mais ce n'est qu'après des révolutions fréquentes, qui ont conduit ce peuple, tour à tour, de la liberté à l'esclavage et de l'esclavage à la liberté.

Voulez-vous prévenir les crimes? Que laliberté marche accompagnée des lumières. Si les sciences produisent quelques maux, c'est lorsqu'elles sont peu répandues; mais à mesure qu'elles s'étendent, le's avantages qu'elles apportent deviennent plus grands.

Un imposteur hardi (qui n'est jamais un homme vulgaire) se fait adorer chez un peuple ignorant, et n'est qu'un objet de mépris pour une nation éclairée.

L'homme instruit sait comparer les objets, les considérer sous divers point de vue, et modifier ses sentiments sur ceux des autres^ parce qu'il voit dans ses semblables lès mômes désirs et les mômes aversions qui agitent son propre cœur.

Si vous prodiguez les lumières au peuple, l'ignorance et la calomnie disparaîtront devant elles, l'autorité injuste tremblera, les lois seules demeureront inébranlables, toute puissantes ; et l'homme éclairé aimera une

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